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	<title>Centre &#8211; Bonjour Séville</title>
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	<description>Un projet sur Séville fait depuis Paris</description>
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	<title>Centre &#8211; Bonjour Séville</title>
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		<title>Historia(s) de Itaca (II)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Feb 2021 08:40:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Alameda de Hércules]]></category>
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<p><em>Cette série de textes est issue de mes conversations avec José Antonio Campillo, fondateur et propriétaire d&rsquo;Itaca, incontournable club, ouvert en 1979, de la rue Amor de Dios, à Séville. Les premières ont eu lieu par téléphone, entre Paris et Séville, en octobre 2020. Ensuite, il y a eu d&rsquo;autres rencontres en tête-à-tête dans divers cafés et bars sévillans, qui m&rsquo;ont permis de peaufiner l&rsquo;histoire du club, indissociable de celle de la vie de José Antonio et de la ville elle-même.&nbsp;Cette&nbsp;deuxième&nbsp;partie&nbsp;comprend&nbsp;aussi&nbsp;le&nbsp;témoignage&nbsp;de&nbsp;Luis&nbsp;Yanguas,&nbsp;DJ chez&nbsp;Itaca&nbsp;entre&nbsp;1988&nbsp;et&nbsp;2000.</em></p>



<p>Dans ce deuxième volet, l&rsquo;arrivée des films pornos de Paris représente un tournant radical dans l&rsquo;histoire d&rsquo;Itaca, qui, avec enthousiasme et une certaine inconscience, rejoint la vague de liberté que les années 70 déversent sur l&rsquo;Espagne.</p>



<p><strong>« Enfant, les seuls hommes à moitié à poil auxquels nous avions accès étaient les gladiateurs des films et Tarzan. Puis, au fil des années, on découvre la culture classique, l&rsquo;art grec et romain. Cette fascination pour l&rsquo;Antiquité, mais aussi pour le baroque, si présent à Séville, se trouve à l&rsquo;origine d&rsquo;Itaca. Pour boucler la boucle, lorsque j&rsquo;ai été renvoyé de l&rsquo;usine et du syndicat, le célèbre poème de Cavafis, Ithaque, si que dans un certain sens et qui rassemble de nombreux éléments du monde classique est tombé entre mes mains. C&rsquo;est ainsi qu’avec Antonio Morillo nous avons choisi le nom du petit bar que nous avons décidé d&rsquo;ouvrir rue Amor de Dios. »</strong></p>



<p>Souvent, les meilleurs moments d’une soirée de fête sont ceux qui la précèdent, quand on n’est pas encore sorti. On choisit ses vêtements, on se douche, on s&rsquo;habille, on boit une première bière et danse sur une première chanson avec le sentiment que tout est possible. Le voyage a déjà commencé. Dans le poème <em>Ithaque</em>, Constantin Cavafis nous exhorte à profiter de chaque étape du voyage, quoi qu’il soit voyage, sans trop penser à la destination finale. L&rsquo;île de la mer Ionienne qui donne son titre au poème n&rsquo;est qu&rsquo;une excuse pour prendre le large direction la vie ou simplement la nuit. « Dans les années 1970, nous avions très faim de liberté, de sexe. Tout était à faire. À cette époque, les homosexuels se cachaient pour draguer derrière les buissons dans les jardins publics ou dans les services de la gare. Il n&rsquo;y avait pas de lieux de sociabilité gay. Itaca est né avec une vocation de service, dans le but d&rsquo;être un lieu sûr de rencontre et d&rsquo;épanouissement. » De sa jeunesse au village à son implication dans la lutte ouvrière, la volonté de rapprocher, de créer une communauté, imprègne toutes les étapes de la vie de José Antonio. Portant stoïquement l’étiquette d&rsquo;homme d&rsquo;affaires LGTB (« une expression qui me pèse »), sa carrière le place bien au-dessus de ce label. Son courage et sa générosité ne comprennent pas le mot bénéfice.</p>



<p><strong>LE PREMIER ITACA</strong></p>



<p>Séville, 1979. Chaque après-midi, les homos de la ville pratiquent la fameuse <em>carrera</em> (promenade), qui s&rsquo;étale de La Campana au bar Coliseo, sur la place de la Puerta de Jerez. Seuls ou en petits groupes, ils descendent la Calle Sierpes et l&rsquo;Avenida de la Constitución à la recherche d&rsquo;un répit face à l&rsquo;oppression quotidienne. Dans la rue, ils se rencontrent, ils s&rsquo;écoutent, ils socialisent, ils s&rsquo;évadent. Depuis des années, la <em>carrera</em> est un véritable rituel, mais c&rsquo;est aussi un piège. La police guette. La <em>Ley de Peligrosidad Social</em> (Loi de la dangerosité sociale) réprime le moindre geste efféminé, tout vêtement équivoque. Il est facile de se retrouver en prison, battu et insulté. « À Séville, il y avait beaucoup de répression, beaucoup de douleur. Quand j&rsquo;ai commencé à fréquenter le milieu homosexuel, tout me semblait très sordide. Le <em>cruising</em> se pratiquait à Chapina, en bordure du Guadalquivir, une partie de la ville dangereuse à l&rsquo;époque plus à cause des voleurs que des fascistes venus <em>casser du pédé </em>; puis dans les Jardines de Murillo, un espace un peu plus sûr car plus proche du centre-ville. Tout était clandestin, comment pourrait-il en être autrement », se souvient José Antonio. Il y avait déjà quelques bars, mais ils fermaient tôt : Chandelier, Prisma, <br>Tibu… « Itaca a été conçu comme quelque chose de différent. Nous voulions offrir un espace d&rsquo;expression et de dialogue. Antonio et moi avons aménagé le bar avec quatre sous dans une ancienne marbrerie où l’on fabriquait des pierres tombales. Nous l&rsquo;avons inauguré lors de la Semana Santa de 1979. Je me souviens qu&rsquo;au fond, il y avait un rideau et derrière, ma sœur et des amis préparaient des sandwichs et des tortillas pour les clients ». Sans être ouvertement gay, le premier Itaca, au 25 de la rue Amor de Dios, s&rsquo;abreuve dans l&rsquo;esprit libertaire de l&rsquo;époque. Il convoque les intellos et les alternatifs du quartier de l&rsquo;Alameda de Hércules, « les romantiques de l’anarchisme » : antiquaires, comédiens, céramistes et peintres qui fréquentent le marché aux puces du dimanche matin et forment une communauté vivante et engagée dans la Séville du moment. On y parle art, sexe, Concha Piquer (1). « La ville avait besoin d’un lieu de ce type, d&rsquo;un espace où l&rsquo;on puisse socialiser, générer des courants d&rsquo;opinion et du débat. J&rsquo;encourageait cette approche culturelle et alternative. Nous avons organisé des expositions d&rsquo;artistes tels que Juan Luis Aguado ou Rafael Abad Mejías et des lectures de poésie, au cours desquelles nous étions tous allongés sur des coussins par terre, fumant ce que l’on fumait à l&rsquo;époque. La Alameda a toujours été le quartier phare de la contestation et je pense que l’importance de l’activité de ses habitants au cours de ces années-là n’a pas été suffisamment soulignée. Par exemple, la première tentative de carnaval, interdit après la Guerre civile, a été organisée par les habitants du quartier. Bien qu&rsquo;avec moins d&rsquo;impact médiatique, cela a plus fait exploser les codes de l&rsquo;époque que la manifestation de 1978, cette première tentative de Gay Pride. »</p>



