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	<title>Seville &#8211; Bonjour Séville</title>
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	<description>Un projet sur Séville fait depuis Paris</description>
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	<title>Seville &#8211; Bonjour Séville</title>
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		<title>Minuscule introduction à la « Semana Grande » de Séville</title>
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		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Mar 2021 15:55:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Art de vivre]]></category>
		<category><![CDATA[Culture andalouse]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quelqu’un me disait : «&#160;Un Yankee est pour moi quelque chose de plus étranger qu’un tigre&#160;». Pour le Français du Nord, le Sévillan est, lui aussi, quelque chose de plus étranger qu’un tigre. Henry de Montherlant, Séville en fête, 1954. Des églises à chaque coin&#8230; <a class="read-more" href="https://bonjourseville.com/fr/minuscule-introduction-a-la-semana-grande-de-seville/">Lire la suite</a></p>
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<p>Quelqu’un me disait : «&nbsp;Un Yankee est pour moi quelque chose de plus étranger qu’un tigre&nbsp;». Pour le Français du Nord, le Sévillan est, lui aussi, quelque chose de plus étranger qu’un tigre.</p>



<p style="text-align:right">Henry de Montherlant, <em>Séville en fête</em>, 1954.</p>



<p>Des églises à chaque coin de rue. Des vitrines remplies de bondieuseries. Des murs recouverts d&rsquo;affiches pieuses. Ils sont fous ces Sévillans ! En Espagne, et surtout en Andalousie, la religion est à l’origine de certaines traditions et imprègne des gestes de la vie quotidienne, sans que cela ait, je dirais la plupart du temps, un sens religieux orthodoxe. D’ailleurs, la religiosité <em>à l’andalouse</em>, avec ses Madones parées de bijoux qu’on adule en stars de cinéma et ses pèlerinages mêlant extase et défonce, est difficilement concevable au-delà de Despeñaperros (1). La&nbsp;Semaine Sainte&nbsp;exacerbe cette particularité : pendant sept jours, du dimanche des Rameaux à celui de Pâques, toute la ville vit au rythme des processions qui défilent dans les ruelles du vieux centre direction la Cathédrale. Derrière cet intense programme, 70 confréries qui, rattachées à une paroisse et consacrées à deux sculptures représentant le Christ et la Vierge (Notre-Dame de l’Espérance, des Anges, des Sept Douleurs, de la Victoire&#8230;), regroupent plusieurs milliers de frères et sœurs et sont dévouées à l’aide des plus démunis. Paradoxalement, elles entretiennent des relations équivoques avec l’Église. Des siècles durant, celle-ci n’a pas toujours vu d’un bon œil cette explosion de piété populaire frôlant souvent le paganisme. Et pour cause : ces sculptures, en bois polychrome et vieilles de plusieurs siècles, sont comme des êtres vivants, objet d’une dévotion particulièrement terre à terre. Tout comme des affiches de Marilyn Monroe tapissaient les dortoirs des soldats américains, la Vierge de la Macarena est présente dans de nombreux foyers sous forme de photo ou d’estampe. À son passage le jour de sa sortie, les gens de son quartier lui crient <em>guapa!</em> (<em>que tu es belle !</em>). Véritable icône populaire, le génial dessinateur underground Nazario dit d’elle : «&nbsp;Je ne suis pas dévot. Je suis juste fan de la Macarena&nbsp;» (2). Aucun membre de l’Église ne participe donc aux processions de la Semana Santa : pas de curés, ni d’évêque ou cardinal. La fête, car c’en est une, se vit dans la rue et appartient sans conteste au peuple. Dans <em>La Passion selon Séville</em> (1953), Joseph Peyré écrit : «&nbsp;Le spectacle de la Passion tel qu’il se déroule à travers les rues de Séville implique une vérité si jalouse qu’il serait vain de vouloir la traduire dans l’écriture.&nbsp;» Et plus loin : «&nbsp;La Semaine Sainte, en effet, constitue un phénomène d’exaltation en commun, exaltation dont les signes varient avec la couleur, le climat, la tonalité humaine des quartiers, et l’esprit même des Images.&nbsp;» Car, à côté des moments de liesse provoqués par certaines confréries, il en est d’autres où introspection et recueillement sont les mots d’ordre, tel le cortège du <em>Gran Poder</em> (le Christ au Grand pouvoir), sobre et mystique. Ainsi, la dualité de Séville traverse et électrise la Semaine Sainte, à la fois rituel et bacchanale, ombre et lumière.</p>



