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Ramitos

Séville est une ville à fleurs bien que les gens n’aient pas l’habitude d’en ramener chez eux. Les fleurs ornent les jardins, les balcons et les autels des églises. On les retrouve également dans les métaphores et dans les chansons dédiées à la ville. Le… Lire la suite

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Orfebres Seco

L’apparition d’une procession de Semaine Sainte dans la nuit est l’un des souvenirs les plus vifs que je garde de mon enfance. Avec le temps, on comprend que c’est la lumière qui rend possible cette impression ineffaçable. Les myriades de cierges qui brûlent devant le visage de la Vierge se multiplient dans les paillettes, dans les larmes et dans les diamants qui ornent la sculpture. Mais c’est surtout l’argent recouvrant le char de procession qui enflamme cette vision. Je ne le savais pas alors, mais cette braise en or, comme l’appelait l’écrivain Manuel Cháves Nogales, qui parcourt les rues obscurcies de la ville est ciselée depuis 1860 dans l’atelier de Seco. Cette famille d’orfèvres façonne, depuis cinq générations, tous les éléments en argent qui enchâssent certaines Vierges andalouses lors de leur sortie processionnelle annuelle.

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The Exvotos

L’autre jour, mon copain et moi avons regardé ensemble le film Ocaña, portrait intermittent (Ventura Pons, 1978). Lui, français, n’a jamais visité l’Andalousie et j’ai toujours pensé qu’Ocaña, le génial artiste queer décédé en 1983, est l’un des meilleurs médiums pour un premier contact avec la culture populaire et l’esprit andalous. À un moment du film, le peintre et agitateur de Cantillana, petit village à quelques kilomètres de Séville, affirme que l’Andalousie est comme un «un grand tableau surréaliste ». L’édition 2020 de la Feria de Séville n’a pas pu avoir lieu à cause de la pandémie du Covid-19. En avril, alors que la célèbre fiesta aurait dû être à son comble, Daniel et Luciano, The Exvotos, ont créé une pièce en céramique qui représentait une clown habillée avec la robe traditionnelle flamenca. Ce couple d’artistes fusionnait ainsi, avec brio et spontanéité, deux aspects essentiels de la fête : la revendication du folklore et le goût de la théâtralité. « La vie sans humour ne va nulle part. Nous le cultivons sans le forcer, naturellement. De plus, nous pouvons être très ironiques. Notre humour est surréaliste. » Eux dans leur maison du centre de Séville et moi dans mon appartement à Paris, Daniel, Luciano et moi invoquons l’esprit d’Ocaña. « Comme la vie elle-même, l’Andalousie n’est qu’un grand contraste : le sang et l’or, les larmes et la couronne « , explique Luciano.

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