<figure class="wp-block-image"><img width="789" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/02/FF23BD38-A010-4787-98B2-1EA3CA1AC681_1_201_a-789x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-4947" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/02/FF23BD38-A010-4787-98B2-1EA3CA1AC681_1_201_a-789x1024.jpeg 789w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/02/FF23BD38-A010-4787-98B2-1EA3CA1AC681_1_201_a-231x300.jpeg 231w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/02/FF23BD38-A010-4787-98B2-1EA3CA1AC681_1_201_a-768x996.jpeg 768w" sizes="(max-width: 789px) 100vw, 789px" /><figcaption>Amor de Dios, 25: première adresse d&rsquo;Itaca. </figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="696" height="403" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/02/FEA7D2AE-2786-472B-9C50-999ABB3B25E4.jpeg" alt="" class="wp-image-4926" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/02/FEA7D2AE-2786-472B-9C50-999ABB3B25E4.jpeg 696w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/02/FEA7D2AE-2786-472B-9C50-999ABB3B25E4-300x174.jpeg 300w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption>Constantin Cavafis.</figcaption></figure>



<p><strong>ET LE PORNO</strong> <strong>ARRIVA</strong>  </p>



<p>Mais la vraie bombe arrive depuis Paris. Environ trois ans après l&rsquo;ouverture du bar, un ami commence à envoyer des films porno gay de la capitale française. Chaque soir, ils sont projetés à huis clos à un groupe d&rsquo;intimes. Le système VHS ne s&rsquo;est pas encore répandu : les films arrivent à Séville sous forme de bobines. Le cinéma X de l&rsquo;époque, qui, vu aujourd’hui, a l&rsquo;air quelque peu innocent et naïf, reflète néanmoins l&rsquo;enthousiasme, l&rsquo;audace que les mouvements de libération homosexuelle ont fait fleurir dans le monde depuis la fin des années 1960 et jusqu&rsquo;à l&rsquo;arrivée du sida. Le film <em>Un couteau dans le cœur (</em>2018, Yann Gonzalez) dépeint l&rsquo;industrie française de la production de porno gay au moment où Itaca ouvre ses portes. Le personnage principal, joué par Vanessa Paradis, est inspiré d&rsquo;Anne-Marie Tensi, la mystérieuse réalisatrice et productrice dont les films, tournés sous un pseudonyme et pour la plupart disparus, constituent aujourd&rsquo;hui des œuvres de culte. Qui sait si l&rsquo;un d&rsquo;entre eux n&rsquo;a pas été projeté lors de ces soirées à Itaca ? « Le succès a été immédiat. Nous avons commencé à projeter les films après la fermeture, entre amis, mais la rumeur s&rsquo;est rapidement répandue et très vite les gens demandaient à rester voir par eux-mêmes ce qui s&rsquo;y passait. Ils ont commencé à me demander d&rsquo;avancer l’heure de projection. Cela a fini par être un <em> totum revultum </em> d&rsquo;amis, de couples, de célibataires. Certains se chauffaient en regardant le porno ; d&rsquo;autres prenaient simplement un verre et regardaient. Tout était vécu très naturellement. » Luis Yanguas se souvient comment on a commencé à parler « d&rsquo;un bar<em> </em>rue Amor de Dios où l’on passait des films porno. Il faut savoir que, mis à part les bars pour homos à l&rsquo;ancienne, il y avait peu d&rsquo;offre à Séville. Seuls Trastamara et Metal, rue Jesús del Gran Poder, affichaient certaines velléités de modernité. Itaca a fini par s&rsquo;imposer aux deux ». Cependant la situation se complique : de plus en plus de gens viennent attirés par les films X et José Antonio doit gérer différents types de public. Il décide alors de fermer pour réfléchir. C&rsquo;est pendant cet intérim que s&rsquo;allume la flamme d&rsquo;Itaca, de cet esprit libre et osé qui marquera toute une génération. « On s&rsquo;est rendu compte que le porno, et plus tard le <em>backroom</em>, participaient de cette volonté initiale de rendre service. Nous voulions libérer la répression latente qui existait dans la ville, faire sortir les pédés de l&rsquo;ombre et de la clandestinité. Le succès de ces projections nous a décidés à poursuivre sur cette voie et, en plus, nous a aidés à être plus honnêtes avec nous-mêmes. C&rsquo;est quelque chose qui s’est imposé. Nous voulions aussi nous amuser, nous en avions besoin à l’époque. » Et José Antonio me fait un clin d’œil par dessus sa tasse de café. Itaca, qui n&rsquo;est pas encore une discothèque, rouvre après de petits travaux : portes peintes en rose, rideaux en dentelle, lampes en osier, tapis, coussins et une lune et un soleil en papier mâché. La projection de cinéma X fait officiellement partie de l’offre du bar. « Nous avons osé institutionnaliser cette partie du projet, mais avec beaucoup de soin. A Séville, on baise même dans la sacristie mais la devise est <em> Fais ce que tu veux sans te faire remarquer </em>. Nous avons été très prudents dès le début. La police faisait des descentes constantes dans les bars de Marqués de Paradas. Quoi qu&rsquo;il en soit, il était clair que la ville était prête pour un endroit comme Itaca. » Cependant, une partie de la clientèle potentielle du bar n&rsquo;ose toujours pas franchir ses portes. José Antonio observe certains garçons qui, nuit après nuit, passent sans se décider à entrer. Victimes d&rsquo;une homophobie sauvage, ils rôdent rue l&rsquo;Amour de Dieu à la recherche du courage de franchir le pas. Manolo est l&rsquo;un d&rsquo;entre eux. Son air timide attire l&rsquo;attention de José Antonio, qui le fait délicatement sentir en sécurité et l&rsquo;invite à entrer. Après une série de rendez-vous, de discussions, d&rsquo;évidences, ils finissent par faire l&rsquo;amour une nuit dans le bar, quand tous les clients sont partis. Manolo, « avec son sourire éternel et sa capacité infinie pour l’empathie », sera une partie essentielle du projet, ainsi qu&rsquo;un partenaire de vie jusqu’a aujourd&rsquo;hui.</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="932" height="582" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/02/014526DD-2292-4091-8D44-F102724AE6B4.jpeg" alt="" class="wp-image-4942" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/02/014526DD-2292-4091-8D44-F102724AE6B4.jpeg 932w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/02/014526DD-2292-4091-8D44-F102724AE6B4-300x187.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/02/014526DD-2292-4091-8D44-F102724AE6B4-768x480.jpeg 768w" sizes="(max-width: 932px) 100vw, 932px" /><figcaption>Vanessa Paradis dans <em>Un couteau dans le cœur&nbsp;(</em>2018, Yann Gonzalez).</figcaption></figure>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" width="14176" height="19008" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/02/Numériser-10.jpeg" alt="" class="wp-image-4937"/><figcaption><em>Fiesta romana à</em> Itaca, années 1990 (photo José Antonio Campillo). </figcaption></figure></div>



