<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Bonjour Séville</title>
	<atom:link href="https://bonjourseville.com/fr/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://bonjourseville.com/fr/</link>
	<description>Un projet sur Séville fait depuis Paris</description>
	<lastBuildDate>Sun, 13 Feb 2022 11:10:27 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=5.9.12</generator>

<image>
	<url>https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/02/cropped-favicon-32x32.png</url>
	<title>Bonjour Séville</title>
	<link>https://bonjourseville.com/fr/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Minuscule introduction à la « Semana Grande » de Séville</title>
		<link>https://bonjourseville.com/fr/minuscule-introduction-a-la-semana-grande-de-seville/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=minuscule-introduction-a-la-semana-grande-de-seville</link>
					<comments>https://bonjourseville.com/fr/minuscule-introduction-a-la-semana-grande-de-seville/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Mar 2021 15:55:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Art de vivre]]></category>
		<category><![CDATA[Culture andalouse]]></category>
		<category><![CDATA[Seville]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://bonjourseville.com/?p=5339</guid>

					<description><![CDATA[<p>Quelqu’un me disait : «&#160;Un Yankee est pour moi quelque chose de plus étranger qu’un tigre&#160;». Pour le Français du Nord, le Sévillan est, lui aussi, quelque chose de plus étranger qu’un tigre. Henry de Montherlant, Séville en fête, 1954. Des églises à chaque coin&#8230; <a class="read-more" href="https://bonjourseville.com/fr/minuscule-introduction-a-la-semana-grande-de-seville/">Lire la suite</a></p>
<p>La entrada <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/minuscule-introduction-a-la-semana-grande-de-seville/">Minuscule introduction à la « Semana Grande » de Séville</a> se publicó primero en <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/">Bonjour Séville</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Quelqu’un me disait : «&nbsp;Un Yankee est pour moi quelque chose de plus étranger qu’un tigre&nbsp;». Pour le Français du Nord, le Sévillan est, lui aussi, quelque chose de plus étranger qu’un tigre.</p>



<p style="text-align:right">Henry de Montherlant, <em>Séville en fête</em>, 1954.</p>



<p>Des églises à chaque coin de rue. Des vitrines remplies de bondieuseries. Des murs recouverts d&rsquo;affiches pieuses. Ils sont fous ces Sévillans ! En Espagne, et surtout en Andalousie, la religion est à l’origine de certaines traditions et imprègne des gestes de la vie quotidienne, sans que cela ait, je dirais la plupart du temps, un sens religieux orthodoxe. D’ailleurs, la religiosité <em>à l’andalouse</em>, avec ses Madones parées de bijoux qu’on adule en stars de cinéma et ses pèlerinages mêlant extase et défonce, est difficilement concevable au-delà de Despeñaperros (1). La&nbsp;Semaine Sainte&nbsp;exacerbe cette particularité : pendant sept jours, du dimanche des Rameaux à celui de Pâques, toute la ville vit au rythme des processions qui défilent dans les ruelles du vieux centre direction la Cathédrale. Derrière cet intense programme, 70 confréries qui, rattachées à une paroisse et consacrées à deux sculptures représentant le Christ et la Vierge (Notre-Dame de l’Espérance, des Anges, des Sept Douleurs, de la Victoire&#8230;), regroupent plusieurs milliers de frères et sœurs et sont dévouées à l’aide des plus démunis. Paradoxalement, elles entretiennent des relations équivoques avec l’Église. Des siècles durant, celle-ci n’a pas toujours vu d’un bon œil cette explosion de piété populaire frôlant souvent le paganisme. Et pour cause : ces sculptures, en bois polychrome et vieilles de plusieurs siècles, sont comme des êtres vivants, objet d’une dévotion particulièrement terre à terre. Tout comme des affiches de Marilyn Monroe tapissaient les dortoirs des soldats américains, la Vierge de la Macarena est présente dans de nombreux foyers sous forme de photo ou d’estampe. À son passage le jour de sa sortie, les gens de son quartier lui crient <em>guapa!</em> (<em>que tu es belle !</em>). Véritable icône populaire, le génial dessinateur underground Nazario dit d’elle : «&nbsp;Je ne suis pas dévot. Je suis juste fan de la Macarena&nbsp;» (2). Aucun membre de l’Église ne participe donc aux processions de la Semana Santa : pas de curés, ni d’évêque ou cardinal. La fête, car c’en est une, se vit dans la rue et appartient sans conteste au peuple. Dans <em>La Passion selon Séville</em> (1953), Joseph Peyré écrit : «&nbsp;Le spectacle de la Passion tel qu’il se déroule à travers les rues de Séville implique une vérité si jalouse qu’il serait vain de vouloir la traduire dans l’écriture.&nbsp;» Et plus loin : «&nbsp;La Semaine Sainte, en effet, constitue un phénomène d’exaltation en commun, exaltation dont les signes varient avec la couleur, le climat, la tonalité humaine des quartiers, et l’esprit même des Images.&nbsp;» Car, à côté des moments de liesse provoqués par certaines confréries, il en est d’autres où introspection et recueillement sont les mots d’ordre, tel le cortège du <em>Gran Poder</em> (le Christ au Grand pouvoir), sobre et mystique. Ainsi, la dualité de Séville traverse et électrise la Semaine Sainte, à la fois rituel et bacchanale, ombre et lumière.</p>



<p>Chaque confrérie sort donc ses <em>pasos</em>, d’immenses chars portant les sculptures vénérées. Cachés dans le ventre de l’énorme navire qui avance lentement, entre 30 et 60 <em>costaleros</em> portent sur leur nuque le poids formidable de cet autel ambulant. Ils sont commandés par le <em>capataz,</em> qui, de l’extérieur, gère de sa voix impérieuse les manœuvres de ce groupe d’Hercules qui marche à l’aveugle. Le parfum des fleurs et de l’encens, les airs mélancoliques des fanfares et la lumière de milliers de cierges servent d’écrin à la procession. Des centaines, voire des milliers, de <em>nazarenos</em> en cagoule accompagnent chaque <em>paso</em>. Ils sont habillés d’une tunique aux couleurs de leur confrérie (noir, blanc, vert, violet&#8230;); certains portent cape et gants. Cette fastueuse mise en scène est dépositaire du savoir-faire des artisans de la ville (brodeurs, orfèvres, sculpteurs, fleuristes, ciriers&#8230;), dont le trésor s’enrichit au fil des générations. Devenue un immense théâtre, Séville toute entière fête alors un nouveau printemps, tout en se célébrant elle-même. On se donne rendez-vous pour assister au passage de telle Vierge et puis on va dîner, avant de se rendre, tard dans la nuit, à une église proche voir l’arrivée d’une autre confrérie. Les membres de celle-ci, les voisins du quartier, participent à ces moments de communion, mélange subtil de sentiment d’appartenance, de mémoire collective et de sensibilité artistique. La Semaine Sainte est comme un mille-feuilles que l’on déguste en quelques minutes mais dont l’élaboration a pris des heures. Des siècles dans ce cas. Chaque repli de la pâte garde un souvenir, une sensation. On défile en pénitent pour exprimer sa dévotion, oui, mais aussi parce que son père, son grand-père et son arrière-grand-père faisaient déjà partie de telle confrérie et que, petit, on assistait aux processions. On chante une&nbsp;<em>saeta&nbsp;</em>depuis un balcon, on jette une pluie de pétales de fleurs au passage de la Vierge parce qu’on veut s’inscrire dans une tradition. On vient admirer ces vénérables sculptures du Baroque sur leurs chars en argent car l’être humain cherche inlassablement la beauté. Les <em>a priori</em> mis de côté, on se laisse sans effort atteindre par les sons, les images et les parfums de ces moments hors du temps, où tout s’harmonise pour faire naître l’émotion.</p>



<p>(1) Chaîne de montagnes séparant l’Andalousie du reste de l’Espagne. </p>



<p>(2) Interview dans Diario de Sevilla, 14 novembre 2014 : https://www.diariodesevilla.es/ocio/devoto-fan-Macarena-Virgen-Rocio_0_862113979.html</p>



<figure class="wp-block-image"><img width="1024" height="727" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/8FE1A7CB-9B0A-4796-8E39-D47FEF4E3BB7_1_201_a-1024x727.jpeg" alt="" class="wp-image-5499" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/8FE1A7CB-9B0A-4796-8E39-D47FEF4E3BB7_1_201_a-1024x727.jpeg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/8FE1A7CB-9B0A-4796-8E39-D47FEF4E3BB7_1_201_a-300x213.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/8FE1A7CB-9B0A-4796-8E39-D47FEF4E3BB7_1_201_a-768x545.jpeg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Procession à Séville.</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="1024" height="684" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/CF1F4F88-CC24-4CF8-9BC3-D48C907A9842_1_201_a-1-1024x684.jpeg" alt="" class="wp-image-5509" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/CF1F4F88-CC24-4CF8-9BC3-D48C907A9842_1_201_a-1-1024x684.jpeg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/CF1F4F88-CC24-4CF8-9BC3-D48C907A9842_1_201_a-1-300x200.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/CF1F4F88-CC24-4CF8-9BC3-D48C907A9842_1_201_a-1-768x513.jpeg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Jeudi Saint. Jeune en mantille. </figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="1024" height="684" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/4AB96E6A-4A15-4140-87CE-8CCB704CA20B_1_201_a-1-1024x684.jpeg" alt="" class="wp-image-5523" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/4AB96E6A-4A15-4140-87CE-8CCB704CA20B_1_201_a-1-1024x684.jpeg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/4AB96E6A-4A15-4140-87CE-8CCB704CA20B_1_201_a-1-300x200.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/4AB96E6A-4A15-4140-87CE-8CCB704CA20B_1_201_a-1-768x513.jpeg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Soldat romain (<em>armao</em>) de la confrérie de la Macarena. </figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="1024" height="684" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/93D31A1A-8BA0-471E-85EF-D5BE20B93F03_1_201_a-1-1024x684.jpeg" alt="" class="wp-image-5525" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/93D31A1A-8BA0-471E-85EF-D5BE20B93F03_1_201_a-1-1024x684.jpeg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/93D31A1A-8BA0-471E-85EF-D5BE20B93F03_1_201_a-1-300x200.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/93D31A1A-8BA0-471E-85EF-D5BE20B93F03_1_201_a-1-768x513.jpeg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>La procession de la Macarena. </figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/D9267899-BF03-4D76-8877-6E0AEFE2CCCC-e1616946226572-768x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-5533" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/D9267899-BF03-4D76-8877-6E0AEFE2CCCC-e1616946226572-768x1024.jpeg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/D9267899-BF03-4D76-8877-6E0AEFE2CCCC-e1616946226572-225x300.jpeg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/D9267899-BF03-4D76-8877-6E0AEFE2CCCC-e1616946226572-360x480.jpeg 360w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption>Procession.</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="1024" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/BBB0B7DE-5A0C-4DAC-9A32-8EF96B56FBFB-e1616946330202-1024x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-5535" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/BBB0B7DE-5A0C-4DAC-9A32-8EF96B56FBFB-e1616946330202-1024x1024.jpeg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/BBB0B7DE-5A0C-4DAC-9A32-8EF96B56FBFB-e1616946330202-150x150.jpeg 150w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/BBB0B7DE-5A0C-4DAC-9A32-8EF96B56FBFB-e1616946330202-300x300.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/BBB0B7DE-5A0C-4DAC-9A32-8EF96B56FBFB-e1616946330202-768x768.jpeg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption><em>Armaos</em> de la Macarena.</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/6D92BFF6-02E8-49CC-902A-6ABBCF8EF566-e1616946422689-768x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-5537" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/6D92BFF6-02E8-49CC-902A-6ABBCF8EF566-e1616946422689-768x1024.jpeg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/6D92BFF6-02E8-49CC-902A-6ABBCF8EF566-e1616946422689-225x300.jpeg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/6D92BFF6-02E8-49CC-902A-6ABBCF8EF566-e1616946422689-360x480.jpeg 360w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption>La Vierge de la Macarena, vue de dos.</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="1024" height="682" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/358EEBCF-D45E-46C2-941B-B7466616D235_1_201_a-1024x682.jpeg" alt="" class="wp-image-5540" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/358EEBCF-D45E-46C2-941B-B7466616D235_1_201_a-1024x682.jpeg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/358EEBCF-D45E-46C2-941B-B7466616D235_1_201_a-300x200.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/358EEBCF-D45E-46C2-941B-B7466616D235_1_201_a-768x512.jpeg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Jeudi Saint.</figcaption></figure>
<p>La entrada <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/minuscule-introduction-a-la-semana-grande-de-seville/">Minuscule introduction à la « Semana Grande » de Séville</a> se publicó primero en <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/">Bonjour Séville</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://bonjourseville.com/fr/minuscule-introduction-a-la-semana-grande-de-seville/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Historia(s) de Itaca (II)</title>
		<link>https://bonjourseville.com/fr/historias-de-itaca-ii/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=historias-de-itaca-ii</link>
					<comments>https://bonjourseville.com/fr/historias-de-itaca-ii/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Feb 2021 08:40:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Alameda de Hércules]]></category>
		<category><![CDATA[Centre]]></category>
		<category><![CDATA[La ville]]></category>
		<category><![CDATA[Sevilla]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://bonjourseville.com/historias-de-itaca-ii/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Cette série de textes est issue de mes conversations avec José Antonio Campillo, fondateur et propriétaire d&#8217;Itaca, incontournable club, ouvert en 1979, de la rue Amor de Dios, à Séville. Les premières ont eu lieu par téléphone, entre Paris et Séville, en octobre 2020. Ensuite,&#8230; <a class="read-more" href="https://bonjourseville.com/fr/historias-de-itaca-ii/">Lire la suite</a></p>
<p>La entrada <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/historias-de-itaca-ii/">Historia(s) de Itaca (II)</a> se publicó primero en <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/">Bonjour Séville</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Cette série de textes est issue de mes conversations avec José Antonio Campillo, fondateur et propriétaire d&rsquo;Itaca, incontournable club, ouvert en 1979, de la rue Amor de Dios, à Séville. Les premières ont eu lieu par téléphone, entre Paris et Séville, en octobre 2020. Ensuite, il y a eu d&rsquo;autres rencontres en tête-à-tête dans divers cafés et bars sévillans, qui m&rsquo;ont permis de peaufiner l&rsquo;histoire du club, indissociable de celle de la vie de José Antonio et de la ville elle-même.&nbsp;Cette&nbsp;deuxième&nbsp;partie&nbsp;comprend&nbsp;aussi&nbsp;le&nbsp;témoignage&nbsp;de&nbsp;Luis&nbsp;Yanguas,&nbsp;DJ chez&nbsp;Itaca&nbsp;entre&nbsp;1988&nbsp;et&nbsp;2000.</em></p>