<p>Chaque confrérie sort donc ses <em>pasos</em>, d’immenses chars portant les sculptures vénérées. Cachés dans le ventre de l’énorme navire qui avance lentement, entre 30 et 60 <em>costaleros</em> portent sur leur nuque le poids formidable de cet autel ambulant. Ils sont commandés par le <em>capataz,</em> qui, de l’extérieur, gère de sa voix impérieuse les manœuvres de ce groupe d’Hercules qui marche à l’aveugle. Le parfum des fleurs et de l’encens, les airs mélancoliques des fanfares et la lumière de milliers de cierges servent d’écrin à la procession. Des centaines, voire des milliers, de <em>nazarenos</em> en cagoule accompagnent chaque <em>paso</em>. Ils sont habillés d’une tunique aux couleurs de leur confrérie (noir, blanc, vert, violet&#8230;); certains portent cape et gants. Cette fastueuse mise en scène est dépositaire du savoir-faire des artisans de la ville (brodeurs, orfèvres, sculpteurs, fleuristes, ciriers&#8230;), dont le trésor s’enrichit au fil des générations. Devenue un immense théâtre, Séville toute entière fête alors un nouveau printemps, tout en se célébrant elle-même. On se donne rendez-vous pour assister au passage de telle Vierge et puis on va dîner, avant de se rendre, tard dans la nuit, à une église proche voir l’arrivée d’une autre confrérie. Les membres de celle-ci, les voisins du quartier, participent à ces moments de communion, mélange subtil de sentiment d’appartenance, de mémoire collective et de sensibilité artistique. La Semaine Sainte est comme un mille-feuilles que l’on déguste en quelques minutes mais dont l’élaboration a pris des heures. Des siècles dans ce cas. Chaque repli de la pâte garde un souvenir, une sensation. On défile en pénitent pour exprimer sa dévotion, oui, mais aussi parce que son père, son grand-père et son arrière-grand-père faisaient déjà partie de telle confrérie et que, petit, on assistait aux processions. On chante une&nbsp;<em>saeta&nbsp;</em>depuis un balcon, on jette une pluie de pétales de fleurs au passage de la Vierge parce qu’on veut s’inscrire dans une tradition. On vient admirer ces vénérables sculptures du Baroque sur leurs chars en argent car l’être humain cherche inlassablement la beauté. Les <em>a priori</em> mis de côté, on se laisse sans effort atteindre par les sons, les images et les parfums de ces moments hors du temps, où tout s’harmonise pour faire naître l’émotion.</p>



<p>(1) Chaîne de montagnes séparant l’Andalousie du reste de l’Espagne. </p>



<p>(2) Interview dans Diario de Sevilla, 14 novembre 2014 : https://www.diariodesevilla.es/ocio/devoto-fan-Macarena-Virgen-Rocio_0_862113979.html</p>



<figure class="wp-block-image"><img width="1024" height="727" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/8FE1A7CB-9B0A-4796-8E39-D47FEF4E3BB7_1_201_a-1024x727.jpeg" alt="" class="wp-image-5499" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/8FE1A7CB-9B0A-4796-8E39-D47FEF4E3BB7_1_201_a-1024x727.jpeg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/8FE1A7CB-9B0A-4796-8E39-D47FEF4E3BB7_1_201_a-300x213.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/8FE1A7CB-9B0A-4796-8E39-D47FEF4E3BB7_1_201_a-768x545.jpeg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Procession à Séville.</figcaption></figure>