<p>Cette nouvelle étape d&rsquo;Itaca assiste à la naissance d&rsquo;un de ses éléments distinctifs, indissociable de l&rsquo;aura de subversion et de légende que l&rsquo;espace va acquérir au fil des ans. Au fond du bar, à côté des toilettes, se trouve l&rsquo;entrepôt, un petit espace rempli de cartons avec des bouteilles. Un soir, José Antonio décide de le laisser ouvert, la lumière éteinte. « À la sortie des toilettes, certains garçons ont commencé à y entrer spontanément. Ça a été le premier <em>backroom</em> d&rsquo;Itaca. Il est arrivé un moment où certains passaient d’un espace à l&rsquo;autre sans ranger leur bite. Tout cela était très évident mais, comme avec les projections, personne ne semblait choqué ». À cette époque, la ville et l&rsquo;homme s&rsquo;écoutent et se comprennent de mieux en mieux : Séville demande du <em>fun</em> et de la liberté et José Antonio lui offre un espace où les cultiver et, en même temps, où exorciser ses démons à lui. Cependant, l&rsquo;âge d&rsquo;or d&rsquo;Itaca est encore à venir. Celui qui verra Cléopâtre débarquer recouverte de voiles et portée sur son trône ; celui qui fera de la discothèque de la rue Amor de Dios un lieu de pèlerinage pour les homosexuels d&rsquo;Espagne et d&rsquo;Europe, qui viendront à Séville visiter l&rsquo;Alcazar, la cathédrale et sa piste de danse.</p>



<p><em><strong>Alameda ma&nbsp;belle</strong></em></p>



<p>Le documentaire <em>La Alameda</em>, tourné en 1978 par Juan Sebastián Bollaín, parcourt le quartier et le moment où Itaca apparaît sur la scène. Objet de désir maltraité, profané, le quartier apparaît dans les images en noir et blanc dévoré par les voitures et la crasse. L&rsquo;énorme trou des travaux du métro perce son centre comme une plaie ouverte. Les maisons traditionnelles, à moitié en ruines, cohabitent avec les constructions neuves, filles des excès de l&rsquo;immobilier que dénonce le documentaire. Il ne reste guère rien à cette époque du lieu de récréation, avec ses kiosques, ses fontaines, ses théâtres et ses cinémas en plein air qu’a été le quartier jusqu&rsquo;à la Guerre civile. L&rsquo;illustre empreinte du flamenco a également disparu. Le temps a balayé des lieux mythiques tels Los Majarones ou Las Siete Puertas. Le quartier est, dans les années 1970, un corps affligé d&rsquo;innombrables maux : misère, crime, spéculation … Mais c&rsquo;est aussi un organisme très vivant. La protestation et la créativité imprègnent ses rues et le marché aux puces du dimanche est une agora de liberté. Le carnaval renaît de ses cendres à la fin de la décennie grâce à des artistes comme le visionnaire Ocaña et à un voisinage actif et impliqué. Il est logique qu&rsquo;Itaca s&rsquo;installe alors dans ce quartier de la ville où plaisir et revendication, culture et liberté ont toujours été main dans la main. </p>



<p><strong>Livres</strong></p>



<p>Constantino Cavafis, <em>Poesía completa</em>, Visor, 2003. </p>



<p>Miguel A. Domínguez Pérez, José María Marchante, Francisco A. Macera Garfia, <em>Origen del movimiento LGTB en Sevilla</em>, Punto Rojo, 2019. </p>



<p>Jordi Costa, <em>Cómo acabar con la contracultura</em>, Taurus, 2018.</p>



<p>Juan Ramon Barbancho, Pablo Morterero, <em>Lo personal es politico. Historia del activismo homosexual en Andalucia,&nbsp;</em>Diputación de Cadiz, 2019.</p>



<p><strong>Films</strong></p>



<p><em>Un couteau dans le cœur</em>, Yann Gonzalez, 2018.</p>



<p><em>La Alameda</em>, Juan Sebastián Bollaín, 1978. </p>



<p><br></p>
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		<title>Ramitos</title>
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		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Jan 2021 16:31:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Centre]]></category>
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<p>Séville est une ville à fleurs bien que les gens n&rsquo;aient pas l&rsquo;habitude d&rsquo;en ramener chez eux. Les fleurs ornent les jardins, les balcons et les autels des églises. On les retrouve également dans les métaphores et dans les chansons dédiées à la ville. Le Sévillan dépense peu d&rsquo;argent en fleurs. Peut-être qu’il ne voit pas l’intérêt de payer pour quelque chose qui est beau mais aussi destiné à disparaître en peu de temps. Peut-être en a-t-il assez avec l&rsquo;explosion fleurie du printemps et de la Semaine Sainte. Cette relation complexe entre la ville et les fleurs se reflète dans l&rsquo;histoire de Ramitos. « Aujourd&rsquo;hui, on vend bien plus qu&rsquo;avant, sans toutefois atteindre le volume facturé dans d&rsquo;autres pays européens. Le sévillan a voyagé et a apporté des habitudes qui existaient déjà ailleurs. Avant, la fleur coupée était un article de luxe, accessible uniquement aux familles riches, aux hôtels et aux confréries. À Séville, les fleurs étaient vendues en pots, achetés dans des pépinières et accrochés dans les patios et les balcons. Cela a toujours existé. » Manuel Ramos (<em>ramo</em>&nbsp;veut&nbsp;dire bouquet de fleurs en espagnol) est l&rsquo;avant-dernier maillon de cette saga de fleuristes qui travaille dans le quartier de La Encarnación depuis les années 1920. Sa fille, María, a déjà accepté&nbsp;de reprendre<strong>&nbsp;</strong>le témoin et travaille dans les petits locaux que la famille gère à l’angle des rues José Gestoso et Misericordia.</p>



<p>Le grand-père Manuel est arrivé à Séville, de la province de Cadix, on ne sait pas quand. Personnage mystérieux, son esprit joyeux et entrepreneur est cependant resté dans les chroniques de l&rsquo;ancien marché de La Encarnación, où il a pris un stand de fleurs en 1920. À 19 ans, son fils prend les rênes du petit négoce et hérite du surnom Ramitos. « Mon grand-père s&rsquo;approvisionnait dans les jardins de la ville<strong>&nbsp;;&nbsp;</strong>les pépiniéristes n&rsquo;existaient pas à cette époque. La Macarena, par exemple, était jusqu&rsquo;à il y a un siècle un quartier de vergers et de jardins. Mon père a déjà connu la production qui venait de l&rsquo;étranger&nbsp;<strong>:&nbsp;</strong>d&rsquo;abord de Barcelone et de Grenade<strong>&nbsp;;&nbsp;</strong>puis d&rsquo;Almería. L&rsquo;offre était assez limitée, selon les saisons<strong>&nbsp;:</strong>&nbsp;œillets, roses, glaïeuls, chrysanthèmes, anémones. Puis Chipiona, ce petit village sur la côte de Cadix, est arrivé et a fini par monopoliser le marché.&nbsp;» Au début des années 70, la famille s&rsquo;installe dans un minuscule kiosque derrière le marché. « Mon père était complètement consacré à son travail. Il s’occupait des arrangements floraux de 25 confréries de la ville. Il passait toute la journée à parcourir les églises de la ville, à faire des livraisons. Nous lui apportions le déjeuner et il mangeait debout sur une planche qu&rsquo;il plaçait au-dessus d’une benne. Le travail avait alors un aspect plus humain, plus proche des gens. J&rsquo;ai passé de nombreuses heures au kiosque et je me souviens, par exemple, des discussions avec les commerçants du marché. Aujourd&rsquo;hui, on n’a pas le temps pour ces moments.&nbsp;»</p>