<p>Dans ce deuxième volet, l&rsquo;arrivée des films pornos de Paris représente un tournant radical dans l&rsquo;histoire d&rsquo;Itaca, qui, avec enthousiasme et une certaine inconscience, rejoint la vague de liberté que les années 70 déversent sur l&rsquo;Espagne.</p>



<p><strong>« Enfant, les seuls hommes à moitié à poil auxquels nous avions accès étaient les gladiateurs des films et Tarzan. Puis, au fil des années, on découvre la culture classique, l&rsquo;art grec et romain. Cette fascination pour l&rsquo;Antiquité, mais aussi pour le baroque, si présent à Séville, se trouve à l&rsquo;origine d&rsquo;Itaca. Pour boucler la boucle, lorsque j&rsquo;ai été renvoyé de l&rsquo;usine et du syndicat, le célèbre poème de Cavafis, Ithaque, si que dans un certain sens et qui rassemble de nombreux éléments du monde classique est tombé entre mes mains. C&rsquo;est ainsi qu’avec Antonio Morillo nous avons choisi le nom du petit bar que nous avons décidé d&rsquo;ouvrir rue Amor de Dios. »</strong></p>



<p>Souvent, les meilleurs moments d’une soirée de fête sont ceux qui la précèdent, quand on n’est pas encore sorti. On choisit ses vêtements, on se douche, on s&rsquo;habille, on boit une première bière et danse sur une première chanson avec le sentiment que tout est possible. Le voyage a déjà commencé. Dans le poème <em>Ithaque</em>, Constantin Cavafis nous exhorte à profiter de chaque étape du voyage, quoi qu’il soit voyage, sans trop penser à la destination finale. L&rsquo;île de la mer Ionienne qui donne son titre au poème n&rsquo;est qu&rsquo;une excuse pour prendre le large direction la vie ou simplement la nuit. « Dans les années 1970, nous avions très faim de liberté, de sexe. Tout était à faire. À cette époque, les homosexuels se cachaient pour draguer derrière les buissons dans les jardins publics ou dans les services de la gare. Il n&rsquo;y avait pas de lieux de sociabilité gay. Itaca est né avec une vocation de service, dans le but d&rsquo;être un lieu sûr de rencontre et d&rsquo;épanouissement. » De sa jeunesse au village à son implication dans la lutte ouvrière, la volonté de rapprocher, de créer une communauté, imprègne toutes les étapes de la vie de José Antonio. Portant stoïquement l’étiquette d&rsquo;homme d&rsquo;affaires LGTB (« une expression qui me pèse »), sa carrière le place bien au-dessus de ce label. Son courage et sa générosité ne comprennent pas le mot bénéfice.</p>



<p><strong>LE PREMIER ITACA</strong></p>



<p>Séville, 1979. Chaque après-midi, les homos de la ville pratiquent la fameuse <em>carrera</em> (promenade), qui s&rsquo;étale de La Campana au bar Coliseo, sur la place de la Puerta de Jerez. Seuls ou en petits groupes, ils descendent la Calle Sierpes et l&rsquo;Avenida de la Constitución à la recherche d&rsquo;un répit face à l&rsquo;oppression quotidienne. Dans la rue, ils se rencontrent, ils s&rsquo;écoutent, ils socialisent, ils s&rsquo;évadent. Depuis des années, la <em>carrera</em> est un véritable rituel, mais c&rsquo;est aussi un piège. La police guette. La <em>Ley de Peligrosidad Social</em> (Loi de la dangerosité sociale) réprime le moindre geste efféminé, tout vêtement équivoque. Il est facile de se retrouver en prison, battu et insulté. « À Séville, il y avait beaucoup de répression, beaucoup de douleur. Quand j&rsquo;ai commencé à fréquenter le milieu homosexuel, tout me semblait très sordide. Le <em>cruising</em> se pratiquait à Chapina, en bordure du Guadalquivir, une partie de la ville dangereuse à l&rsquo;époque plus à cause des voleurs que des fascistes venus <em>casser du pédé </em>; puis dans les Jardines de Murillo, un espace un peu plus sûr car plus proche du centre-ville. Tout était clandestin, comment pourrait-il en être autrement », se souvient José Antonio. Il y avait déjà quelques bars, mais ils fermaient tôt : Chandelier, Prisma, <br>Tibu… « Itaca a été conçu comme quelque chose de différent. Nous voulions offrir un espace d&rsquo;expression et de dialogue. Antonio et moi avons aménagé le bar avec quatre sous dans une ancienne marbrerie où l’on fabriquait des pierres tombales. Nous l&rsquo;avons inauguré lors de la Semana Santa de 1979. Je me souviens qu&rsquo;au fond, il y avait un rideau et derrière, ma sœur et des amis préparaient des sandwichs et des tortillas pour les clients ». Sans être ouvertement gay, le premier Itaca, au 25 de la rue Amor de Dios, s&rsquo;abreuve dans l&rsquo;esprit libertaire de l&rsquo;époque. Il convoque les intellos et les alternatifs du quartier de l&rsquo;Alameda de Hércules, « les romantiques de l’anarchisme » : antiquaires, comédiens, céramistes et peintres qui fréquentent le marché aux puces du dimanche matin et forment une communauté vivante et engagée dans la Séville du moment. On y parle art, sexe, Concha Piquer (1). « La ville avait besoin d’un lieu de ce type, d&rsquo;un espace où l&rsquo;on puisse socialiser, générer des courants d&rsquo;opinion et du débat. J&rsquo;encourageait cette approche culturelle et alternative. Nous avons organisé des expositions d&rsquo;artistes tels que Juan Luis Aguado ou Rafael Abad Mejías et des lectures de poésie, au cours desquelles nous étions tous allongés sur des coussins par terre, fumant ce que l’on fumait à l&rsquo;époque. La Alameda a toujours été le quartier phare de la contestation et je pense que l’importance de l’activité de ses habitants au cours de ces années-là n’a pas été suffisamment soulignée. Par exemple, la première tentative de carnaval, interdit après la Guerre civile, a été organisée par les habitants du quartier. Bien qu&rsquo;avec moins d&rsquo;impact médiatique, cela a plus fait exploser les codes de l&rsquo;époque que la manifestation de 1978, cette première tentative de Gay Pride. »</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="789" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/02/FF23BD38-A010-4787-98B2-1EA3CA1AC681_1_201_a-789x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-4947" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/02/FF23BD38-A010-4787-98B2-1EA3CA1AC681_1_201_a-789x1024.jpeg 789w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/02/FF23BD38-A010-4787-98B2-1EA3CA1AC681_1_201_a-231x300.jpeg 231w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/02/FF23BD38-A010-4787-98B2-1EA3CA1AC681_1_201_a-768x996.jpeg 768w" sizes="(max-width: 789px) 100vw, 789px" /><figcaption>Amor de Dios, 25: première adresse d&rsquo;Itaca. </figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="696" height="403" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/02/FEA7D2AE-2786-472B-9C50-999ABB3B25E4.jpeg" alt="" class="wp-image-4926" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/02/FEA7D2AE-2786-472B-9C50-999ABB3B25E4.jpeg 696w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/02/FEA7D2AE-2786-472B-9C50-999ABB3B25E4-300x174.jpeg 300w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption>Constantin Cavafis.</figcaption></figure>



<p><strong>ET LE PORNO</strong> <strong>ARRIVA</strong>  </p>



<p>Mais la vraie bombe arrive depuis Paris. Environ trois ans après l&rsquo;ouverture du bar, un ami commence à envoyer des films porno gay de la capitale française. Chaque soir, ils sont projetés à huis clos à un groupe d&rsquo;intimes. Le système VHS ne s&rsquo;est pas encore répandu : les films arrivent à Séville sous forme de bobines. Le cinéma X de l&rsquo;époque, qui, vu aujourd’hui, a l&rsquo;air quelque peu innocent et naïf, reflète néanmoins l&rsquo;enthousiasme, l&rsquo;audace que les mouvements de libération homosexuelle ont fait fleurir dans le monde depuis la fin des années 1960 et jusqu&rsquo;à l&rsquo;arrivée du sida. Le film <em>Un couteau dans le cœur (</em>2018, Yann Gonzalez) dépeint l&rsquo;industrie française de la production de porno gay au moment où Itaca ouvre ses portes. Le personnage principal, joué par Vanessa Paradis, est inspiré d&rsquo;Anne-Marie Tensi, la mystérieuse réalisatrice et productrice dont les films, tournés sous un pseudonyme et pour la plupart disparus, constituent aujourd&rsquo;hui des œuvres de culte. Qui sait si l&rsquo;un d&rsquo;entre eux n&rsquo;a pas été projeté lors de ces soirées à Itaca ? « Le succès a été immédiat. Nous avons commencé à projeter les films après la fermeture, entre amis, mais la rumeur s&rsquo;est rapidement répandue et très vite les gens demandaient à rester voir par eux-mêmes ce qui s&rsquo;y passait. Ils ont commencé à me demander d&rsquo;avancer l’heure de projection. Cela a fini par être un <em> totum revultum </em> d&rsquo;amis, de couples, de célibataires. Certains se chauffaient en regardant le porno ; d&rsquo;autres prenaient simplement un verre et regardaient. Tout était vécu très naturellement. » Luis Yanguas se souvient comment on a commencé à parler « d&rsquo;un bar<em> </em>rue Amor de Dios où l’on passait des films porno. Il faut savoir que, mis à part les bars pour homos à l&rsquo;ancienne, il y avait peu d&rsquo;offre à Séville. Seuls Trastamara et Metal, rue Jesús del Gran Poder, affichaient certaines velléités de modernité. Itaca a fini par s&rsquo;imposer aux deux ». Cependant la situation se complique : de plus en plus de gens viennent attirés par les films X et José Antonio doit gérer différents types de public. Il décide alors de fermer pour réfléchir. C&rsquo;est pendant cet intérim que s&rsquo;allume la flamme d&rsquo;Itaca, de cet esprit libre et osé qui marquera toute une génération. « On s&rsquo;est rendu compte que le porno, et plus tard le <em>backroom</em>, participaient de cette volonté initiale de rendre service. Nous voulions libérer la répression latente qui existait dans la ville, faire sortir les pédés de l&rsquo;ombre et de la clandestinité. Le succès de ces projections nous a décidés à poursuivre sur cette voie et, en plus, nous a aidés à être plus honnêtes avec nous-mêmes. C&rsquo;est quelque chose qui s’est imposé. Nous voulions aussi nous amuser, nous en avions besoin à l’époque. » Et José Antonio me fait un clin d’œil par dessus sa tasse de café. Itaca, qui n&rsquo;est pas encore une discothèque, rouvre après de petits travaux : portes peintes en rose, rideaux en dentelle, lampes en osier, tapis, coussins et une lune et un soleil en papier mâché. La projection de cinéma X fait officiellement partie de l’offre du bar. « Nous avons osé institutionnaliser cette partie du projet, mais avec beaucoup de soin. A Séville, on baise même dans la sacristie mais la devise est <em> Fais ce que tu veux sans te faire remarquer </em>. Nous avons été très prudents dès le début. La police faisait des descentes constantes dans les bars de Marqués de Paradas. Quoi qu&rsquo;il en soit, il était clair que la ville était prête pour un endroit comme Itaca. » Cependant, une partie de la clientèle potentielle du bar n&rsquo;ose toujours pas franchir ses portes. José Antonio observe certains garçons qui, nuit après nuit, passent sans se décider à entrer. Victimes d&rsquo;une homophobie sauvage, ils rôdent rue l&rsquo;Amour de Dieu à la recherche du courage de franchir le pas. Manolo est l&rsquo;un d&rsquo;entre eux. Son air timide attire l&rsquo;attention de José Antonio, qui le fait délicatement sentir en sécurité et l&rsquo;invite à entrer. Après une série de rendez-vous, de discussions, d&rsquo;évidences, ils finissent par faire l&rsquo;amour une nuit dans le bar, quand tous les clients sont partis. Manolo, « avec son sourire éternel et sa capacité infinie pour l’empathie », sera une partie essentielle du projet, ainsi qu&rsquo;un partenaire de vie jusqu’a aujourd&rsquo;hui.</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="932" height="582" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/02/014526DD-2292-4091-8D44-F102724AE6B4.jpeg" alt="" class="wp-image-4942" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/02/014526DD-2292-4091-8D44-F102724AE6B4.jpeg 932w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/02/014526DD-2292-4091-8D44-F102724AE6B4-300x187.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/02/014526DD-2292-4091-8D44-F102724AE6B4-768x480.jpeg 768w" sizes="(max-width: 932px) 100vw, 932px" /><figcaption>Vanessa Paradis dans <em>Un couteau dans le cœur&nbsp;(</em>2018, Yann Gonzalez).</figcaption></figure>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" width="14176" height="19008" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/02/Numériser-10.jpeg" alt="" class="wp-image-4937"/><figcaption><em>Fiesta romana à</em> Itaca, années 1990 (photo José Antonio Campillo). </figcaption></figure></div>