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<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="1024" height="684" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/93D31A1A-8BA0-471E-85EF-D5BE20B93F03_1_201_a-1-1024x684.jpeg" alt="" class="wp-image-5525" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/93D31A1A-8BA0-471E-85EF-D5BE20B93F03_1_201_a-1-1024x684.jpeg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/93D31A1A-8BA0-471E-85EF-D5BE20B93F03_1_201_a-1-300x200.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/93D31A1A-8BA0-471E-85EF-D5BE20B93F03_1_201_a-1-768x513.jpeg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>La procession de la Macarena. </figcaption></figure>



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<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="1024" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/BBB0B7DE-5A0C-4DAC-9A32-8EF96B56FBFB-e1616946330202-1024x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-5535" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/BBB0B7DE-5A0C-4DAC-9A32-8EF96B56FBFB-e1616946330202-1024x1024.jpeg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/BBB0B7DE-5A0C-4DAC-9A32-8EF96B56FBFB-e1616946330202-150x150.jpeg 150w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/BBB0B7DE-5A0C-4DAC-9A32-8EF96B56FBFB-e1616946330202-300x300.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/BBB0B7DE-5A0C-4DAC-9A32-8EF96B56FBFB-e1616946330202-768x768.jpeg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption><em>Armaos</em> de la Macarena.</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/6D92BFF6-02E8-49CC-902A-6ABBCF8EF566-e1616946422689-768x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-5537" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/6D92BFF6-02E8-49CC-902A-6ABBCF8EF566-e1616946422689-768x1024.jpeg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/6D92BFF6-02E8-49CC-902A-6ABBCF8EF566-e1616946422689-225x300.jpeg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/6D92BFF6-02E8-49CC-902A-6ABBCF8EF566-e1616946422689-360x480.jpeg 360w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption>La Vierge de la Macarena, vue de dos.</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="1024" height="682" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/358EEBCF-D45E-46C2-941B-B7466616D235_1_201_a-1024x682.jpeg" alt="" class="wp-image-5540" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/358EEBCF-D45E-46C2-941B-B7466616D235_1_201_a-1024x682.jpeg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/358EEBCF-D45E-46C2-941B-B7466616D235_1_201_a-300x200.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/03/358EEBCF-D45E-46C2-941B-B7466616D235_1_201_a-768x512.jpeg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Jeudi Saint.</figcaption></figure>
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		<title>Blanca et la mode</title>
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		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Apr 2020 16:40:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture andalouse]]></category>
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		<category><![CDATA[Made in Séville]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>J&rsquo;appelle Blanca Cabrera Benjumea depuis mon appartement à Paris. Elle est chez elle, dans le quartier de San Juan de la Palma, à Séville. Je l’appelle pour parler de mode, de Séville. Pour parler de la Feria de Séville et du costume traditionnel (<em>traje de gitana</em>). Mais aussi pour parler de Valence et de Berlin.</p>



<p>Blanca est l&rsquo;une des rares personnes en Espagne (sûrement dans le monde) qui, après avoir fait des études de mode, ne veut pas s&rsquo;y consacrer. «Je me sens étrangère au côté mercantile de l&rsquo;industrie. Moi, c&rsquo;est plus la recherche et l’enseignement qui m&rsquo;attirent. J&rsquo;ai une vision anthropologique, presque philosophique du vêtement. La mode, quelque chose de propre à l&rsquo;être humain, reflète son histoire. Je pense que c&rsquo;est peut-être une bonne façon de se comprendre. C&rsquo;est cette approche-là qui m&rsquo;intéresse. »</p>