<p>Dans un rapport publié dans le journal&nbsp;<em>Ahora</em>&nbsp;en 1935, Manuel Cháves Nogales écrit à propos de la Semaine Sainte : « À Séville, il n&rsquo;y a que deux ou trois fleuristes capables d’arranger correctement les fleurs d’un&nbsp;<em>paso&nbsp;</em>(1). L&rsquo;un d&rsquo;eux est le jardinier de l&rsquo;hôpital de la Caridad. Ces artistes de la fleur commencent leur travail la veille de la sortie en procession de la confrérie. (&#8230;) Un bouquet de fleurs à la main, parfois juste un minuscule bouton de fleur d&rsquo;oranger entre le pouce et l&rsquo;index, l&rsquo;artiste de la fleur, face au&nbsp;<em>paso</em>, regarde et regarde à nouveau, s&rsquo;approche, recule, incline la tête, monte sur la structure, descend et se concentre, comme un illuminé, avant d’appliquer la légère touche d&rsquo;une fleur. » Le fleuriste est-il un artiste ? En France, ils sont considérés comme des artisans. « Vendre des fleurs n&rsquo;est pas la même chose que faire des créations florales. Habiller un <em>paso</em> de Semaine Sainte, une église ou simplement une pièce demande sensibilité et créativité. Mon grand-père et mon père étaient autodidactes : ils se sont formés à base d&rsquo;observation et de critère. Ma fille et moi avons étudié aux écoles d&rsquo;art floral de Madrid et de Bollullos. Le métier de fleuriste a évolué, il est devenu plus sophistiqué avec le temps. Avant, c&rsquo;était beaucoup plus dur, plus physique.&nbsp;» Recouvrir<strong>&nbsp;</strong>de fleurs la surface d’un&nbsp;<em>paso</em>&nbsp;était autrefois un travail de&nbsp;titan. Les fleurs étaient plantées une à une dans de l’<em>herbe de cerisier</em>, c&rsquo;est-à-dire les branches, les tiges et les feuilles qui gardaient la fraîcheur de ce fruit pendant son transport en été et qui, au printemps, avaient eu le temps de sécher. Bien compactée, cette matière végétale était moulée et retenue en passant plusieurs rangées de fils de fer dessus. C&rsquo;était le support dans lequel les œillets étaient plantés. Chaque fleur était attachée à un morceau de canne avec un bout de fil de fer, obtenu en brûlant de vieux matelas et en enlevant les ressorts. L&rsquo;extrémité du roseau était aiguisée pour obtenir une sorte de fleur-dague qui, enfoncée une à une, recouvrait la surface. Tout était réutilisé. Un véritable exemple d&rsquo;ingéniosité, de savoir-faire et de recyclage. Un&nbsp;<em>paso&nbsp;de Cristo</em> est recouvert de 250 douzaines d&rsquo;œillets.</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="1024" height="727" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2017/04/fullsizeoutput_caf-1024x727.jpeg" alt="" class="wp-image-743" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2017/04/fullsizeoutput_caf-1024x727.jpeg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2017/04/fullsizeoutput_caf-300x213.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2017/04/fullsizeoutput_caf-768x545.jpeg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption><em>Paso de Cristo</em> recouvert d’œillets lors de la Semana Santa.</figcaption></figure>



<p>Après la construction de Las Setas, les célèbres champignons géants qui, en 2011, ont transformé le centre historique de la ville, Ramitos a quitté la coopérative du marché et s&rsquo;est installé dans les locaux qu&rsquo;il occupe encore aujourd&rsquo;hui. De là sort toute la décoration florale, soigneusement sélectionnée et composée, pour la cathédrale et pour la confrérie de la Macarena. Le gros du négoce vient toujours des confréries : il faut décorer les églises pour les événements signalés. La période la plus chargée de travail reste la Semaine Sainte. « Mon grand-père et mon père ont dû employer du personnel supplémentaire pendant cette semaine. Tout était beaucoup plus laborieux. Dans les années 80, la mousse est apparue, ce qui permet d<strong>&lsquo;</strong>enfoncer directement la fleur, et tout est devenu plus simple. J’ai un peu la nostalgie du passé, c&rsquo;était beau,&nbsp;l&rsquo;ambiance et les liens qui se créaient lors de la décoration d’un&nbsp;<em>paso</em>. Mais c&rsquo;était aussi une vraie corvée.&nbsp;» Et le Sévillan ? Qu&rsquo;est-ce que le client particulier achète ? Beaucoup de tubéreuse en saison et des marguerites toute l&rsquo;année. « Le sévillan continue d&rsquo;acheter plus de plantes que de fleurs&nbsp;coupées&nbsp;car il veut que cela dure éternellement. Cela, évidemment, est assez irréaliste », plaisante Manuel en coupant des œillets blancs.&nbsp;</p>



<p>(1) Large plate-formes de bois brut décorées et fleuries sur lesquelles sont portées en procession les sculptures du Christ et de la Vierge. </p>



<p>Ramitos, calle Misericordia 2. </p>
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		<title>Almacenes Pérez Cuadrado</title>
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		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Oct 2020 18:40:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Centre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>«&#160; Je dois passer rue José Gestoso m&#8217;acheter des sous-vêtements.&#160;» À Séville, on est nombreux à avoir prononcé cette phrase plus d’une fois le long de notre vie. Depuis les années 1960, les magasins Pérez Cuadrado approvisionnent la ville en sous-vêtements. Plusieurs générations ont franchi&#8230; <a class="read-more" href="https://bonjourseville.com/fr/almacenes-perez-cuadrado/">Lire la suite</a></p>
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<p>«&nbsp; Je dois passer rue José Gestoso m&rsquo;acheter des sous-vêtements.&nbsp;» À Séville, on est nombreux à avoir prononcé cette phrase plus d’une fois le long de notre vie. Depuis les années 1960, les magasins Pérez Cuadrado approvisionnent la ville en sous-vêtements. Plusieurs générations ont franchi sa porte, entretenant une habitude qui passe souvent de pères, ou plutôt de mère, en fils.</p>



<span id="more-4039"></span>



<p>L&rsquo;histoire commence en 1944. Le 2 janvier de cette année, trois associés, Francisco Ledesma et Luis et Rafael Pérez Cuadrado, ouvrent une boutique au rez-de-chaussée d&rsquo;une maison du XVIIIe siècle rue José Gestoso, en plein cœur de Séville. La cour, dont les colonnes en marbre de Gênes portent les armoiries de la famille qui a construit la demeure, se remplit alors de comptoirs et d&rsquo;étagères en bois. Ce premier établissement vend de tout : laine, papier, boutons, fil … Le lien entre la ville et la nouvelle adresse s&rsquo;est renforcé tout au long de ces années où le magasin a non seulement proposé des articles à vendre, mais aussi a offert du contact humain et a renforcé le sentiment de communauté du quartier. Rafael Pérez, fils de Luis et actuel propriétaire de l&rsquo;établissement, m&rsquo;explique que, sans vitrine donnant sur la rue, la réputation de l&rsquo;entreprise s&rsquo;est toujours bâtie sur le bouche à oreille. Les bons prix et la qualité du produit proposé ont fait le reste. Certains clients demandent aujourd&rsquo;hui à être servis par le même vendeur qui a connu leur mère ou même leur grand-mère. Cette composante affective colore les relations entre l&rsquo;établissement et sa clientèle, venue des quartiers ou des villages de la région pour acheter sous-vêtements, linge pour la maison ou articles de parfumerie. L&rsquo;équipe de vendeurs, entièrement masculine, conseille patiemment une clientèle composée presque exclusivement de femmes accompagnées de leur mari ou de leurs enfants. L&rsquo;inversion des rôles (vendeuse-femme, client-homme) est une marque de la maison depuis le début, confirme Rafael. Sa mère, Pepita, a présidé l&rsquo;entreprise pendant des années; aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est sa fille, Ángela, qui prend progressivement les rênes de l&rsquo;établissement.</p>