<p>Cette nouvelle étape d&rsquo;Itaca assiste à la naissance d&rsquo;un de ses éléments distinctifs, indissociable de l&rsquo;aura de subversion et de légende que l&rsquo;espace va acquérir au fil des ans. Au fond du bar, à côté des toilettes, se trouve l&rsquo;entrepôt, un petit espace rempli de cartons avec des bouteilles. Un soir, José Antonio décide de le laisser ouvert, la lumière éteinte. « À la sortie des toilettes, certains garçons ont commencé à y entrer spontanément. Ça a été le premier <em>backroom</em> d&rsquo;Itaca. Il est arrivé un moment où certains passaient d’un espace à l&rsquo;autre sans ranger leur bite. Tout cela était très évident mais, comme avec les projections, personne ne semblait choqué ». À cette époque, la ville et l&rsquo;homme s&rsquo;écoutent et se comprennent de mieux en mieux : Séville demande du <em>fun</em> et de la liberté et José Antonio lui offre un espace où les cultiver et, en même temps, où exorciser ses démons à lui. Cependant, l&rsquo;âge d&rsquo;or d&rsquo;Itaca est encore à venir. Celui qui verra Cléopâtre débarquer recouverte de voiles et portée sur son trône ; celui qui fera de la discothèque de la rue Amor de Dios un lieu de pèlerinage pour les homosexuels d&rsquo;Espagne et d&rsquo;Europe, qui viendront à Séville visiter l&rsquo;Alcazar, la cathédrale et sa piste de danse.</p>



<p><em><strong>Alameda ma&nbsp;belle</strong></em></p>



<p>Le documentaire <em>La Alameda</em>, tourné en 1978 par Juan Sebastián Bollaín, parcourt le quartier et le moment où Itaca apparaît sur la scène. Objet de désir maltraité, profané, le quartier apparaît dans les images en noir et blanc dévoré par les voitures et la crasse. L&rsquo;énorme trou des travaux du métro perce son centre comme une plaie ouverte. Les maisons traditionnelles, à moitié en ruines, cohabitent avec les constructions neuves, filles des excès de l&rsquo;immobilier que dénonce le documentaire. Il ne reste guère rien à cette époque du lieu de récréation, avec ses kiosques, ses fontaines, ses théâtres et ses cinémas en plein air qu’a été le quartier jusqu&rsquo;à la Guerre civile. L&rsquo;illustre empreinte du flamenco a également disparu. Le temps a balayé des lieux mythiques tels Los Majarones ou Las Siete Puertas. Le quartier est, dans les années 1970, un corps affligé d&rsquo;innombrables maux : misère, crime, spéculation … Mais c&rsquo;est aussi un organisme très vivant. La protestation et la créativité imprègnent ses rues et le marché aux puces du dimanche est une agora de liberté. Le carnaval renaît de ses cendres à la fin de la décennie grâce à des artistes comme le visionnaire Ocaña et à un voisinage actif et impliqué. Il est logique qu&rsquo;Itaca s&rsquo;installe alors dans ce quartier de la ville où plaisir et revendication, culture et liberté ont toujours été main dans la main. </p>



<p><strong>Livres</strong></p>



<p>Constantino Cavafis, <em>Poesía completa</em>, Visor, 2003. </p>



<p>Miguel A. Domínguez Pérez, José María Marchante, Francisco A. Macera Garfia, <em>Origen del movimiento LGTB en Sevilla</em>, Punto Rojo, 2019. </p>



<p>Jordi Costa, <em>Cómo acabar con la contracultura</em>, Taurus, 2018.</p>



<p>Juan Ramon Barbancho, Pablo Morterero, <em>Lo personal es politico. Historia del activismo homosexual en Andalucia,&nbsp;</em>Diputación de Cadiz, 2019.</p>



<p><strong>Films</strong></p>



<p><em>Un couteau dans le cœur</em>, Yann Gonzalez, 2018.</p>



<p><em>La Alameda</em>, Juan Sebastián Bollaín, 1978. </p>



<p><br></p>
<p>La entrada <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/historias-de-itaca-ii/">Historia(s) de Itaca (II)</a> se publicó primero en <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/">Bonjour Séville</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://bonjourseville.com/fr/historias-de-itaca-ii/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Ramitos</title>
		<link>https://bonjourseville.com/fr/ramitos/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=ramitos</link>
					<comments>https://bonjourseville.com/fr/ramitos/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Jan 2021 16:31:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Centre]]></category>
		<category><![CDATA[La ville]]></category>
		<category><![CDATA[Sevilla]]></category>
		<category><![CDATA[Shopping]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://bonjourseville.com/ramitos/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Séville est une ville à fleurs bien que les gens n&#8217;aient pas l&#8217;habitude d&#8217;en ramener chez eux. Les fleurs ornent les jardins, les balcons et les autels des églises. On les retrouve également dans les métaphores et dans les chansons dédiées à la ville. Le&#8230; <a class="read-more" href="https://bonjourseville.com/fr/ramitos/">Lire la suite</a></p>
<p>La entrada <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/ramitos/">Ramitos</a> se publicó primero en <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/">Bonjour Séville</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Séville est une ville à fleurs bien que les gens n&rsquo;aient pas l&rsquo;habitude d&rsquo;en ramener chez eux. Les fleurs ornent les jardins, les balcons et les autels des églises. On les retrouve également dans les métaphores et dans les chansons dédiées à la ville. Le Sévillan dépense peu d&rsquo;argent en fleurs. Peut-être qu’il ne voit pas l’intérêt de payer pour quelque chose qui est beau mais aussi destiné à disparaître en peu de temps. Peut-être en a-t-il assez avec l&rsquo;explosion fleurie du printemps et de la Semaine Sainte. Cette relation complexe entre la ville et les fleurs se reflète dans l&rsquo;histoire de Ramitos. « Aujourd&rsquo;hui, on vend bien plus qu&rsquo;avant, sans toutefois atteindre le volume facturé dans d&rsquo;autres pays européens. Le sévillan a voyagé et a apporté des habitudes qui existaient déjà ailleurs. Avant, la fleur coupée était un article de luxe, accessible uniquement aux familles riches, aux hôtels et aux confréries. À Séville, les fleurs étaient vendues en pots, achetés dans des pépinières et accrochés dans les patios et les balcons. Cela a toujours existé. » Manuel Ramos (<em>ramo</em>&nbsp;veut&nbsp;dire bouquet de fleurs en espagnol) est l&rsquo;avant-dernier maillon de cette saga de fleuristes qui travaille dans le quartier de La Encarnación depuis les années 1920. Sa fille, María, a déjà accepté&nbsp;de reprendre<strong>&nbsp;</strong>le témoin et travaille dans les petits locaux que la famille gère à l’angle des rues José Gestoso et Misericordia.</p>



<p>Le grand-père Manuel est arrivé à Séville, de la province de Cadix, on ne sait pas quand. Personnage mystérieux, son esprit joyeux et entrepreneur est cependant resté dans les chroniques de l&rsquo;ancien marché de La Encarnación, où il a pris un stand de fleurs en 1920. À 19 ans, son fils prend les rênes du petit négoce et hérite du surnom Ramitos. « Mon grand-père s&rsquo;approvisionnait dans les jardins de la ville<strong>&nbsp;;&nbsp;</strong>les pépiniéristes n&rsquo;existaient pas à cette époque. La Macarena, par exemple, était jusqu&rsquo;à il y a un siècle un quartier de vergers et de jardins. Mon père a déjà connu la production qui venait de l&rsquo;étranger&nbsp;<strong>:&nbsp;</strong>d&rsquo;abord de Barcelone et de Grenade<strong>&nbsp;;&nbsp;</strong>puis d&rsquo;Almería. L&rsquo;offre était assez limitée, selon les saisons<strong>&nbsp;:</strong>&nbsp;œillets, roses, glaïeuls, chrysanthèmes, anémones. Puis Chipiona, ce petit village sur la côte de Cadix, est arrivé et a fini par monopoliser le marché.&nbsp;» Au début des années 70, la famille s&rsquo;installe dans un minuscule kiosque derrière le marché. « Mon père était complètement consacré à son travail. Il s’occupait des arrangements floraux de 25 confréries de la ville. Il passait toute la journée à parcourir les églises de la ville, à faire des livraisons. Nous lui apportions le déjeuner et il mangeait debout sur une planche qu&rsquo;il plaçait au-dessus d’une benne. Le travail avait alors un aspect plus humain, plus proche des gens. J&rsquo;ai passé de nombreuses heures au kiosque et je me souviens, par exemple, des discussions avec les commerçants du marché. Aujourd&rsquo;hui, on n’a pas le temps pour ces moments.&nbsp;»</p>



<p>Dans un rapport publié dans le journal&nbsp;<em>Ahora</em>&nbsp;en 1935, Manuel Cháves Nogales écrit à propos de la Semaine Sainte : « À Séville, il n&rsquo;y a que deux ou trois fleuristes capables d’arranger correctement les fleurs d’un&nbsp;<em>paso&nbsp;</em>(1). L&rsquo;un d&rsquo;eux est le jardinier de l&rsquo;hôpital de la Caridad. Ces artistes de la fleur commencent leur travail la veille de la sortie en procession de la confrérie. (&#8230;) Un bouquet de fleurs à la main, parfois juste un minuscule bouton de fleur d&rsquo;oranger entre le pouce et l&rsquo;index, l&rsquo;artiste de la fleur, face au&nbsp;<em>paso</em>, regarde et regarde à nouveau, s&rsquo;approche, recule, incline la tête, monte sur la structure, descend et se concentre, comme un illuminé, avant d’appliquer la légère touche d&rsquo;une fleur. » Le fleuriste est-il un artiste ? En France, ils sont considérés comme des artisans. « Vendre des fleurs n&rsquo;est pas la même chose que faire des créations florales. Habiller un <em>paso</em> de Semaine Sainte, une église ou simplement une pièce demande sensibilité et créativité. Mon grand-père et mon père étaient autodidactes : ils se sont formés à base d&rsquo;observation et de critère. Ma fille et moi avons étudié aux écoles d&rsquo;art floral de Madrid et de Bollullos. Le métier de fleuriste a évolué, il est devenu plus sophistiqué avec le temps. Avant, c&rsquo;était beaucoup plus dur, plus physique.&nbsp;» Recouvrir<strong>&nbsp;</strong>de fleurs la surface d’un&nbsp;<em>paso</em>&nbsp;était autrefois un travail de&nbsp;titan. Les fleurs étaient plantées une à une dans de l’<em>herbe de cerisier</em>, c&rsquo;est-à-dire les branches, les tiges et les feuilles qui gardaient la fraîcheur de ce fruit pendant son transport en été et qui, au printemps, avaient eu le temps de sécher. Bien compactée, cette matière végétale était moulée et retenue en passant plusieurs rangées de fils de fer dessus. C&rsquo;était le support dans lequel les œillets étaient plantés. Chaque fleur était attachée à un morceau de canne avec un bout de fil de fer, obtenu en brûlant de vieux matelas et en enlevant les ressorts. L&rsquo;extrémité du roseau était aiguisée pour obtenir une sorte de fleur-dague qui, enfoncée une à une, recouvrait la surface. Tout était réutilisé. Un véritable exemple d&rsquo;ingéniosité, de savoir-faire et de recyclage. Un&nbsp;<em>paso&nbsp;de Cristo</em> est recouvert de 250 douzaines d&rsquo;œillets.</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="1024" height="727" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2017/04/fullsizeoutput_caf-1024x727.jpeg" alt="" class="wp-image-743" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2017/04/fullsizeoutput_caf-1024x727.jpeg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2017/04/fullsizeoutput_caf-300x213.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2017/04/fullsizeoutput_caf-768x545.jpeg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption><em>Paso de Cristo</em> recouvert d’œillets lors de la Semana Santa.</figcaption></figure>