<p>L&rsquo;histoire de Blanca, elle, reflète la dualité de Séville. Sa famille maternelle appartient à la haute bourgeoisie locale ; la paternelle a subi l’exil, lors du Franquisme, dans sa propre chair. Dans les deux, la figure de la grand-mère. «Clotilde, la mère de ma mère, s&rsquo;est toujours intéressée à l&rsquo;art. Pour elle, l&rsquo;harmonie et la beauté sont dans les détails. Aussi en ce qui concerne le vêtement. Encarnacion, ma grand-mère paternelle, m&rsquo;a offert ma première machine à coudre. » La mode s’est imposée logiquement, non seulement comme un métier, mais comme le prisme à travers lequel envisager sa propre histoire. «J&rsquo;ai grandi entourée de femmes avec une sensibilité esthétique et une formation très complète. Des femmes curieuses qui, inconsciemment, m&rsquo;ont transmis un esprit créatif. Il faut éduquer le regard. »</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="935" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/5FD6CCF1-CE77-4ADA-8F67-6E85DEDB9974_1_201_a-935x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-3326" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/5FD6CCF1-CE77-4ADA-8F67-6E85DEDB9974_1_201_a-935x1024.jpeg 935w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/5FD6CCF1-CE77-4ADA-8F67-6E85DEDB9974_1_201_a-274x300.jpeg 274w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/5FD6CCF1-CE77-4ADA-8F67-6E85DEDB9974_1_201_a-768x841.jpeg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/5FD6CCF1-CE77-4ADA-8F67-6E85DEDB9974_1_201_a.jpeg 1078w" sizes="(max-width: 935px) 100vw, 935px" /><figcaption>Clotilde, grand-mère de Blanca.</figcaption></figure>



<p>Blanca a étudié à Valence, «une ville méditerranéenne, baroque, avec des traditions profondément enracinées, mais aussi avec une bourgeoisie industrielle puissante, ouverte et cultivée. Elle a ensuite étudié deux ans à Berlin. «&nbsp;Les jeunes Turques de mon quartier me faisaient penser aux Sévillanes dans leur façon de s’habiller : imprimés, bijoux, or plutôt qu’argent.&nbsp;» Je lui dis que quelque chose de similaire m&rsquo;est arrivé pendant les mois où j&rsquo;ai vécu en Inde. Les femmes vêtues en sari, avec leurs couleurs, leurs plis soigneusement arrangés, leurs fleurs ornant les cheveux, me faisaient souvent penser au filles habillées en <em>gitana</em> lors de la Feria. «En bonne ville baroque, Séville a toujours aimé les architectures éphémères : loges pour assister aux processions de la Semaine Sainte, autels lors de la Fête-Dieu, balcons et patios ornés… La Ferie elle-même n&rsquo;est qu’un mirage architectural, avec cette ville en toile que l’on construit et qui ne dure qu’une semaine. Il en va de même pour la mode. Il existe un vêtement éphémère. Nous nous offrons des costumes, des vestes, des chaussures ou des accessoires pour assister à un mariage, un baptême et, bien sûr, à la Feria, qui constitue une véritable expérience esthétique. Pendant ces jours, la ville se met en scène et recrée des images d’une autre époque. Et je ne parle pas seulement de la femme habillée en <em>gitana</em>, mais aussi des hommes et de la culture du costume. Il y a une sorte de dandysme andalou. Je suppose que le climat et le mode de vie, tourné vers la rue, se reflètent dans notre penchant à nous montrer. Dans le Sud, on aime l’ornement.&nbsp;» </p>



<p style="text-align:right">L&rsquo;élégance est dans l&rsquo;élimination (Cristóbal Balenciaga).</p>