<p>Visiter Pérez Cuadrado est en quelque sorte un voyage dans le temps. Les meubles d&rsquo;origine (comptoirs, étagères) sont toujours là, gardés par les colonnes du patio. Les marques classiques  (slips Abanderado, eau de Cologne Instituto Español) sont toujours vendues malgré les années. À Noël, les clients font la queue pour acheter leurs cadeaux. Cependant, ce voyage ne s&rsquo;arrête pas dans le passé. Simplement, il y cueille ses meilleurs fruits (authenticité, proximité, identité) pour les projeter dans le futur: Pérez Cuadrado et les établissements de sa lignée représentent l&rsquo;avenir qui devrait être. Le type de ville qui devrait revenir.</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/10/DB4FF698-60C5-4E29-AA7E-3696C1F91A32-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-4010" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/10/DB4FF698-60C5-4E29-AA7E-3696C1F91A32-768x1024.jpg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/10/DB4FF698-60C5-4E29-AA7E-3696C1F91A32-225x300.jpg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/10/DB4FF698-60C5-4E29-AA7E-3696C1F91A32-360x480.jpg 360w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/10/DB4FF698-60C5-4E29-AA7E-3696C1F91A32.jpg 1537w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption><br></figcaption></figure>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" width="1024" height="683" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/10/1C0390D2-6543-460B-8F7C-C5A8EBEAA2FC-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-4018" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/10/1C0390D2-6543-460B-8F7C-C5A8EBEAA2FC-1024x683.jpeg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/10/1C0390D2-6543-460B-8F7C-C5A8EBEAA2FC-300x200.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/10/1C0390D2-6543-460B-8F7C-C5A8EBEAA2FC-768x512.jpeg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/10/53B45EDB-BB89-43D6-BFB9-823BA5E0E8AF-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-4020" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/10/53B45EDB-BB89-43D6-BFB9-823BA5E0E8AF-768x1024.jpg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/10/53B45EDB-BB89-43D6-BFB9-823BA5E0E8AF-225x300.jpg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/10/53B45EDB-BB89-43D6-BFB9-823BA5E0E8AF-360x480.jpg 360w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/10/53B45EDB-BB89-43D6-BFB9-823BA5E0E8AF.jpg 1537w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure></div>
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		<title>Patricia Buffuna</title>
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		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Jun 2020 14:30:03 +0000</pubDate>
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<p>Un ancien entrepôt de vin transformé en atelier et boutique de chapeaux. Un espace aéré et accueillant qui met en valeur les créations de Patricia. Formée à Londres, cette jeune créatrice sévillane sourit sans défaillance et transmet sa passion pour les chapeaux avec douceur et délicatesse. Ses modèles puisent l&rsquo;inspiration dans le passé. « Je trouve que l&rsquo;originalité est un concept qui a pris trop d’importance. Les musiciens du Baroque jouait « à la manière de » comme une façon de rendre hommage à celui qui les avait inspirés. Aujourd’hui nous sommes obsédés par la nouveauté, tout va très vite. Je ne cherche pas à innover à tout prix. Je suis contente si j’ai réussi à développer deux ou trois idées dans mes chapeaux. J’admire les créateurs qui creusent un seul et unique concept pendant des années. »</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="1024" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2017/12/fullsizeoutput_18d0-1024x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-2799" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2017/12/fullsizeoutput_18d0-1024x1024.jpeg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2017/12/fullsizeoutput_18d0-150x150.jpeg 150w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2017/12/fullsizeoutput_18d0-300x300.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2017/12/fullsizeoutput_18d0-768x768.jpeg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>Les modèles de Patricia mélangent l&rsquo;élégance d&rsquo;antan à une sophistication empreinte de modernité. «&nbsp;J’aime tout ce qui est ancien. Quand on se penche un peu sur le passé, on se rend vite compte qu’avant il y avait beaucoup plus de modernité que de nos jours, les gens osaient davantage.&nbsp;» Antonio, son compagnon, partage ce penchant pour les temps passés puisqu’il tient une librairie de livres anciens. Travaillant tous les deux pour la tête, le libraire et la chapelière ont baptisé la maison d’une devise inspirante : <em>Antes la cabeza que el sombrero</em> (Plutôt la tête que la chapeau). Une profusion de formes et de matières habite la boutique. Patricia les façonne, une à une, de manière complètement artisanale dans l’atelier situé au fond, où les clients peuvent assister au processus de création et fabrication. Une visite qui évoque la tradition chapelière de Séville, fleurissante hier et presque disparue aujourd’hui.</p>



<p>Nos grands-parents portaient tous des chapeaux quotidiennement. Les photos anciennes nous les montrent parés de couvre-chefs de plusieurs sortes. À Séville, de nombreux fabricants fournissaient la clientèle locale et nationale. Le <em>sombrero</em> traditionnel à bords plats, porté par les cavaliers à la campagne et par les citadins, cohabitait avec des modèles internationaux. «&nbsp;Tout a changé. Nous avons une certaine pudeur à porter un chapeau. Même à Séville, où l&rsquo;on arbore toujours le <em>sombrero</em> ou des fleurs dans les cheveux lors de la Feria, les gens ont perdu l’habitude du chapeau quotidien. Il est désormais l’apanage des grands événements sociaux tels que les mariages.&nbsp;» </p>



<p>Patricia se bat patiemment pour que cette accessoire retrouve sa place dans notre quotidienneté. Toujours avec modestie et élégance, elle confectionne soigneusement, sur mesure ou en série, des pièces qu’auraient pu porter nos grands-parents, mais que les gens mettront de bon gré d’ici plusieurs années. </p>



<p><a href="https://patriciabuffuna.com">patriciabuffuna.com </a></p>



<p><a href="https://www.instagram.com/buffunahats/">@buffunahats</a></p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="900" height="601" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/05/DSC6771.jpg" alt="" class="wp-image-3579" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/05/DSC6771.jpg 900w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/05/DSC6771-300x200.jpg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/05/DSC6771-768x513.jpg 768w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /></figure>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" width="682" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/05/261B430E-9A04-4A29-B2A2-6A45063BA13F_1_201_a-682x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-3569" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/05/261B430E-9A04-4A29-B2A2-6A45063BA13F_1_201_a-682x1024.jpeg 682w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/05/261B430E-9A04-4A29-B2A2-6A45063BA13F_1_201_a-200x300.jpeg 200w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/05/261B430E-9A04-4A29-B2A2-6A45063BA13F_1_201_a-768x1152.jpeg 768w" sizes="(max-width: 682px) 100vw, 682px" /></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" width="682" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/05/86E56B05-0EA0-488E-A828-BB707BF65703_1_201_a-1-682x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-3573" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/05/86E56B05-0EA0-488E-A828-BB707BF65703_1_201_a-1-682x1024.jpeg 682w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/05/86E56B05-0EA0-488E-A828-BB707BF65703_1_201_a-1-200x300.jpeg 200w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/05/86E56B05-0EA0-488E-A828-BB707BF65703_1_201_a-1-768x1153.jpeg 768w" sizes="(max-width: 682px) 100vw, 682px" /></figure></div>
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		<title>Ana Salas</title>
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		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jan 2020 12:55:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La maison d&#8217;Ana Salas en banlieue de Séville est inondée de lumière. Une grande cour intérieure l&#8217;envoie dans toutes les pièces. La décoration, simple et efficace, la laisse couler partout. Cela suffit. L&#8217;espace presque vide des meubles semble vibrer. Au dernier étage, l&#8217;atelier de cette&#8230; <a class="read-more" href="https://bonjourseville.com/fr/ana-salas/">Lire la suite</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>La maison d&rsquo;Ana Salas en banlieue de Séville est inondée de lumière. Une grande cour intérieure l&rsquo;envoie dans toutes les pièces. La décoration, simple et efficace, la laisse couler partout. Cela suffit. L&rsquo;espace presque vide des meubles semble vibrer. Au dernier étage, l&rsquo;atelier de cette céramiste est également baigné par la lumière. Là-haut, elle moule délicatement la porcelaine avec laquelle elle confectionne ses bijoux et sa vaisselle. À l&rsquo;instar de la maison, les créations d&rsquo;Ana utilisent un minimum de ressources pour réussir une présence subtile mais poétique et évocatrice, aérienne et ouverte à toutes les possibilités. Les formes sont simples, parfois enfantines. Les ornements sont réduits à des lignes dorées et des points presque aléatoires. Libres de tout effectisme, les pièces (broches, pendentifs, soucoupes, bols &#8230;) se laissent appréhender sans s&rsquo;imposer, s&rsquo;imprégnant de la vision de chacun. « Des bijoux pour les gens qui n&rsquo;aiment pas en porter. »&nbsp;Cela semble facile. Et pourtant, derrière cette simplicité, il y a un vrai travail de réflexion.</p>