<p>Après la construction de Las Setas, les célèbres champignons géants qui, en 2011, ont transformé le centre historique de la ville, Ramitos a quitté la coopérative du marché et s&rsquo;est installé dans les locaux qu&rsquo;il occupe encore aujourd&rsquo;hui. De là sort toute la décoration florale, soigneusement sélectionnée et composée, pour la cathédrale et pour la confrérie de la Macarena. Le gros du négoce vient toujours des confréries : il faut décorer les églises pour les événements signalés. La période la plus chargée de travail reste la Semaine Sainte. « Mon grand-père et mon père ont dû employer du personnel supplémentaire pendant cette semaine. Tout était beaucoup plus laborieux. Dans les années 80, la mousse est apparue, ce qui permet d<strong>&lsquo;</strong>enfoncer directement la fleur, et tout est devenu plus simple. J’ai un peu la nostalgie du passé, c&rsquo;était beau,&nbsp;l&rsquo;ambiance et les liens qui se créaient lors de la décoration d’un&nbsp;<em>paso</em>. Mais c&rsquo;était aussi une vraie corvée.&nbsp;» Et le Sévillan ? Qu&rsquo;est-ce que le client particulier achète ? Beaucoup de tubéreuse en saison et des marguerites toute l&rsquo;année. « Le sévillan continue d&rsquo;acheter plus de plantes que de fleurs&nbsp;coupées&nbsp;car il veut que cela dure éternellement. Cela, évidemment, est assez irréaliste », plaisante Manuel en coupant des œillets blancs.&nbsp;</p>



<p>(1) Large plate-formes de bois brut décorées et fleuries sur lesquelles sont portées en procession les sculptures du Christ et de la Vierge. </p>



<p>Ramitos, calle Misericordia 2. </p>
<p>La entrada <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/ramitos/">Ramitos</a> se publicó primero en <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/">Bonjour Séville</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://bonjourseville.com/fr/ramitos/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Histoire(s) d&#8217;Itaca (I)</title>
		<link>https://bonjourseville.com/fr/historias-de-itaca-i/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=historias-de-itaca-i</link>
					<comments>https://bonjourseville.com/fr/historias-de-itaca-i/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Jan 2021 18:45:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[La ville]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://bonjourseville.com/?p=4570</guid>

					<description><![CDATA[<p>Cette série de textes est issue de mes conversations avec José Antonio Campillo, fondateur et propriétaire d&#8217;Itaca, incontournable club, ouvert en 1979, de la rue Amor de Dios, à Séville. Les premières ont eu lieu par téléphone, entre Paris et Séville, en octobre 2020. Ensuite,&#8230; <a class="read-more" href="https://bonjourseville.com/fr/historias-de-itaca-i/">Lire la suite</a></p>
<p>La entrada <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/historias-de-itaca-i/">Histoire(s) d&rsquo;Itaca (I)</a> se publicó primero en <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/">Bonjour Séville</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Cette série de textes est issue de mes conversations avec José Antonio Campillo, fondateur et propriétaire d&rsquo;Itaca, incontournable club, ouvert en 1979, de la rue Amor de Dios, à Séville. Les premières ont eu lieu par téléphone, entre Paris et Séville, en octobre 2020. Ensuite, il y a eu d&rsquo;autres rencontres en tête-à-tête dans divers cafés et bars sévillans, qui m&rsquo;ont permis de peaufiner l&rsquo;histoire du club, indissociable de celle de la vie de José Antonio et de la ville elle-même.</em><br></p>



<span id="more-4570"></span>



<p><strong>Paris, dix heures du matin. Octobre 2020. José Antonio Campillo décroche le téléphone depuis Séville. Sa voix profonde et déterminée, un peu fatiguée, coule ponctuée d&rsquo;un rire timide et honnête. Comme on dit en français, il y a des gens qui ont le feu sous la glace. José Antonio doit appartenir à ce type de personnes : sa vie, je le comprendrai bientôt, a toujours avancé animée d&rsquo;une ardeur inépuisable, d&rsquo;un engagement sans faille pour la liberté. Aujourd&rsquo;hui, il me parle du petit potager qu&rsquo;il a aménagé dans sa maison du quartier de l&rsquo;Alameda de Hércules, au bout duquel se dresse un des murs de l&rsquo;église du Sagrado Corazón (« il y a des jours, quand je travaille la terre, où je me voit en moine cloîtré. Qui l’aurait cru… »). La « couronne de la retraite » n&rsquo;a pas réussi à entraver son élan, toujours au service de la vie associative de la ville. Avec un regard lucide et alerte sur l&rsquo;actualité, José Antonio partage avec moi son inquiétude face à la résurgence de l&rsquo;extrême droite, qui, conjuguée aux chavirements provoqués par la pandémie, ne fait que renforcer l&rsquo;intégrité de cet esprit combatif : « À ce stade, je ne vais pas offrir une dépression ou une mauvaise pensée à qui que ce soit. Il ne faut pas se laisser abattre, <em>maricón</em>. Chaque époque de conquête en termes de liberté est suivie d&rsquo;une réaction contraire. J&rsquo;ai vécu des moments plus difficiles que celui-ci et me voici, toujours debout ». Sa vie, et les événements qui ont précédé l&rsquo;ouverture d’Itaca, en témoignent.</strong><br></p>



<p>«&nbsp;Tout a changé quand un ami a commencé à nous envoyer des films porno depuis Paris.&nbsp;» En plus des bébés (1), au début des années 80, le porno venait aussi de la capitale de France. Si le mouvement de libération homosexuelle avait déjà fait son apparition à Séville, les films, entre autres, de Jean-Daniel Cadinot, le mythique réalisateur de X gay, étaient alors un Eldorado pour les gays de la ville. Seul un bar rue Amor de Dios, Itaca, projetait ses œuvres certains soirs, après la fermeture au grand public. Itaca avait ouvert peu de temps avant. Timidement gay au début, son comptoir attirait intellos et bohèmes des deux sexes, qui assistaient aux lectures poétiques et aux rencontres libertaires qui y étaient régulièrement organisées. Depuis la mort de Franco en 1975, Séville, et l&rsquo;Alameda de Hércules en particulier, connaissait une effervescence inédite en termes de création et de libération. Mais l&rsquo;arrivée du porno allait provoquer un changement de cap chez Itaca. Là, en petit comité, a germé un projet qui allait révolutionner le <em>milieu</em> sévillan et la ville elle-même. José Antonio se souvient : « Après la fermeture, nous restions entre potes, nous projetions les films et nous branlions ensemble. Aussi simple que ça. En une semaine, la rumeur s&rsquo;est répandue comme une traînée de poudre et, dès l&rsquo;ouverture, il y avait des gens qui attendaient que je passe le porno. À plusieurs reprises, j’ai dû avancer le moment de la projection sous la pression des clients. Certains garçons venaient avec leurs copines, partaient et revenaient tout seuls ensuite. Bientôt, cette situation est devenue difficile à gérer.&nbsp;»<br></p>



<p><strong><em>REBEL WITH A CAUSE </em></strong></p>



<p>José Antonio est né à Villanueva del Río y Minas, dans le Nord de la région de Séville. « Une petite ville minière avec une véritable structure par classes sociales, où on était obligé de rester dans la zone qui nous correspondait. Chaque quartier avait ses infrastructures, ainsi que ses propres espaces de divertissements. Les gens ne se mélangeaient que pour faire des achats dans le magasin central, qui, comme tout, appartenait à la société qui exploitait les mines.&nbsp;» Une sirène marque les heures et les rythmes de la ville. Quand elle ne sonne pas, les femmes descendent dans la rue, sachant que quelque chose s&rsquo;est passé, que peut-être leurs maris ou leurs enfants sont morts écrasés dans les galeries. Parfois, toute la ville s&rsquo;habille de deuil. José Antonio retient les larmes quand il remémore ces scènes, avec cette pudeur qui, chez lui, côtoie la bravoure. «&nbsp;Ce climat d&rsquo;oppression était blindé par une culture de suprématie de l&rsquo;homme, du mâle, extrêmement homophobe.&nbsp;» Dès le début, la volonté de changer les choses, de subvertir le système social, jaillit indomptable d&rsquo;une source d&rsquo;inconfort. « J&rsquo;étais un coq de combat. J&rsquo;était en rébellion contre le monde parce que, au fond, je savais que je n&rsquo;y avais pas ma place. Tout vient de mon orientation sexuelle, de l&rsquo;impossibilité de l&rsquo;accepter dans un environnement aussi hostile. Bien sûr, j&rsquo;avais des convictions personnelles très claires, mais mon implication dans la lutte était un exutoire à ma répression. Le coupable, c’était le système, comment pourrait-il en être autrement. J&rsquo;ai écrit un article sur le maire de la ville, que j&rsquo;accusais de lécher le cul du franquiste. Puis j&rsquo;ai fondé le Club de la Juventud Minera (Club de la jeunesse minière) pour rassembler la jeunesse de la ville contre la ségrégation qui nous divisait.&nbsp;» Cet humble projet, qui a produit un germe de lutte importante, reflète également la volonté de José Antonio de rassembler les gens, qui sera très présente dans la genèse, et tout au long de l’histoire, d&rsquo;Itaca. «&nbsp;Plus tard, quand je suis allé à Andújar pour étudier avec les jésuites, j&rsquo;étais déjà enhardi.&nbsp;» La première grève organisée dans une école en Espagne est l&rsquo;idée de José Antonio. Pour protester contre le directeur, qui entend imposer une amende de 25 pesetas pour chaque mauvaise note à un corps étudiant majoritairement issu de familles ouvrières, un appel à l’émeute est lancé. « Je pense qu&rsquo;au fond, je voulais juste m&rsquo;intégrer, être comme les autres. J&rsquo;étais terrifié à l&rsquo;idée que quelqu&rsquo;un remarque mon homosexualité. Ma rébellion cachait ma peur et en même temps libérait ma colère. Pendant les étés, je retournais chez moi et m&rsquo;amusais avec des filles.&nbsp;» A l&rsquo;autre bout du téléphone, la figure du père est évoquée pour la première fois. Il apparaîtra plusieurs fois au cours de nos conversations, tel un jalon. Comme l&rsquo;origine, et avec les années aussi la guérison, de la honte, de la colère, de la blessure. « Quand j&rsquo;avais 11 ans, mon père a appris que dans notre quartier on m&rsquo;appelait pédé et il m&rsquo;a battu presque à mort. Chrétien militant, il a toujours été très impliqué dans les affaires sociales de l&rsquo;Église. Lors de la Guerre civile, il a combattu avec les fascistes, simplement parce que c&rsquo;était comme ça. Il n’était qu&rsquo;une victime de son époque, de cette éducation qui vénérait la virilité. Étonnamment, il a fini par accepter mon homosexualité presque mieux que moi.&nbsp;»</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="761" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/01/082F68F4-ED15-41E4-A24B-10239A752174_1_201_a-1-761x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-4542" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/01/082F68F4-ED15-41E4-A24B-10239A752174_1_201_a-1-761x1024.jpeg 761w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/01/082F68F4-ED15-41E4-A24B-10239A752174_1_201_a-1-223x300.jpeg 223w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/01/082F68F4-ED15-41E4-A24B-10239A752174_1_201_a-1-768x1034.jpeg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/01/082F68F4-ED15-41E4-A24B-10239A752174_1_201_a-1.jpeg 1393w" sizes="(max-width: 761px) 100vw, 761px" /><figcaption>Cartel de la manifestación del 25 de junio de 1978.</figcaption></figure>



