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Flânerie poétique

J’ai été un adolescent réservé et quelque peu romantique qui faisait de longues promenades dans Séville. Fuyant toujours la foule, je cherchais les recoins les moins fréquentés. Aujourd’hui, je cultive toujours ce penchant pour la flânerie. À cette époque, je ne le savais pas encore, mais de nombreuses années auparavant, Luis Cernuda avait évoqué cette Séville recueillie et intime, loin de la fête et du bruit, peut-être plus réelle que la Séville festive du cinéma et du tourisme. Loin du brouhaha, le flâneur cernudien cherche l’épanouissement dans le recueillement et le silence. Et Séville, pour l’instant, continue de se prêter à ce type d’errance. Dans Ocnos et dans d’autres textes, Cernuda évoque une ville façonnée par le bruit de l’eau, par la lumière du coucher du soleil, par les saisons qui éveillent parfums et mélodies dans les rues du centre historique. Des souvenirs qui encadrent son enfance et sa jeunesse, sa découverte des choses, des autres et de lui-même. Aussi son éveil à la poésie.

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The Exvotos

L’autre jour, mon copain et moi avons regardé ensemble le film Ocaña, portrait intermittent (Ventura Pons, 1978). Lui, français, n’a jamais visité l’Andalousie et j’ai toujours pensé qu’Ocaña, le génial artiste queer décédé en 1983, est l’un des meilleurs médiums pour un premier contact avec la culture… Lire la suite