<p>Après une formation approfondie en céramique, Ana a renforcé son apprentissage en Italie. Avec cette base solide, l’artiste a affiné son style en combinant liberté créative et inspiration dans d’autres traditions, toujours à l’écart des tendances du moment. La délicatesse de ses pièces évoque plutôt l&rsquo;esthétique wabi-sabi, ce courant d&rsquo;origine japonaise qui cherche la beauté dans le simple et l&rsquo;imparfait. Ainsi, ses créations portent parfois l&#8217;empreinte de ses mains ou les coups de pinceau du vernis comme témoignage du processus de fabrication. C&rsquo;est une porcelaine organique, à l&rsquo;extrémité opposée des pièces produites en série et aux finitions parfaites. Ici, chaque bague, boucle d&rsquo;oreille ou bol semble tout droit sorti de l&rsquo;atelier, à la fois fini et inachevé, simple mais aussi sophistiqué. Avec cet esprit japonais, l&rsquo;influence de l&rsquo;esthétique scandinave se retrouve également dans certaines de ces pièces. De plus, chaque collection d&rsquo;Ana Salas porte son propre nom, faisant référence aux expériences et à la personnalité de cette artiste libre, unique à Séville.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" width="1024" height="683" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG_9954-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-2573" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG_9954-1024x683.jpg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG_9954-300x200.jpg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG_9954-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" width="683" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG_9950-e1577892893200-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-2575" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG_9950-e1577892893200-683x1024.jpg 683w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG_9950-e1577892893200-200x300.jpg 200w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG_9950-e1577892893200-768x1152.jpg 768w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /></figure></div>



<p>Quand on visite la boutique de la rue de Zaragoza, on perçoit immédiatement la cohérence entre la vie et le travail d&rsquo;Ana. Comme chez elle, les ressources, savamment sélectionnées, se réduisent au minimum. Le mobilier, entre simplicité et esprit rétro, servent de cadre aux pièces, sans jamais les éclipser. Tout est arrangé avec soin. On ne peut pas entrer dans cet endroit si on est pressé: on découvre progressivement chaque bague, chaque fermoir. Dispersée dans tout l&rsquo;espace, chaque création se dévoile lentement, quand on prend le temps de s’en approcher et de regarder. « Des bijoux silencieux. » Ana Salas sait bien que discrétion et élégance vont de pair. Son dialogue avec la porcelaine (elle travaille parfois dans le petit atelier installé dans un coin de la boutique) produit un monde vulnérable, léger et en même temps très présent. Comme la lumière.</p>



<p>Ana Salas vend ses créations dans son magasin de la rue Zaragoza et, en décembre, au marché de Noël de la Plaza Nueva.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG_1159-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-2577" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG_1159-768x1024.jpg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG_1159-225x300.jpg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG_1159-360x480.jpg 360w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure></div>



<p></p>
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		<title>Le voilà</title>
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		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Nov 2019 15:07:30 +0000</pubDate>
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<p>Un jour, je suis passé devant et j&rsquo;ai décidé d&rsquo;entrer : <a href="https://levoila.es">Le voilà</a>, un nom très français, clair et direct. L&rsquo;espace a conservé le revêtement originel en <em>azulejos</em> (un trésor à Séville par les temps qui courent), ainsi que la fresque du plafond. Penélope, la créatrice de la marque, m&rsquo;a expliqué qu&rsquo;il s&rsquo;agissait de la salle de lecture d&rsquo;une ancienne maison seigneuriale et qu&rsquo;elle l&rsquo;avait d&rsquo;abord louée pour y installer son atelier. Comment présenter Penélope ? Peut-être comme un mélange de proximité et de sophistication, de désinvolture et d&rsquo;intellectualité ? Pénélope habite à l&rsquo;endroit où la calle Feria rejoint le boulevard Saint-Germain. Cette créatrice sévillane est une véritable femme de la Renaissance qui, depuis son enfance, n’a cessé d’explorer différentes techniques de fabrication d’objets avec ses mains. Après avoir obtenu son diplôme en philosophie et travaillé pendant plusieurs années dans une maison d&rsquo;édition, elle a commencé à fabriquer des bijoux, des sacs et d&rsquo;autres accessoires pour des commandes ponctuelles ou des cadeaux. Penélope note sur son portable les idées qui lui surgissent tout au long de la journée (et de la nuit). Ignorant toujours les tendances, sa créativité semble sans répit.</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/IMG_0483-2-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-2448" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/IMG_0483-2-768x1024.jpg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/IMG_0483-2-225x300.jpg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/IMG_0483-2-360x480.jpg 360w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>



<p>Très vite, ses œuvres ont attiré l&rsquo;attention de certaines boutiques et de la presse spécialisée. C&rsquo;est pourquoi, encouragée par son cercle d&rsquo;amis, elle a décidé d&rsquo;ouvrir son atelier au public, le transformant en une boutique où exposer ses créations: pendentifs, bagues, bracelets, coiffures… Fabriqués à la main, ses pièces parlent du passé et du futur, d&rsquo;ici et de là-bas, de la nature et du cosmos, de la tradition et de la modernité. L&rsquo;Art-déco, le Hollywood classique, le spiritisme, l&rsquo;Antiquité, l&rsquo;Art nouveau … toutes les inspirations trouvent leur place dans le style de Le Voilà. L&rsquo;esprit surréaliste de Francis Picabia (le nom de la marque provient d&rsquo;une de ses photographies) imprègne ces créations, qui papillonnent sur les mains, la tête et le cou des clients, échappant à toute définition. Aujourd&rsquo;hui, Le voilà est un espace rempli de savoir-faire, né du talent et des forces du destin.</p>