<p>Blanca est un oiseau rare dans la ville. Austérité et pureté colorent sa vision de la mode, plus proche de la Scandinavie que de l&rsquo;Andalousie. <em>Less is more</em>. Et pourtant&#8230; et si cette exubérance andalouse que l’on vient d&rsquo;évoquer n&rsquo;était rien d&rsquo;autre qu&rsquo;un déguisement ? «&nbsp;Peut-être que l&rsquo;ornement n&rsquo;est que quelque chose d&rsquo;imposé. Quand je regarde de vieilles photos, de mes grands-mères par exemple, je retrouve un habillement plus simple, presque humble, mais aussi plus élégant. Harmonie et discrétion. Les villageois avaient également un sens de l&rsquo;élégance qui a disparu de nos jours, bien que ce soit peut-être une vision quelque peu idéalisée de ma part. Je suppose que cette évolution vers l&rsquo;excès, couplée à la société de consommation et au prêt-à-porter, est arrivée partout, pas seulement ici. De toutes façons, Séville a beaucoup changé : les gens sont partis vivre ailleurs et ont apporté de la variété et une certaine modernité dans l’habillement.&nbsp;» </p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="682" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/170060A6-4868-4712-8FA2-A86BFF69F384-682x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-3318" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/170060A6-4868-4712-8FA2-A86BFF69F384-682x1024.jpeg 682w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/170060A6-4868-4712-8FA2-A86BFF69F384-200x300.jpeg 200w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/170060A6-4868-4712-8FA2-A86BFF69F384-768x1152.jpeg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/170060A6-4868-4712-8FA2-A86BFF69F384.jpeg 1167w" sizes="(max-width: 682px) 100vw, 682px" /></figure>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="655" height="491" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/1B8DEC6D-2E83-49B4-A19D-3BF3EB719C2D-1.jpeg" alt="" class="wp-image-3322" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/1B8DEC6D-2E83-49B4-A19D-3BF3EB719C2D-1.jpeg 655w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/1B8DEC6D-2E83-49B4-A19D-3BF3EB719C2D-1-300x225.jpeg 300w" sizes="(max-width: 655px) 100vw, 655px" /></figure>



<p>Même si elle n’a jamais travaillé dans la mode flamenca, Blanca s&rsquo;est tout de même habillée en <em>gitana</em> depuis qu&rsquo;elle est petite, comme beaucoup de Sévillanes. «J&rsquo;observe quelque chose de similaire dans l&rsquo;évolution du costume traditionnel. Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;exagération prévaut, alors qu’avant c&rsquo;était la grâce. Si je devais créer un <em>traje</em>, je ferais quelque chose de plus pur et de plus classique. Le volant comme seule ressource et un tissu lisse. Je jouerais avec la silhouette. » Quelques jours après notre conversation, Blanca m&rsquo;envoie de merveilleux croquis reprenant ces idées-là (photos dans l&rsquo;en-tête et à la fin de ce texte). «J&rsquo;aime les costumes une pièce, sans décolleté dans le dos et en col V sur le devant. De petits <em>lunares</em>, bien sûr. Un <em>mantoncillo</em> (châle à franges brodé) sur les épaules ; une fleur, de taille prudente, sur le dessus ; un peigne et des boucles d’oreille en corail. Rien d&rsquo;autre. Mes grands-mères donneraient le feu vert. »</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="1024" height="726" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/88989368-5A8F-4771-9B0C-9F5E8361CA16-1024x726.jpeg" alt="" class="wp-image-3324" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/88989368-5A8F-4771-9B0C-9F5E8361CA16-1024x726.jpeg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/88989368-5A8F-4771-9B0C-9F5E8361CA16-300x213.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/88989368-5A8F-4771-9B0C-9F5E8361CA16-768x545.jpeg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/88989368-5A8F-4771-9B0C-9F5E8361CA16.jpeg 1115w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Blanca et sa sœur jumelle à la Feria de Sevilla. </figcaption></figure>