<p><strong>MÊME LA GIRALDA S’EST HABILLÉE EN ROSE</strong></p>



<p>À la fin des années 60, après le lycée, José Antonio s&rsquo;installe à Séville et commence à travailler à l&rsquo;ISA (Industrias Subsidiarias de Aviación). « À l&rsquo;usine, j&rsquo;ai rapidement sympathisé avec le mouvement syndical, le seul moyen qui existait alors pour canaliser la lutte contre la dictature. Il ne faut pas oublier que Franco continuait de tuer. Jusqu&rsquo;à la fin, le régime n&rsquo;a cessé de purger la dissidence. Pendant ces années, mon engagement et ma peur vis-à-vis de mon orientation sexuelle sont allés de pair. J&rsquo;ai commencé dans la Fraternité ouvrière d&rsquo;action catholique, puis je suis passé au syndicat Comisiones Obreras, où je suis devenu secrétaire général de la corporation du métal. En tant que représentant syndical, j&rsquo;étais très apprécié au sein de l&rsquo;usine mais, en même temps, j&rsquo;ai continué à cacher mon orientation sexuelle à tout le monde, y compris à moi-même. J&rsquo;étais vraiment mort de peur. » Pendant des années, il axe sa vie sur le travail : il participe à toutes les réunions possibles, organise des rencontres, dort quatre heures par jour. Il voit également des psychiatres à la recherche d&rsquo;un remède à son orientation. Sa vie sexuelle est inexistante. De Comisiones Obreras, il passe à la CNT et c&rsquo;est là que le MHAR (Mouvement homosexuel d&rsquo;action révolutionnaire), qui prépare alors un acte qui deviendra la première Pride en Andalousie, a croisé son chemin. Cette rencontre fortuite sera une planche de salut, une bouffée d&rsquo;oxygène, et 1978 l&rsquo;année qui va tout changer. José Antonio passera de la «&nbsp;chapelle syndicale&nbsp;» à la rue, où il criera son identité. « Là, il y a eu un déclic et j&rsquo;ai rejoint le groupe du MHAR, dont le parcours a commencé curieusement lors d&rsquo;une réunion dans l&rsquo;une des salles du palais de l&rsquo;archevêque à Séville. Son activité n&rsquo;a duré qu&rsquo;un an et a débouché sur la célèbre manifestation du 25 juin 1978, dans laquelle nous réclamions l&rsquo;abolition de la loi franquiste de&nbsp;Peligrosidad y Rehabilitación Social, qui réprimait durement l&rsquo;homosexualité et qui était toujours en vigueur. Ça ne devait être qu&rsquo;une réunion dans les locaux de Comisiones Obreras rue Calatrava; elle a fini par descendre dans la rue et se joindre, dans une ambiance enflammée, à la manifestation organisée sur la Plaza del Triunfo. Ce jour-là, trois membres du MHAR ont déplié un drapeau rose avec le slogan <em>Libertad sexual</em> du haut de la Giralda. Il a ondoyé pendant 20 minutes, avant d&rsquo;être retiré. À partir de ce moment, il était clair qu’il n&rsquo;y avait plus de retour en arrière possible, ni pour moi ni pour la lutte.&nbsp;» </p>



<p><strong>DESTINATION ITACA</strong></p>



<p>Jusqu&rsquo;à très récemment, la vie d&rsquo;un homosexuel commençait dans une certaine mesure quand il en rencontrait d&rsquo;autres comme lui. Il comprenait alors qu&rsquo;il n&rsquo;était pas le seul. L&rsquo;angoisse se calmait ; l&rsquo;horizon s&rsquo;élargissait. Grâce au MHAR, José Antonio commence à côtoyer d&rsquo;autres types de gens. Dans un appartement du Parque Alcosa, quartier ouvrier de Séville, il fréquente une tentative de commune libertaire où sont organisés représentations de théâtre expérimental et débats politiques. Il s&rsquo;implique également dans la lutte de plusieurs associations de quartier. « J&rsquo;étais dans le syndicat mais, à partir de là, j&rsquo;ai commencé à m&rsquo;identifier surtout au mouvement libertaire, qui m&rsquo;offrait une possibilité d&rsquo;épanouissement. Parler d&rsquo;amour et d&rsquo;éducation libres me comblait plus qu&rsquo;organiser des grèves », plaisante-t-il à l&rsquo;autre bout du fil. Un membre du groupe lui propose des excursions à la campagne, à la plage. Ils dorment sous les étoiles et, pendant le trajet de retour en moto à Séville, José Antonio, assis derrière, l&rsquo;entoure de ses bras. Faisant confiance aux signaux qu&rsquo;il perçoit chez l&rsquo;autre et emporté par l&rsquo;atmosphère de libération de cette année-là, il décide alors, enfin, de franchir le pas. « J&rsquo;ai fini par lui avouer mes sentiments et lui, très surpris, m&rsquo;a assuré qu&rsquo;il n&rsquo;y avait rien de sa part. Il a ensuite raconté à tout le monde ce qui s&rsquo;était passé. Dans l&rsquo;usine et dans mon quartier, on a commencé à dire que j&rsquo;étais pédé. J&rsquo;ai demandé quelques jours de congés. Je commençais à en avoir marre de vivre sous la peur. Ils ont fini par me licencier, du travail et du syndicat (<em>ceci est un syndicat de classes, il n&rsquo;y a pas de place pour les pédés</em>, m&rsquo;ont-ils dit). J&rsquo;avais déjà été licencié d&rsquo;autres fois, j&rsquo;avais même été en prison, mais toujours pour des raisons politiques. Dans ces moments-là, mes collègues se mettaient en grève ou s&rsquo;enfermaient dans l&rsquo;usine pour exiger ma réintégration. Cette fois, j&rsquo;ai été licencié en raison de mon orientation sexuelle.&nbsp;»  Rétrospectivement, ce coup, plutôt que de tuer, a stimulé la volonté de José Antonio qui, avec l&rsquo;indemnité de départ, a décidé d&rsquo;ouvrir un petit bar rue Amor de Dios. Encouragé par les événements récents, par le contact avec des personnes partageant ses mêmes idées et par la rencontre avec Antonio Morillo, qui, comme lui, avait été licencié pour son homosexualité, ce nouveau projet a canalisé son esprit tumultueux et a donné un nouveau sens, plus cohérent, à sa vie.<br></p>



<p><strong>Père</strong></p>



<p>« J&rsquo;ai beaucoup appris de mon père, comme il l&rsquo;a fait de moi.&nbsp;Il a beaucoup réfléchi lorsque j&rsquo;ai été en prison pour des raisons politiques.&nbsp;Je pense qu&rsquo;il s&rsquo;est rendu compte que l&rsquo;Église ne devrait pas être basée uniquement sur la charité.&nbsp;Ce doit être avant tout une révolution.&nbsp;J&rsquo;étais dans cette révolution.&nbsp;Dans les exercices spirituels qu&rsquo;il faisait avec ses compagnons, il a commencé à parler de justice et d&rsquo;amour.&nbsp;Mon homosexualité l&rsquo;a complètement changé, même si nous n&rsquo;en avons jamais parlé ouvertement.&nbsp;Mon père avait beaucoup plus de capacité que moi d&rsquo;assumer et d&rsquo;accepter.&nbsp;Dans ses dernières années, il m&rsquo;a même accompagné à une manifestation de revendication et, une fois, je l&rsquo;ai fait visiter Itaca, avec le bar vide.&nbsp;Heureusement, l&rsquo;héritage que mon grand-père a légué à mon père, ce poison misogyne et homophobe que tant d&rsquo;hommes buvaient, et boivent, a fini par se dissoudre. »</p>



<p>Le deuxième volet de <em>Histoire(s) d&rsquo;Itaca</em> sera publiée samedi 6 février. </p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" width="960" height="911" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/01/208F6EE2-9A0C-4B55-901B-92452681370F.jpeg" alt="" class="wp-image-4460" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/01/208F6EE2-9A0C-4B55-901B-92452681370F.jpeg 960w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/01/208F6EE2-9A0C-4B55-901B-92452681370F-300x285.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/01/208F6EE2-9A0C-4B55-901B-92452681370F-768x729.jpeg 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /><figcaption>Drapeau avec le slogan  <em>Libertad sexual</em> du haut de la Giralda, 25 juin de 1978.</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" width="1024" height="686" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/01/AF7C80FD-656D-45E0-AB87-E4C11C739CDC-1024x686.jpeg" alt="" class="wp-image-4476" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/01/AF7C80FD-656D-45E0-AB87-E4C11C739CDC-1024x686.jpeg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/01/AF7C80FD-656D-45E0-AB87-E4C11C739CDC-300x201.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/01/AF7C80FD-656D-45E0-AB87-E4C11C739CDC-768x514.jpeg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Soirée romaine à Itaca (photo José Antonio Campillo). </figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" width="1024" height="761" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/01/Numériser-14-copie-1024x761.jpg" alt="" class="wp-image-4499" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/01/Numériser-14-copie-1024x761.jpg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/01/Numériser-14-copie-300x223.jpg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/01/Numériser-14-copie-768x571.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Soirée romaine à Itaca, années 1990 (photo José Antonio Campillo). </figcaption></figure></div>
<p>La entrada <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/historias-de-itaca-i/">Histoire(s) d&rsquo;Itaca (I)</a> se publicó primero en <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/">Bonjour Séville</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://bonjourseville.com/fr/historias-de-itaca-i/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>2</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Orfebres Seco</title>
		<link>https://bonjourseville.com/fr/seco/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=seco</link>
					<comments>https://bonjourseville.com/fr/seco/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Nov 2020 13:20:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Art de vivre]]></category>
		<category><![CDATA[Artisanat]]></category>
		<category><![CDATA[Culture andalouse]]></category>
		<category><![CDATA[La ville]]></category>
		<category><![CDATA[Made in Séville]]></category>
		<category><![CDATA[Quartiers]]></category>
		<category><![CDATA[Sevilla]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://bonjourseville.com/?p=4198</guid>

					<description><![CDATA[<p>L&#8217;apparition d’une procession de Semaine Sainte dans la nuit est l&#8217;un des souvenirs les plus vifs que je garde de mon enfance.&#160;Avec le temps, on comprend que c’est la lumière qui rend possible cette impression ineffaçable.&#160;Les myriades de cierges qui brûlent devant le visage de&#8230; <a class="read-more" href="https://bonjourseville.com/fr/seco/">Lire la suite</a></p>
<p>La entrada <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/seco/">Orfebres Seco</a> se publicó primero en <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/">Bonjour Séville</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">L&rsquo;apparition d’une procession de Semaine Sainte dans la nuit est l&rsquo;un des souvenirs les plus vifs que je garde de mon enfance.&nbsp;Avec le temps, on comprend que c’est la lumière qui rend possible cette impression ineffaçable.&nbsp;Les myriades de cierges qui brûlent devant le visage de la Vierge se multiplient dans les paillettes, dans les larmes et dans les diamants qui ornent la sculpture. Mais c’est surtout l’argent recouvrant le char de procession qui enflamme cette vision.&nbsp;Je ne le savais pas alors, mais cette <em>braise en or</em>, comme l’appelait l’écrivain Manuel Cháves Nogales, qui parcourt les rues obscurcies de la ville est ciselée depuis 1860 dans l&rsquo;atelier de Seco.&nbsp;Cette famille d&rsquo;orfèvres façonne, depuis cinq générations, tous les éléments en argent qui enchâssent certaines Vierges andalouses lors de leur sortie processionnelle annuelle.</p>



<span id="more-4198"></span>



<p><strong>La visite</strong><br></p>



<p>Je visite cet atelier légendaire, dans le quartier de l&rsquo;Avenida de Miraflores, un matin d&rsquo;été. Les maisons du Retiro Obrero et le squelette de l’ancienne manufacture de verre La Trinidad témoignent du passé de cette partie de la ville, fer de lance du timide processus d&rsquo;industrialisation de Séville depuis la fin du XIXe siècle. D&rsquo;autres manufactures, transformées en bâtiments résidentiels, n&rsquo;ont conservé que leurs belles façades en briques. Situé sur une petite rue, l&rsquo;atelier de Seco occupe un grand hangar, précédé d&rsquo;un patio verdoyant et couronné d&rsquo;un immense puits de lumière qui éclaire l&rsquo;espace. Ici, travail et volonté pédagogique vont de pair : l&rsquo;atelier invite à un parcours libre mais très instructif à travers l&rsquo;histoire de la maison et les différentes techniques du travail de l&rsquo;argent. Nous avons tous notre place, le visiteur et les travailleurs. Chacun vaque à ses occupations. Seco produit des pièces destinées à la fois à enrichir le patrimoine des confréries de Séville et à décorer l’intérieur de maisons de particuliers. Je commence par le musée. Un long mur expose les innombrables modèles en bronze, laiton et bois, pour l&rsquo;ornement domestique, que l&rsquo;atelier a réalisés tout au long de son histoire : saints, animaux, croix, une Giralda miniature, des fleurs&#8230; voire une série de têtes de femmes égyptisante. L&rsquo;accumulation des formes, accrochées les unes sur les autres, fait penser au mur d&rsquo;un temple que les fidèles auraient recouvert d&rsquo;ex-voto chargés d&rsquo;intentions mystérieuses. L&rsquo;usage et le vieillissement, différents selon la matière, recouvrent les modèles d&rsquo;une patine délicate. On a la sensation d&rsquo;être dans un lieu presque sacré, dépositaire de montagnes d&rsquo;histoire et de vie.</p>