<p>Calle Pérez Galdós, 4 </p>



<p><a href="https://levoila.es">https://levoila.es </a></p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/IMG_0478-2-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-2445" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/IMG_0478-2-768x1024.jpg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/IMG_0478-2-225x300.jpg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/IMG_0478-2-360x480.jpg 360w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/IMG_0487-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-2450" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/IMG_0487-768x1024.jpg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/IMG_0487-225x300.jpg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/IMG_0487-360x480.jpg 360w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>
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		<title>La Colorería</title>
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		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Oct 2019 19:33:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pepe et Paco, Paco et Pepe. Ce couple d’artistes fait de la magie avec la couleur depuis 1993. «&#160;Que pourrait-on faire pour passer nos journées les mains dans la peinture et qui nous permettrait d’en vivre ?&#160;», s’étaient-ils alors demandés. Amateurs de dessin depuis petits,&#8230; <a class="read-more" href="https://bonjourseville.com/fr/la-coloreria/">Lire la suite</a></p>
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<p>Pepe et Paco, Paco et Pepe. Ce couple d’artistes fait de la magie avec la couleur depuis 1993. «&nbsp;Que pourrait-on faire pour passer nos journées les mains dans la peinture et qui nous permettrait d’en vivre ?&nbsp;», s’étaient-ils alors demandés. Amateurs de dessin depuis petits, ils avaient auparavant travaillé à la restauration du Monastère de la Cartuja. Ils décidèrent donc de mettre leur talent et leur passion commune au service d’un art utile et quotidien. Tout d’abord avec des meubles, qu’ils transformaient grâce à l’alchimie de la couleur. Puis le toit de l’église des Negritos à Séville qui fut leur première commande d’envergure. Depuis, des restaurants, des boutiques et des appartements à Séville, Madrid ou encore Paris ont changé de peau sous les pinceaux de La Colorería, dont la peinture décorative fait revivre des espaces jusqu’alors éteints. Tels des artistes de la Renaissance, Pepe et Paco déploient sur les murs des paysages exotiques ou des éléments en trompe-l’œil d’une exubérance mesurée. Oiseaux, fleurs, animaux sauvages cachés derrière la verdure, architectures indéfinies… Le sophistiqué et le naturel cohabitent en équilibre dans leurs créations : «&nbsp;nous commençons par la simplicité mais ça finit toujours par quelque chose de très riche.&nbsp;»</p>



<p>Ils vous accueillent, drôles et accueillants, dans leur atelier-boutique situé dans une ruelle du centre-ville. Derrière une des plus belles vitrines de Séville, aménagée comme un appartement Art-déco, le minimalisme baroque, marque de la maison, imprègne l’espace. Les surfaces en bois ou en métal se parent de motifs géométriques illuminés à la feuillé d’or. Les couleurs, bien sûr, vibrent dans des tons et des combinaisons inattendus. Nec plus ultra de la sophistication, la Colorería est spécialiste dans l’imitation du marbre et autres pierres nobles sur chaises, buffets ou lampes. Quel que soit le moment, on les découvre concentrés à reproduire les écailles d’une peau de poisson pour une tête de lit ou encore à tracer une à une les lignes sinueuses de la malachite bleue. Pour autant l’atmosphère reste détendue. «&nbsp;C’est un travail de bonnes sœurs. On y passe beaucoup d’heures, c’est un métier qui doit découler d’une vraie vocation.&nbsp;» Quand ils me montrent leurs travaux d’il y a quelques années, je perçois l’évolution de leur style, aujourd’hui plus épuré, plus sûr. Plus artistique aussi ? «&nbsp;L’art c’est tout ce qui te touche. Ou comme quelqu’un a dit : l’art c’est tout ce que l’homme appelle art&nbsp;» dit Paco. Tous les deux savent que ces métiers sont en train de disparaître, puisque de moins en moins de gens veulent s’y consacrer. Décision risquée, ils ont eu le courage de ne pas trop travailler pour le monde des confréries. En effet, Séville est une ville où les métiers d’art subsistent en partie grâce aux commandes de restauration, d’enrichissement et d’embellissement du patrimoine artistique des <em>cofradías</em>. Ils ajoutent par ailleurs que&nbsp;les métiers en rapport avec les arts décoratifs devraient être mieux réglementés. Mieux reconnues aussi. Pour que la magie d’un lieu transformé par l’alchimie de la couleur perdure.<br></p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/10/fullsizeoutput_2acd-768x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-2370" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/10/fullsizeoutput_2acd-768x1024.jpeg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/10/fullsizeoutput_2acd-225x300.jpeg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/10/fullsizeoutput_2acd-360x480.jpeg 360w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/10/fullsizeoutput_2acc-768x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-2372" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/10/fullsizeoutput_2acc-768x1024.jpeg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/10/fullsizeoutput_2acc-225x300.jpeg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/10/fullsizeoutput_2acc-360x480.jpeg 360w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>
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		<title>Palacio de Lebrija</title>
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		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Sep 2019 10:14:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Architecture]]></category>
		<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[Calme]]></category>
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		<category><![CDATA[Culture andalouse]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>(FRANÇAIS) Séville a un énorme patrimoine artistique, mais seulement une partie est accessible au public. Le reste, ce sont des églises, des maisons seigneuriales, des chapelles&#8230; qui restent fermées la plupart du temps ou qui ouvrent de façon exceptionnelle. Heureusement pour nous, ce fastueux palais,&#8230; <a class="read-more" href="https://bonjourseville.com/fr/palacio-de-lebrija/">Lire la suite</a></p>
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<p>(FRANÇAIS) Séville a un énorme patrimoine artistique, mais seulement une partie est accessible au public. Le reste, ce sont des églises, des maisons seigneuriales, des chapelles&#8230; qui restent fermées la plupart du temps ou qui ouvrent de façon exceptionnelle. Heureusement pour nous, ce fastueux palais, qui appartient à la même famille depuis plus d&rsquo;un siècle, est ouvert à la visite. Le Palacio de Lebrija est avant tout l&rsquo;oeuvre de Regla Manjón, Comtesse de Lebrija (1851-1938) et femme extrêmement cultivée. Passionnée d&rsquo;archéologie, elle a &nbsp;contribué aux fouilles dans la ville romaine d&rsquo;Italica, dans la banlieu de Séville, et a acheté quelques unes des plus belles mosaïques qui y ont été découvertes&#8230; Pour pouvoir les admirer à la maison, elle a remanié le rez-de-chaussée de son palais du 16e siècle, faisant rabattre des murs et adaptant les différentes pièces aux dimensions des nouveaux sols. Le résultat: des sols aux pavages exceptionnels, représentant des motifs géométriques et toute la constellation des divinités romaines. Le mélange avec les éléments originaux du palais produit un ensemble unique à Séville, souvent utilisé pour des séances photo de mode. Véritable noyau architectural, le patio principal est présidé d&rsquo;une statue de Vénus qui semble veiller sur la demeure. Plus loin, au gré des différents espaces, les collections archéologiques de la comtesse, composées de pièces d&rsquo;origine romaine, arabe et même aztèque, sont exposées dans de vieilles vitrines à la façon d&rsquo;un cabinet de curiosités. Un esprit d&rsquo;une autre époque, calme et négligé, se dégage de ces pièces peu fréquentées, qui invitent à s&rsquo;offrir un moment de rêverie. Les styles se conjuguent avec harmonie ; tout se complémente et s&rsquo;équilibre : les azulejos qui recouvrent les murs, les arabesques, les orangers du jardin d&rsquo;hiver&#8230; Comme dans une métaphore de l&rsquo;histoire de Séville, Rome, l&rsquo;Islam et la Renaissance dialoguent à l&rsquo;infini. À l&rsquo;étage (visite guidée uniquement), les appartements privés de la famille recèlent du mobilier ancien et des toiles de Van Dyck et de Sorolla. Les heures semblent s&rsquo;être arrêtées parmi ces murs, où flotte l&rsquo;air insouciant et réconfortant d&rsquo;un autre temps.</p>