<p>Après avoir travaillé en tant que créatrice pour plusieurs marques, Blanca se consacre actuellement à l&rsquo;enseignement. «Je me découvre petit à petit. Je crois au ralentissement et à l&rsquo;essentiel. Je n’aime  pas les vitrines ni les passerelles. La mode est un langage qui a besoin de temps pour raconter son histoire. Je souhaite démêler cette histoire qui, après tout, est la nôtre. L&rsquo;enseignement m&rsquo;amène sur cette voie.&nbsp;» Cette alchimiste du vêtement me laisse avec cette idée planant dans ma tête. Le nouveau monde à venir devrait appartenir à des créateurs de sa lignée. « Qui visite aujourd’hui le Museo del Traje (Musée de la Mode) à Madrid ou le Musée des arts et coutumes populaires ici à Séville ? Et pourtant, ses collections reflètent l&rsquo;évolution de l&rsquo;histoire aussi bien que n&rsquo;importe quel musée d&rsquo;histoire ou des Beaux-arts. »</p>



<ul class="wp-block-gallery columns-2 is-cropped"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img loading="lazy" width="745" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/E277E457-BDAF-4B78-A067-815CD79B8CC5-1-745x1024.jpeg" alt="" data-id="3336" data-link="https://bonjourseville.com/es/?attachment_id=3336" class="wp-image-3336" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/E277E457-BDAF-4B78-A067-815CD79B8CC5-1-745x1024.jpeg 745w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/E277E457-BDAF-4B78-A067-815CD79B8CC5-1-218x300.jpeg 218w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/E277E457-BDAF-4B78-A067-815CD79B8CC5-1-768x1055.jpeg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/E277E457-BDAF-4B78-A067-815CD79B8CC5-1.jpeg 1537w" sizes="(max-width: 745px) 100vw, 745px" /></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img loading="lazy" width="745" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/AE16583E-4207-46C2-9EFE-D12E3BB269D7-1-745x1024.jpeg" alt="" data-id="3334" data-link="https://bonjourseville.com/es/?attachment_id=3334" class="wp-image-3334" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/AE16583E-4207-46C2-9EFE-D12E3BB269D7-1-745x1024.jpeg 745w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/AE16583E-4207-46C2-9EFE-D12E3BB269D7-1-218x300.jpeg 218w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/AE16583E-4207-46C2-9EFE-D12E3BB269D7-1-768x1055.jpeg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/AE16583E-4207-46C2-9EFE-D12E3BB269D7-1.jpeg 1537w" sizes="(max-width: 745px) 100vw, 745px" /></figure></li></ul>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="676" height="676" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/80A38D76-FF17-4F25-9280-3A539842D25C.jpeg" alt="" class="wp-image-4228" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/80A38D76-FF17-4F25-9280-3A539842D25C.jpeg 676w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/80A38D76-FF17-4F25-9280-3A539842D25C-150x150.jpeg 150w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/80A38D76-FF17-4F25-9280-3A539842D25C-300x300.jpeg 300w" sizes="(max-width: 676px) 100vw, 676px" /><figcaption>Blanca dessinée par @neusilustracion </figcaption></figure>