<p><strong>L&rsquo;atelier</strong></p>



<p>Dans l&rsquo;atelier, les portraits des membres de la saga familiale bénissent le travail fait sous leur regard. Tout est exposé : bellement agencés, outils, moules et meubles racontent l&rsquo;histoire de la famille et retracent l&rsquo;évolution des techniques d&rsquo;orfèvrerie au fil du temps. L&rsquo;espace, apparu dans certains magazines de décoration, répond aux besoins d&rsquo;un atelier tout en restant extrêmement beau, évocateur et vivant. On m&rsquo;explique que, contrairement à la forge, l&rsquo;orfèvrerie utilise des techniques plus délicates. Ainsi, du dessin du modèle à sa réalisation, la pièce passe par différents procédés de fabrication, ornés d&rsquo;un vocabulaire spécialisé empreint de poésie : fonte du métal dans le creuset, coulage dans le moule, gaufrage, polissage, assemblage final réalisé par l&rsquo;expert en lampisterie&#8230; Jerónimo, l&rsquo;un des deux héritiers de la saga, cisèle une pièce en argent avec un petit marteau. Les coups sont décidés mais délicats. Au Prado, j&rsquo;ai admiré de nombreuse fois <em>La fragua de Vulcano</em>, le célèbre tableau de Velázquez. Le dieu de la mythologie classique n&rsquo;est pas orfèvre mais forgeron. Pourtant, je ne peux m&#8217;empêcher de penser aux gestes, aux sons de la scène. Quelle différence avec la triste frappe du clavier qui accompagne une grande partie de notre vie devant l&rsquo;écran. À l&rsquo;autre bout de l&rsquo;atelier, on me montre comment le métal fondu pénètre à travers les orifices du moule, remplissant toutes ses concavités. L&rsquo;intérieur du moule est compacté avec du sable. Il est difficile de croire qu&rsquo;un matériau si malléable puisse résister à l&rsquo;avancée brûlante du métal, le forçant à adopter la forme désirée. Il semble que les musulmans andalous utilisaient déjà cette technique. Je me balade dans l&rsquo;atelier, m’imprégnant de l&rsquo;atmosphère détendue et concentrée. Une apprentie observe attentivement chaque geste du maître, comme jadis dans les ateliers des différentes corporations. Et je me trouve alors nostalgique de quelque chose que je n&rsquo;ai jamais connu : le travail manuel, être absorbé dans la création de quelque chose de tangible. Etre dépositaire d&rsquo;un savoir-faire que des générations de dévouement au métier ont poli et qui se manifeste dans les gestes précis des mains.</p>



<p>Avant de partir, je visite le bureau de l&rsquo;atelier, présidé par une immense Immaculée Conception à l’huile de l’école de Murillo.&nbsp;Une couronne de Vierge ciselée en argent scintille dans une urne en verre.&nbsp;Je me souviens alors des Semaines Saintes de mon enfance, magiques et lumineuses.</p>



<p><a href="https://www.orfebreseco.com">www.orfebreseco.com</a></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" width="1024" height="684" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/FC3A5C9F-0FB5-4A83-AB2F-68BD6851C15D_1_201_a-1024x684.jpeg" alt="" class="wp-image-4215" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/FC3A5C9F-0FB5-4A83-AB2F-68BD6851C15D_1_201_a-1024x684.jpeg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/FC3A5C9F-0FB5-4A83-AB2F-68BD6851C15D_1_201_a-300x200.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/FC3A5C9F-0FB5-4A83-AB2F-68BD6851C15D_1_201_a-768x513.jpeg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Semaine Sainte à Séville. </figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/7B782E7F-669F-4038-8B8C-532ED07F8DB9_1_201_a-768x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-4192" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/7B782E7F-669F-4038-8B8C-532ED07F8DB9_1_201_a-768x1024.jpeg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/7B782E7F-669F-4038-8B8C-532ED07F8DB9_1_201_a-225x300.jpeg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/7B782E7F-669F-4038-8B8C-532ED07F8DB9_1_201_a-360x480.jpeg 360w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption>Le musée.</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/9D39F096-D879-411B-B012-A8626526D470_1_201_a-768x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-4194" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/9D39F096-D879-411B-B012-A8626526D470_1_201_a-768x1024.jpeg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/9D39F096-D879-411B-B012-A8626526D470_1_201_a-225x300.jpeg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/9D39F096-D879-411B-B012-A8626526D470_1_201_a-360x480.jpeg 360w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption>L’atelier.</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/13A894BC-584C-4F62-9B3C-6C023D35F0EE_1_201_a-768x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-4196" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/13A894BC-584C-4F62-9B3C-6C023D35F0EE_1_201_a-768x1024.jpeg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/13A894BC-584C-4F62-9B3C-6C023D35F0EE_1_201_a-225x300.jpeg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/13A894BC-584C-4F62-9B3C-6C023D35F0EE_1_201_a-360x480.jpeg 360w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure></div>
<p>La entrada <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/seco/">Orfebres Seco</a> se publicó primero en <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/">Bonjour Séville</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://bonjourseville.com/fr/seco/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Almacenes Pérez Cuadrado</title>
		<link>https://bonjourseville.com/fr/almacenes-perez-cuadrado/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=almacenes-perez-cuadrado</link>
					<comments>https://bonjourseville.com/fr/almacenes-perez-cuadrado/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Oct 2020 18:40:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Centre]]></category>
		<category><![CDATA[La ville]]></category>
		<category><![CDATA[Shopping]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://bonjourseville.com/almacenes-perez-cuadrado/</guid>

					<description><![CDATA[<p>«&#160; Je dois passer rue José Gestoso m&#8217;acheter des sous-vêtements.&#160;» À Séville, on est nombreux à avoir prononcé cette phrase plus d’une fois le long de notre vie. Depuis les années 1960, les magasins Pérez Cuadrado approvisionnent la ville en sous-vêtements. Plusieurs générations ont franchi&#8230; <a class="read-more" href="https://bonjourseville.com/fr/almacenes-perez-cuadrado/">Lire la suite</a></p>
<p>La entrada <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/almacenes-perez-cuadrado/">Almacenes Pérez Cuadrado</a> se publicó primero en <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/">Bonjour Séville</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>«&nbsp; Je dois passer rue José Gestoso m&rsquo;acheter des sous-vêtements.&nbsp;» À Séville, on est nombreux à avoir prononcé cette phrase plus d’une fois le long de notre vie. Depuis les années 1960, les magasins Pérez Cuadrado approvisionnent la ville en sous-vêtements. Plusieurs générations ont franchi sa porte, entretenant une habitude qui passe souvent de pères, ou plutôt de mère, en fils.</p>



<span id="more-4039"></span>



<p>L&rsquo;histoire commence en 1944. Le 2 janvier de cette année, trois associés, Francisco Ledesma et Luis et Rafael Pérez Cuadrado, ouvrent une boutique au rez-de-chaussée d&rsquo;une maison du XVIIIe siècle rue José Gestoso, en plein cœur de Séville. La cour, dont les colonnes en marbre de Gênes portent les armoiries de la famille qui a construit la demeure, se remplit alors de comptoirs et d&rsquo;étagères en bois. Ce premier établissement vend de tout : laine, papier, boutons, fil … Le lien entre la ville et la nouvelle adresse s&rsquo;est renforcé tout au long de ces années où le magasin a non seulement proposé des articles à vendre, mais aussi a offert du contact humain et a renforcé le sentiment de communauté du quartier. Rafael Pérez, fils de Luis et actuel propriétaire de l&rsquo;établissement, m&rsquo;explique que, sans vitrine donnant sur la rue, la réputation de l&rsquo;entreprise s&rsquo;est toujours bâtie sur le bouche à oreille. Les bons prix et la qualité du produit proposé ont fait le reste. Certains clients demandent aujourd&rsquo;hui à être servis par le même vendeur qui a connu leur mère ou même leur grand-mère. Cette composante affective colore les relations entre l&rsquo;établissement et sa clientèle, venue des quartiers ou des villages de la région pour acheter sous-vêtements, linge pour la maison ou articles de parfumerie. L&rsquo;équipe de vendeurs, entièrement masculine, conseille patiemment une clientèle composée presque exclusivement de femmes accompagnées de leur mari ou de leurs enfants. L&rsquo;inversion des rôles (vendeuse-femme, client-homme) est une marque de la maison depuis le début, confirme Rafael. Sa mère, Pepita, a présidé l&rsquo;entreprise pendant des années; aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est sa fille, Ángela, qui prend progressivement les rênes de l&rsquo;établissement.</p>



<p>Visiter Pérez Cuadrado est en quelque sorte un voyage dans le temps. Les meubles d&rsquo;origine (comptoirs, étagères) sont toujours là, gardés par les colonnes du patio. Les marques classiques  (slips Abanderado, eau de Cologne Instituto Español) sont toujours vendues malgré les années. À Noël, les clients font la queue pour acheter leurs cadeaux. Cependant, ce voyage ne s&rsquo;arrête pas dans le passé. Simplement, il y cueille ses meilleurs fruits (authenticité, proximité, identité) pour les projeter dans le futur: Pérez Cuadrado et les établissements de sa lignée représentent l&rsquo;avenir qui devrait être. Le type de ville qui devrait revenir.</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/10/DB4FF698-60C5-4E29-AA7E-3696C1F91A32-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-4010" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/10/DB4FF698-60C5-4E29-AA7E-3696C1F91A32-768x1024.jpg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/10/DB4FF698-60C5-4E29-AA7E-3696C1F91A32-225x300.jpg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/10/DB4FF698-60C5-4E29-AA7E-3696C1F91A32-360x480.jpg 360w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/10/DB4FF698-60C5-4E29-AA7E-3696C1F91A32.jpg 1537w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption><br></figcaption></figure>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" width="1024" height="683" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/10/1C0390D2-6543-460B-8F7C-C5A8EBEAA2FC-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-4018" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/10/1C0390D2-6543-460B-8F7C-C5A8EBEAA2FC-1024x683.jpeg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/10/1C0390D2-6543-460B-8F7C-C5A8EBEAA2FC-300x200.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/10/1C0390D2-6543-460B-8F7C-C5A8EBEAA2FC-768x512.jpeg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/10/53B45EDB-BB89-43D6-BFB9-823BA5E0E8AF-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-4020" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/10/53B45EDB-BB89-43D6-BFB9-823BA5E0E8AF-768x1024.jpg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/10/53B45EDB-BB89-43D6-BFB9-823BA5E0E8AF-225x300.jpg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/10/53B45EDB-BB89-43D6-BFB9-823BA5E0E8AF-360x480.jpg 360w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/10/53B45EDB-BB89-43D6-BFB9-823BA5E0E8AF.jpg 1537w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure></div>
<p>La entrada <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/almacenes-perez-cuadrado/">Almacenes Pérez Cuadrado</a> se publicó primero en <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/">Bonjour Séville</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://bonjourseville.com/fr/almacenes-perez-cuadrado/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La Hermandad del Sushi</title>
		<link>https://bonjourseville.com/fr/la-hermandad-del-sushi/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=la-hermandad-del-sushi</link>
					<comments>https://bonjourseville.com/fr/la-hermandad-del-sushi/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Sep 2020 18:47:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Calle Feria]]></category>
		<category><![CDATA[La ville]]></category>
		<category><![CDATA[Manger]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://bonjourseville.com/la-hermandad-del-sushi/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Takashi Iuchi parcourait le monde lorsqu’une danseuse de flamenco sévillane croisa son chemin. Le flamenco s’est alors apparu comme une évidence : il fallait qu’il apprenne à jouer de la guitare. À cette époque, Séville n&#8217;était qu&#8217;un nom sur la carte. «Je suis arrivé à&#8230; <a class="read-more" href="https://bonjourseville.com/fr/la-hermandad-del-sushi/">Lire la suite</a></p>
<p>La entrada <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/la-hermandad-del-sushi/">La Hermandad del Sushi</a> se publicó primero en <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/">Bonjour Séville</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Takashi Iuchi parcourait le monde lorsqu’une danseuse de flamenco sévillane croisa son chemin. Le flamenco s’est alors apparu comme une évidence : il fallait qu’il apprenne à jouer de la guitare. À cette époque, Séville n&rsquo;était qu&rsquo;un nom sur la carte. «Je suis arrivé à l&rsquo;été 2014. Je me souviens de la chaleur, bien sûr, mais aussi de l&rsquo;ambiance, des gens dans la rue, de la beauté de la ville… Quand j&rsquo;ai pris la décision de rester, j&rsquo;ai demandé un visa à l&rsquo;ambassade d&rsquo;Espagne à Tokyo . J&rsquo;ai obtenu un permis de travail en tant qu’auto-entrepreneur. J’étais cuisinier depuis 10 ans, alors j&rsquo;ai commencé à donner des ateliers pour apprendre à préparer des sushis. Aussi, je suis entré dans un groupe de coach surfing, avec qui je me retrouvais pour prendre une bière. C&rsquo;est comme ça que j&rsquo;ai commencé à rencontrer des gens. »</p>