<p>Calle Cuna, 8</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="682" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/09/fullsizeoutput_2aa0-682x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-2334" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/09/fullsizeoutput_2aa0-682x1024.jpeg 682w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/09/fullsizeoutput_2aa0-200x300.jpeg 200w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/09/fullsizeoutput_2aa0-768x1153.jpeg 768w" sizes="(max-width: 682px) 100vw, 682px" /></figure>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="683" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/09/IMG_8269-e1568370060614-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-2336" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/09/IMG_8269-e1568370060614-683x1024.jpg 683w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/09/IMG_8269-e1568370060614-200x300.jpg 200w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/09/IMG_8269-e1568370060614-768x1152.jpg 768w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /></figure>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="683" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/09/IMG_9562-e1568370729801-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-2350" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/09/IMG_9562-e1568370729801-683x1024.jpg 683w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/09/IMG_9562-e1568370729801-200x300.jpg 200w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/09/IMG_9562-e1568370729801-768x1152.jpg 768w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /></figure>
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		<title>Lina</title>
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		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Apr 2019 17:05:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Centre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au mois d’avril, quand la Feria approche, les sévillanes préparent leurs robes à volants, leurs châles à franges, leurs peignes et leurs fleurs pour les cheveux. Elles visitent les boutiques et se renseignent sur les dernières tendances, car ce qui se portait l’année dernière n’est&#8230; <a class="read-more" href="https://bonjourseville.com/fr/lina-2/">Lire la suite</a></p>
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<p class="has-drop-cap">Au mois d’avril, quand la Feria approche, les sévillanes préparent leurs robes à volants, leurs châles à franges, leurs peignes et leurs fleurs pour les cheveux. Elles visitent les boutiques et se renseignent sur les dernières tendances, car ce qui se portait l’année dernière n’est plus à la mode cette année. En effet, l’habit flamenco (<em>traje de gitana</em>) évolue avec le temps. Certains signes distinctifs, héritage de son origine populaire, restent inaltérables: &nbsp;les volants, la coupe plus ou moins serrée, les pois… Pourtant, avec ces éléments, les créateurs de cette industrie bien établie dans le Sud de l’Espagne proposent tous les ans des robes qui oscillent entre la tradition et la modernité, entre la haute couture et le prêt-à-porter. La taille descend ou remonte, les manches se rallongent ou se raccourcissent, les tissus varient, les couleurs aussi … Le&nbsp;<em>traje</em>&nbsp;serait ainsi le seul habit régional sujet aux diktats de sa propre mode. SIMOF, le salon de la mode flamenca, sert de vitrine à toutes les tendances, lors des défiles de cette véritable&nbsp;<em>fashion week</em>&nbsp;qui se tient tous les ans à Séville au mois de février.</p>



<p>1964. La Princesse Grace de Monaco visite la Feria de Séville et souhaite être habillée par Lina, une maison qui, en quelques années, est devenue célèbre pour son savoir-faire dans la création de robes de flamenca. Après une nuit entière passée à terminer cette commande inattendue, Marcelina Fernández, danseuse et fondatrice de la maison avec son mari (toréador et dessinateur), se rend le matin avec le costume à l’hôtel Alfonso XIII. Dans la suite où elle loge, Lina se souvient de Grace Kelly comme d’une «femme grande à la peau claire ornée de petites taches de rousseur». Lors de l’essayage, tout le monde réalise avec étonnement qu’aucun ajustement n’est nécessaire: le tissu s’adapte parfaitement au corps. L’image de la star hollywoodienne en robe à volants fera le tour du monde et fera de Lina LA maison de couture flamenca par excellence. Depuis lors, la marque s’est toujours attachée à la confection de robes de façon complètement artisanale. Le plus grand soin est apporté à la coupe et aux finitions, avec comme résultat des pièces uniques. Aujourd’hui, Mila et Rocío, les filles de Marcelina, dirigent la maison et s’occupent d’en préserver l’héritage. La boutique à côté de la Plaza del Salvador, qui a reçu les visites de John Galliano et de Jean Paul Gaultier, est un mélange de point de vente, d’atelier et de lieu de rencontre. Les clientes viennent se laisser conseiller pour trouver la robe qui fera d’elles la plus belle de la Feria, dans une ambiance qui, malgré la notoriété de la marque, reste accueillante et décontractée. Lina est une grande famille. Comme sa fondatrice l’a toujours voulu. Un lieu ouvert à tous qui fait partie du patrimoine de Séville. Une adresse qui vaut le détour pour comprendre cette partie essentielle du folklore andalou. Toujours sous le regard sublime de Grace Kelly.<br></p>



<p>Calle Lineros, 17 </p>



<p>Tél. 954 212 423</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="683" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/04/IMG_7454-e1509298256826-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-2134" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/04/IMG_7454-e1509298256826-683x1024.jpg 683w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/04/IMG_7454-e1509298256826-200x300.jpg 200w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/04/IMG_7454-e1509298256826-768x1152.jpg 768w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /></figure>
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		<title>Hotel Posada del Lucero</title>
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		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Apr 2019 17:09:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Architecture]]></category>
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<p class="has-drop-cap">En plein centre-ville mais loin du bruit et de l&rsquo;agitation, cet hôtel occupe une auberge du XVIe s. L&rsquo;aménagement a conservé la simplicité et la fraîcheur des lieux, si caractéristiques de l&rsquo;architecture populaire andalouse, tout en y ajoutant une couche de modernité. Le patio principal est décidément chic, avec ses meubles design et ses colonnes de marbre blanc. D&rsquo;anciennes affiches de la Feria de Séville ornent certains angles. Une belle métaphore de cette ville : l&rsquo;ancien et le nouveau côte à côte. On se sent bien dans cet espace lumineux, apaisé. Les employés de l&rsquo;hôtel s&rsquo;affairent tout autour, caressant le silence de leurs chuchotements. Au dernier étage, la terrasse ouvre sur le ciel d&rsquo;Andalousie, avec en toile de fond le fronton d&rsquo;inspiration grecque de l&rsquo;édifice des Archives Municipales. Une petite piscine et une enfilade de transats complètent ce cadre épuré, où il est possible de s&rsquo;installer prendre un verre. De leur côté, les chambres sont fonctionnelles et bien équipées. La mienne a un mur en pierres apparentes qui rappelle l&rsquo;ancienneté de la maison. Pas de gadget superflu, pas de décoration tape-à-l&rsquo;œil. Ici, le luxe vit dans la subtilité et le calme. Le lendemain matin je prends un petit déjeuner léger et savoureux dans une salle ouvrant sur le patio. Le personnel se montre professionnel et détendu, arborant un sourire tout sévillan. Avant de quitter l&rsquo;hôtel, je me sers un verre d&rsquo;eau fraîche du <em>botijo</em> mis à disposition par <a href="http://www.hotelposadadellucero.es/home">la maison</a>, comme sans doute faisaient déjà les voyageurs au XVIe s. Retrouver le goût de l&rsquo;histoire. Ça aussi c&rsquo;est le luxe.</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="867" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/04/IMG_7647-867x1024.jpg" alt="" class="wp-image-2059" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/04/IMG_7647-867x1024.jpg 867w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/04/IMG_7647-254x300.jpg 254w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/04/IMG_7647-768x907.jpg 768w" sizes="(max-width: 867px) 100vw, 867px" /></figure>
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