<p>D&rsquo;Osaka, sa ville natale, au quartier de San Juan de la Palma à Séville, où Takashi dirige le restaurant La Hermandad del sushi (La confrérie des sushi, clin d’œil aux associations qui défilent lors de la Semaine Sainte), le hasard a tissé une vie toute particulière. «Un jour, en marchant, j&rsquo;ai trouvé un local à louer. J’aimais bien l&rsquo;endroit et j&rsquo;ai décidé d&rsquo;ouvrir mon propre restaurant. Le nom est venu en plaisantant avec un ami, tout comme l&rsquo;idée de décorer l&rsquo;entrée avec une enseigne comme celles qui couronnent les <em>casetas</em> lors de la Feria. J&rsquo;aime le Rocío (célèbre pèlerinage en l’honneur de la vierge du même nom qui attire un million de personnes vers son sanctuaire tous les ans). J&rsquo;ai fait une partie du pèlerinage, seul. Les gens étaient surpris de voir un Japonais participant à la fête mais tout le monde m&rsquo;a très bien traité. J&rsquo;adore les sévillanes : jouer, chanter et danser. » Ce penchant pour le folklore andalou imprègne chaque recoin du restaurant de la rue Feria : <em>farolillos</em>, chaises traditionnelles, photos de La Macarena et Blanca Paloma… et aussi des éléments typiques des tavernes japonaises. Bien qu&rsquo;elle soit qualifiée de conservatrice, de repliée sur elle-même, Séville a une remarquable capacité à tout assimiler. «Dès le début, mon objectif était d&rsquo;ouvrir une adresse pour la clientèle locale. La réponse a été très positive dès le premier jour. Les Sévillans ont adopté le restaurant très naturellement. La Hermandad del sushi est un croisement entre un bar à tapas andalou et un <em>izakaya</em> japonais, qui sont des endroits populaires et bon marché où les gens viennent manger sans complications. Je voulais capturer l&rsquo;atmosphère des deux, tant dans la décoration que dans le menu. »</p>



<p>La gastronomie japonaise va bien au-delà des sushis. «La cuisine au Japon décline de diverses manières : par exemple, la cuisine <em>kaiseki</em> correspond à la haute cuisine ; le <em>yakisoba</em> est plus proche de la <em>streetfood</em>. De nombreuses variétés de poissons sont utilisées. J&rsquo;ai conçu toute la carte de mon restaurant. En plus des spécialités japonaises, j&rsquo;ai ajouté mes propres créations qui mêlent les traditions culinaires andalouses et japonaises : <em>ensaladilla</em> d&rsquo;edamame, <em>salmorejo</em> au tofu, <em>croquetas</em> de miso, tempura d&rsquo;anchois … » Entre le Vizcaíno, mythique bar de quartier toujours animé, la <em>calle</em> Regina et ses velléités de modernité et l’église de l’Amargura, une des vierges les plus vénérées de Séville, Takashi a trouvé sa place. Un espace hybride et personnel mais, surtout, ouvert à tous.</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="773" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/09/C135D07F-82E9-4907-883B-63FACBF46B80_1_201_a-773x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-3974" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/09/C135D07F-82E9-4907-883B-63FACBF46B80_1_201_a-773x1024.jpeg 773w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/09/C135D07F-82E9-4907-883B-63FACBF46B80_1_201_a-227x300.jpeg 227w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/09/C135D07F-82E9-4907-883B-63FACBF46B80_1_201_a-768x1017.jpeg 768w" sizes="(max-width: 773px) 100vw, 773px" /></figure>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="1024" height="768" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/09/F8C1D082-1724-41A5-A094-29F9323BF6D9_1_201_a-1-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-3980" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/09/F8C1D082-1724-41A5-A094-29F9323BF6D9_1_201_a-1-1024x768.jpeg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/09/F8C1D082-1724-41A5-A094-29F9323BF6D9_1_201_a-1-300x225.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/09/F8C1D082-1724-41A5-A094-29F9323BF6D9_1_201_a-1-768x576.jpeg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="1024" height="683" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/09/A5113FD4-ABC5-48D0-B1D6-B1D449929206-1-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-3982" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/09/A5113FD4-ABC5-48D0-B1D6-B1D449929206-1-1024x683.jpeg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/09/A5113FD4-ABC5-48D0-B1D6-B1D449929206-1-300x200.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/09/A5113FD4-ABC5-48D0-B1D6-B1D449929206-1-768x512.jpeg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
<p>La entrada <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/la-hermandad-del-sushi/">La Hermandad del Sushi</a> se publicó primero en <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/">Bonjour Séville</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://bonjourseville.com/fr/la-hermandad-del-sushi/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>2</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Nicolas Vaudelet : « Chacun peut trouver son histoire à Séville »</title>
		<link>https://bonjourseville.com/fr/nicolas-vaudelet/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=nicolas-vaudelet</link>
					<comments>https://bonjourseville.com/fr/nicolas-vaudelet/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Jul 2020 16:32:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les gens]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://bonjourseville.com/?p=3844</guid>

					<description><![CDATA[<p>Créateur de mode et amoureux de Séville, Nicolas Vaudelet a travaillé chez Dior, Sonia Rykiel ou encore Jean-Paul Gaultier. Apparu à Sète, où il passe son adolescence, son amour pour l’Espagne se développe à Paris, chez Christina Lacroix, sous l’influence des airs de zarzuela et&#8230; <a class="read-more" href="https://bonjourseville.com/fr/nicolas-vaudelet/">Lire la suite</a></p>
<p>La entrada <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/nicolas-vaudelet/">Nicolas Vaudelet : « Chacun peut trouver son histoire à Séville »</a> se publicó primero en <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/">Bonjour Séville</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Créateur de mode et amoureux de Séville, Nicolas Vaudelet a travaillé chez Dior, Sonia Rykiel ou encore Jean-Paul Gaultier. Apparu à Sète, où il passe son adolescence, son amour pour l’Espagne se développe à Paris, chez Christina Lacroix, sous l’influence des airs de <em>zarzuela</em> et des peintures de Zurbarán et de Goya d&rsquo;où le couturier puisait l&rsquo;inspiration pour ses collections. Plus tard, c’est en apprenant à danser les sevillanas à Paris que le coup de foudre avec Séville se produit. Décidé à partir vivre dans la capitale d’Andalousie, Nicolas saisit la chance de travailler en tant que directeur artistique pour une vénérable maison sévillane. </p>



<p>Entre Paris et sa Bretagne natale, où il vient de s’installer, Nicolas et moi divaguons au téléphone sur le rôle des écrivains et des artistes français dans l’élaboration, depuis le XIXe siècle, du mythe andalou, sur l’influence de l’Espagne dans la mode et, bien sûr, sur une ville dont les charmes (sons, parfums, couleurs) continuent de fasciner. </p>



<figure class="wp-block-audio"><audio controls src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/NicolasVadelet-Spotify-online-audio-converter.com_-1.mp3"></audio></figure>



<p></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" width="620" height="824" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/8DE812BC-5B3B-4000-8515-6FCA6438F06D_1_201_a.jpeg" alt="" class="wp-image-3840" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/8DE812BC-5B3B-4000-8515-6FCA6438F06D_1_201_a.jpeg 620w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/8DE812BC-5B3B-4000-8515-6FCA6438F06D_1_201_a-226x300.jpeg 226w" sizes="(max-width: 620px) 100vw, 620px" /><figcaption>Nicolas Vaudelet. </figcaption></figure></div>
<p>La entrada <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/nicolas-vaudelet/">Nicolas Vaudelet : « Chacun peut trouver son histoire à Séville »</a> se publicó primero en <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/">Bonjour Séville</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://bonjourseville.com/fr/nicolas-vaudelet/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>2</slash:comments>
		
		<enclosure url="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/NicolasVadelet-Spotify-online-audio-converter.com_-1.mp3" length="25831046" type="audio/mpeg" />

			</item>
		<item>
		<title>The Exvotos</title>
		<link>https://bonjourseville.com/fr/the-exvotos/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=the-exvotos</link>
					<comments>https://bonjourseville.com/fr/the-exvotos/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jul 2020 20:29:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[Artisanat]]></category>
		<category><![CDATA[Barrio de la Macarena]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[Culture andalouse]]></category>
		<category><![CDATA[Incontournable]]></category>
		<category><![CDATA[La ville]]></category>
		<category><![CDATA[Made in Séville]]></category>
		<category><![CDATA[Sevilla]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://bonjourseville.com/?p=3764</guid>

					<description><![CDATA[<p>L&#8217;autre jour, mon copain et moi avons regardé ensemble le film&#160;Ocaña, portrait intermittent&#160;(Ventura Pons, 1978). Lui, français, n&#8217;a jamais visité l&#8217;Andalousie et j&#8217;ai toujours pensé qu&#8217;Ocaña, le génial artiste queer décédé en 1983, est l&#8217;un des meilleurs médiums pour un premier contact avec la culture&#8230; <a class="read-more" href="https://bonjourseville.com/fr/the-exvotos/">Lire la suite</a></p>
<p>La entrada <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/the-exvotos/">The Exvotos</a> se publicó primero en <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/">Bonjour Séville</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>L&rsquo;autre jour, mon copain et moi avons regardé ensemble le film&nbsp;<em>Ocaña, portrait intermittent</em>&nbsp;(Ventura Pons, 1978). Lui, français, n&rsquo;a jamais visité l&rsquo;Andalousie et j&rsquo;ai toujours pensé qu&rsquo;Ocaña, le génial artiste queer décédé en 1983, est l&rsquo;un des meilleurs médiums pour un premier contact avec la culture populaire et l&rsquo;esprit andalous. À un moment du film, le peintre et agitateur de Cantillana, petit village à quelques kilomètres de Séville, affirme que l&rsquo;Andalousie est comme un «un grand tableau surréaliste&nbsp;». L’édition 2020 de la Feria de Séville n’a pas pu avoir lieu à cause de la pandémie du Covid-19. En avril, alors que la célèbre&nbsp;<em>fiesta</em>&nbsp;aurait dû être à son comble, Daniel et Luciano, The Exvotos, ont créé une pièce en céramique qui représentait une clown habillée avec la robe traditionnelle flamenca. Ce couple d&rsquo;artistes fusionnait ainsi, avec brio et spontanéité, deux aspects essentiels de la fête : la revendication du folklore et le goût de la théâtralité. «&nbsp;La vie sans humour ne va nulle part. Nous le cultivons sans le forcer, naturellement. De plus, nous pouvons être très ironiques. Notre humour est surréaliste. » Eux dans leur maison du centre de Séville et moi dans mon appartement à Paris, Daniel, Luciano et moi invoquons l&rsquo;esprit d&rsquo;Ocaña. «&nbsp;Comme la vie elle-même, l&rsquo;Andalousie n’est qu’un grand contraste : le sang et l&rsquo;or, les larmes et la couronne « , explique Luciano.</p>



<span id="more-3764"></span>



<p><strong>L&rsquo;art</strong></p>



<p>Les Exvotos sont les enfants terribles de la création sévillane. Leur travail mêle tradition et modernité et joue avec la religiosité populaire et le paganisme. Le métal, le bois et surtout la céramique se transforment sous leurs mains en pièces habitées d&rsquo;humour et de sophistication. Leurs références couvrent le Baroque et l&rsquo;Antiquité, les avant-gardes, le mysticisme et même le kitsch. Un torrent de génie andalou. «&nbsp;Nous ne recherchons pas la perfection, nous croyons beaucoup à la spontanéité. Le parfait, le symétrique, ça ne nous intéresse pas. Nous sommes attirés par l&rsquo;asymétrie, l&rsquo;impur, l&rsquo;usé. Cette merveilleuse imperfection qui finit par être doublement belle. Ce que j&rsquo;aime le plus peindre, ce sont des gens qui louchent. En fait, ce sont les pièces que nous vendons le mieux », explique Daniel. «&nbsp;Nous ne vendons pas du faux. Nous recherchons la beauté et nous avons une idée concrète de ce que nous aimons, mais nous nous laissons aussi aller à l’inspiration du moment. Il faut que ce soit frais. Nous recherchons l&rsquo;étincelle, l&rsquo;authenticité, la lumière. La lumière naturelle est la base de tout. Cela peut surprendre, mais nous n&rsquo;aimons pas l&rsquo;artifice. Par exemple, la série #lahoradelafruta, que nous publions régulièrement sur notre profil Instagram, est née d&rsquo;une habitude qui fait vraiment partie de notre quotidien. » Les Ex-Votos font de la vie une œuvre d&rsquo;art. Et pas seulement en ce qui concerne leurs pièces : être reçu dans leur atelier constitue une expérience teintée d’art de vivre à l&rsquo;andalouse et, en même temps, d&rsquo;esprit cosmopolite. Chaque visite a quelque chose d&rsquo;un rituel initiatique sous le signe du naturel et, finalement, de l&rsquo;art.</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/D09985F5-913C-4DF2-B4B9-8C0E6163EBEE-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-3776" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/D09985F5-913C-4DF2-B4B9-8C0E6163EBEE-768x1024.jpg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/D09985F5-913C-4DF2-B4B9-8C0E6163EBEE-225x300.jpg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/D09985F5-913C-4DF2-B4B9-8C0E6163EBEE-360x480.jpg 360w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/D09985F5-913C-4DF2-B4B9-8C0E6163EBEE.jpg 1537w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>



<p></p>



<p><strong>L&rsquo;atelier</strong></p>



<p>Situé au nord de la vieille ville, l&rsquo;atelier de Daniel et Luciano est un lieu de pèlerinage pour les connaisseurs. Un authentique cabinet de curiosités où, quand ils ne reçoivent de visites, le couple travaille dans une atmosphère monastique. L&rsquo;exubérance des pièces contraste avec la concentration respirée. #quieroelconvento (#onveutlecouvent) est en fait le hashtag que les Exvotos répètent le plus sur les réseaux sociaux ces derniers temps. «&nbsp;Nous sommes conventuels dans notre routine. C&rsquo;est le style de vie dont notre travail a besoin et auquel nous aspirons également : la vie des moines, axée sur la prière et le travail.&nbsp;La prière entendue comme méditation, comme un être en contact avec soi-même.&nbsp;» Daniel et Luciano mettent toute leur énergie à trouver un endroit pour atteindre cet idéal. «&nbsp;Nous voudrions une maison où le travail se confondrait avec la vie. » Après le confinement, il semble que tout le monde recherche la même chose : la demande de logements avec patio, terrasse ou jardin a explosé. «&nbsp;Pendant des années, j&rsquo;ai voulu acheter un bout d&rsquo;espace en plein air qui ne serait qu’à moi et maintenant il semble que tout le monde veut le couvent !&nbsp;», s&rsquo;exclame Luciano. « Ce que nous aimons le plus au monde est l&rsquo;horizon. Ce qui m&rsquo;émeut le plus, c&rsquo;est la&nbsp;<em>campiña</em>&nbsp;sévillane : un champs d&rsquo;oliviers, un paysage ondulé, les paysages de mon enfance, la Vega de Carmona aux environs de Séville. La nature est l&rsquo;une de nos plus grandes sources d&rsquo;inspiration. »</p>



<p><strong>La ville</strong></p>



<p>Entre le centre-ville, où ils vivent, et le quartier de la Macarena, où ils travaillent, la vie quotidienne des Exvotos se partage entre deux Séville très différents. «Nous vivons dans le Ground Zero sévillan : une ville incroyablement belle mais anonyme. Il n&rsquo;y a pas de vie de quartier, il y a peu de rapports humains. Pendant les applaudissements à 20h, nous étions peu nombreux à sortir à la fenêtre car il n’y a là-bas que des appartements touristiques qui, pendant le confinement, étaient vides. Au contraire, les quartiers de San Luis et de la Macarena, où nous avons notre atelier, conservent toujours leur personnalité », explique Luciano. «&nbsp;Séville a beaucoup changé. Quand nous sommes arrivés, c&rsquo;était une ville rêveuse, repliée sur elle-même. D&rsquo;un coup, tout a commencé à dépendre du tourisme et cela a eu des conséquences sur le prix des logements et des locaux. » Daniel ajoute : «&nbsp;Séville est très décaféinée. Nous avons connu une ville, des ambiances, qui n&rsquo;existent plus. Il reste des poches de résistance, mais il faut savoir les repérer. L&rsquo;authenticité s’est évaporée. Cela devient encore plus évident quand nous revenons dans nos villages d’origine : là-bas, on trouve toujours de la vie. » Luciano abonde : « Une ville n&rsquo;est pas seulement ses bâtiments, mais surtout ses habitants. Les touristes viennent à Séville aujourd&rsquo;hui comme s’ils&nbsp;visitaient Disneyland.&nbsp;Que je sache, personne ne vit à Disneyland, pas vrai ?&nbsp;Eh bien, dans le centre de Séville non plus. »</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="1024" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/51BB699B-0AA2-4F67-A625-8C66F15D5196-1024x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-3778" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/51BB699B-0AA2-4F67-A625-8C66F15D5196-1024x1024.jpeg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/51BB699B-0AA2-4F67-A625-8C66F15D5196-150x150.jpeg 150w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/51BB699B-0AA2-4F67-A625-8C66F15D5196-300x300.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/51BB699B-0AA2-4F67-A625-8C66F15D5196-768x768.jpeg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="1024" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/6E7B3885-5C5B-4DA4-8499-E8B5AA0E9632-1-1024x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-3788" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/6E7B3885-5C5B-4DA4-8499-E8B5AA0E9632-1-1024x1024.jpeg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/6E7B3885-5C5B-4DA4-8499-E8B5AA0E9632-1-150x150.jpeg 150w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/6E7B3885-5C5B-4DA4-8499-E8B5AA0E9632-1-300x300.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/6E7B3885-5C5B-4DA4-8499-E8B5AA0E9632-1-768x768.jpeg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/6E7B3885-5C5B-4DA4-8499-E8B5AA0E9632-1.jpeg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="1024" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/0552A5DE-E0B6-4A07-A033-D54E157D2EAA-2-1024x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-3792" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/0552A5DE-E0B6-4A07-A033-D54E157D2EAA-2-1024x1024.jpeg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/0552A5DE-E0B6-4A07-A033-D54E157D2EAA-2-150x150.jpeg 150w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/0552A5DE-E0B6-4A07-A033-D54E157D2EAA-2-300x300.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/0552A5DE-E0B6-4A07-A033-D54E157D2EAA-2-768x768.jpeg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/0552A5DE-E0B6-4A07-A033-D54E157D2EAA-2.jpeg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="1024" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/0A7F6E4D-B723-4B0E-9CA5-9B5D049957B9-1-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-3796" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/0A7F6E4D-B723-4B0E-9CA5-9B5D049957B9-1-1024x1024.jpg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/0A7F6E4D-B723-4B0E-9CA5-9B5D049957B9-1-150x150.jpg 150w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/0A7F6E4D-B723-4B0E-9CA5-9B5D049957B9-1-300x300.jpg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/0A7F6E4D-B723-4B0E-9CA5-9B5D049957B9-1-768x768.jpg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/0A7F6E4D-B723-4B0E-9CA5-9B5D049957B9-1.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p><strong>Épilogue</strong></p>



<p>«&nbsp;Nous croisons parfois La Esmeralda (célèbre transformiste sévillan des années 1980 et 1990, véritable mythe local) dans la rue (elle nous dit toujours quand elle nous voit ensemble : «&nbsp;vous êtes comme les figurines sur un gâteau de mariage&nbsp;»). Ces moments nous renvoient à ce Séville disparu. Les grandes figures comme elle n&rsquo;obtiennent pas l&rsquo;attention qu&rsquo;elles méritent. Séville peut être très négligent envers le talent local. Ocaña est parti à Barcelone et il y a rayonné. » Une fois terminées, la plupart des pièces de The Exvotos voyagent en dehors de Séville, où elles éveillent la convoitise de collectionneurs et de magazines spécialisés. Le génie que cette ville a toujours allaité continue de trouver son meilleur public ailleurs. «&nbsp;Il est vrai aussi que ces personnages géniaux ont toujours abondé en Andalousie. Ils faisaient partie de la vie de tous les jours et c&rsquo;est peut-être pour cela qu&rsquo;ils n&rsquo;étaient pas, et ne sont pas, mis en valeur comme il faudrait. »</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/25A45AA4-BD4B-48B3-A5D8-32EDB3F3A988-1-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-3794" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/25A45AA4-BD4B-48B3-A5D8-32EDB3F3A988-1-768x1024.jpg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/25A45AA4-BD4B-48B3-A5D8-32EDB3F3A988-1-225x300.jpg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/25A45AA4-BD4B-48B3-A5D8-32EDB3F3A988-1-360x480.jpg 360w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/25A45AA4-BD4B-48B3-A5D8-32EDB3F3A988-1.jpg 1537w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>
<p>La entrada <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/the-exvotos/">The Exvotos</a> se publicó primero en <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/">Bonjour Séville</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://bonjourseville.com/fr/the-exvotos/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Patricia Buffuna</title>
		<link>https://bonjourseville.com/fr/patricia-buffuna/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=patricia-buffuna</link>
					<comments>https://bonjourseville.com/fr/patricia-buffuna/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Jun 2020 14:30:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Artisanat]]></category>
		<category><![CDATA[Centre]]></category>
		<category><![CDATA[Chapeaux]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[La ville]]></category>
		<category><![CDATA[Made in Séville]]></category>
		<category><![CDATA[Shopping]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://bonjourseville.com/?p=3595</guid>

					<description><![CDATA[<p>Un ancien entrepôt de vin transformé en atelier et boutique de chapeaux. Un espace aéré et accueillant qui met en valeur les créations de Patricia. Formée à Londres, cette jeune créatrice sévillane sourit sans défaillance et transmet sa passion pour les chapeaux avec douceur et&#8230; <a class="read-more" href="https://bonjourseville.com/fr/patricia-buffuna/">Lire la suite</a></p>
<p>La entrada <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/patricia-buffuna/">Patricia Buffuna</a> se publicó primero en <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/">Bonjour Séville</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Un ancien entrepôt de vin transformé en atelier et boutique de chapeaux. Un espace aéré et accueillant qui met en valeur les créations de Patricia. Formée à Londres, cette jeune créatrice sévillane sourit sans défaillance et transmet sa passion pour les chapeaux avec douceur et délicatesse. Ses modèles puisent l&rsquo;inspiration dans le passé. « Je trouve que l&rsquo;originalité est un concept qui a pris trop d’importance. Les musiciens du Baroque jouait « à la manière de » comme une façon de rendre hommage à celui qui les avait inspirés. Aujourd’hui nous sommes obsédés par la nouveauté, tout va très vite. Je ne cherche pas à innover à tout prix. Je suis contente si j’ai réussi à développer deux ou trois idées dans mes chapeaux. J’admire les créateurs qui creusent un seul et unique concept pendant des années. »</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="1024" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2017/12/fullsizeoutput_18d0-1024x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-2799" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2017/12/fullsizeoutput_18d0-1024x1024.jpeg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2017/12/fullsizeoutput_18d0-150x150.jpeg 150w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2017/12/fullsizeoutput_18d0-300x300.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2017/12/fullsizeoutput_18d0-768x768.jpeg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>Les modèles de Patricia mélangent l&rsquo;élégance d&rsquo;antan à une sophistication empreinte de modernité. «&nbsp;J’aime tout ce qui est ancien. Quand on se penche un peu sur le passé, on se rend vite compte qu’avant il y avait beaucoup plus de modernité que de nos jours, les gens osaient davantage.&nbsp;» Antonio, son compagnon, partage ce penchant pour les temps passés puisqu’il tient une librairie de livres anciens. Travaillant tous les deux pour la tête, le libraire et la chapelière ont baptisé la maison d’une devise inspirante : <em>Antes la cabeza que el sombrero</em> (Plutôt la tête que la chapeau). Une profusion de formes et de matières habite la boutique. Patricia les façonne, une à une, de manière complètement artisanale dans l’atelier situé au fond, où les clients peuvent assister au processus de création et fabrication. Une visite qui évoque la tradition chapelière de Séville, fleurissante hier et presque disparue aujourd’hui.</p>



<p>Nos grands-parents portaient tous des chapeaux quotidiennement. Les photos anciennes nous les montrent parés de couvre-chefs de plusieurs sortes. À Séville, de nombreux fabricants fournissaient la clientèle locale et nationale. Le <em>sombrero</em> traditionnel à bords plats, porté par les cavaliers à la campagne et par les citadins, cohabitait avec des modèles internationaux. «&nbsp;Tout a changé. Nous avons une certaine pudeur à porter un chapeau. Même à Séville, où l&rsquo;on arbore toujours le <em>sombrero</em> ou des fleurs dans les cheveux lors de la Feria, les gens ont perdu l’habitude du chapeau quotidien. Il est désormais l’apanage des grands événements sociaux tels que les mariages.&nbsp;» </p>



<p>Patricia se bat patiemment pour que cette accessoire retrouve sa place dans notre quotidienneté. Toujours avec modestie et élégance, elle confectionne soigneusement, sur mesure ou en série, des pièces qu’auraient pu porter nos grands-parents, mais que les gens mettront de bon gré d’ici plusieurs années. </p>



<p><a href="https://patriciabuffuna.com">patriciabuffuna.com </a></p>



<p><a href="https://www.instagram.com/buffunahats/">@buffunahats</a></p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="900" height="601" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/05/DSC6771.jpg" alt="" class="wp-image-3579" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/05/DSC6771.jpg 900w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/05/DSC6771-300x200.jpg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/05/DSC6771-768x513.jpg 768w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /></figure>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" width="682" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/05/261B430E-9A04-4A29-B2A2-6A45063BA13F_1_201_a-682x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-3569" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/05/261B430E-9A04-4A29-B2A2-6A45063BA13F_1_201_a-682x1024.jpeg 682w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/05/261B430E-9A04-4A29-B2A2-6A45063BA13F_1_201_a-200x300.jpeg 200w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/05/261B430E-9A04-4A29-B2A2-6A45063BA13F_1_201_a-768x1152.jpeg 768w" sizes="(max-width: 682px) 100vw, 682px" /></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" width="682" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/05/86E56B05-0EA0-488E-A828-BB707BF65703_1_201_a-1-682x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-3573" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/05/86E56B05-0EA0-488E-A828-BB707BF65703_1_201_a-1-682x1024.jpeg 682w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/05/86E56B05-0EA0-488E-A828-BB707BF65703_1_201_a-1-200x300.jpeg 200w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/05/86E56B05-0EA0-488E-A828-BB707BF65703_1_201_a-1-768x1153.jpeg 768w" sizes="(max-width: 682px) 100vw, 682px" /></figure></div>
<p>La entrada <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/patricia-buffuna/">Patricia Buffuna</a> se publicó primero en <a rel="nofollow" href="https://bonjourseville.com/fr/">Bonjour Séville</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://bonjourseville.com/fr/patricia-buffuna/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