<figure class="wp-block-audio"><audio controls src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/200419_0152-online-audio-converter.com_.mp3"></audio><figcaption>La conversation complète (en espagnol). </figcaption></figure>
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		<title>La Feria de Séville</title>
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		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Apr 2020 16:25:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Art de vivre]]></category>
		<category><![CDATA[Culture andalouse]]></category>
		<category><![CDATA[Dancer]]></category>
		<category><![CDATA[Faire la fête]]></category>
		<category><![CDATA[Sevilla]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Manger et boire. Rire, chanter et danser. Regarder et se faire regarder. Au printemps, Séville se met en scène et se fête elle-même. La Feria éclate de ses mille couleurs le temps d’une semaine, au mois d’avril. Les femmes enfilent leurs robes à volants et&#8230; <a class="read-more" href="https://bonjourseville.com/fr/la-feria-de-seville/">Lire la suite</a></p>
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<p>Manger et boire. Rire, chanter et danser. Regarder et se faire regarder. Au printemps, Séville se met en scène et se fête elle-même. La Feria éclate de ses mille couleurs le temps d’une semaine, au mois d’avril. Les femmes enfilent leurs robes à volants et se parent de fleurs, de châles en soie et de peignes en écaille. Les cavaliers portent le chapeau cordouan et mettent le gilet court. Une immense ville éphémère est construite en bordure du centre-ville, avec son portail d’entrée que des milliers d’ampoules éclairent le soir. Plus de 1000 casetas s’alignent le long des rues: ces loges-tentes, chacune gérée par plusieurs familles ou groupes d’amis, font office de maison pendant les sept jours de fête. On y reçoit famille, amis ou collègues de travail, avec qui on trinque à la <em>manzanilla</em> et on danse des sévillanes. De l’heure du déjeuner jusqu’à l’aube c’est toute une ville qui fête la joie de vivre un nouveau printemps.</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="1024" height="765" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/6B45EAC3-2264-4616-9348-D8DC59C5F5FB-1024x765.jpeg" alt="" class="wp-image-3306" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/6B45EAC3-2264-4616-9348-D8DC59C5F5FB-1024x765.jpeg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/6B45EAC3-2264-4616-9348-D8DC59C5F5FB-300x224.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/6B45EAC3-2264-4616-9348-D8DC59C5F5FB-768x574.jpeg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>La journée, la Feria accueille le <em>paseo de caballos</em>: des cavaliers et des calèches richement parés défilent dans les rues, s’arrêtant devant les casetas pour saluer ou pour commander un verre de vin. Un spectacle, riche, bigarré, digne d’une autre époque. L’intérieur des casetas est décoré par ses membres comme s’il s&rsquo;agissait d’une maison de la bourgeoisie rurale. Aux éléments folkloriques (éventails, fleurs, chaises et tables colorées) répond un certain esprit baroque, incarné en des miroirs dorés, rideaux en dentelle et même lustres au plafond. Le déjeuner, à base de plats typiques de la région (jambon, fromage, <em>flamenquín</em>, calamars, etc.), est le moment de discuter de tout et de rien, de commenter l’actualité de la ville, de célébrer le printemps qui est revenu. Il faut aussi prendre des forces pour l’après-midi et la soirée, car les journées sont longues à la Feria. Ensuite, pas de règles: balade pour assister au défilé équestre, danse au rythme des sevillanas omniprésentes, ou tout simplement dolce farniente autour d’un café.</p>



<p>Le soir scintille grâce aux milliers de lampions qui ornent les rues. Des groupes de musiciens, ou de spontanés, jouent dans les casetas ou à l’extérieur. Le temps semble s’arrêter quand, tard dans la soirée, la vie quotidienne paraît très loin, avec ses problèmes et petites angoisses. Il n’y a que la danse, le chant et le vin qui comptent ; le partage et la légèreté ; la joie. Jusqu’au moment où l’on décide qu’il est temps d’aller prendre son petit-déjeuner chez le gitanes, qui, comme tout le monde le sait, préparent les meilleurs churros de la Feria.<br> Un seul bémol à tout cela: la grande majorité des casetas sont uniquement accessibles sur invitation. Il en existe toutefois quelques unes qui, appartenant à la mairie ou à des partis politiques, sont ouvertes à tous. Et bien sûr, la fête se vit aussi dans la rue.</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="1024" height="833" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/4E2486DC-6A9C-4282-89C1-CF4368FC11E7_1_201_a-1024x833.jpeg" alt="" class="wp-image-3298" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/4E2486DC-6A9C-4282-89C1-CF4368FC11E7_1_201_a-1024x833.jpeg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/4E2486DC-6A9C-4282-89C1-CF4368FC11E7_1_201_a-300x244.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/4E2486DC-6A9C-4282-89C1-CF4368FC11E7_1_201_a-768x625.jpeg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="1024" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/79FCEABB-9CDE-4627-834A-AA4775DC11C4-e1587917888140-1024x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-3304" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/79FCEABB-9CDE-4627-834A-AA4775DC11C4-e1587917888140-1024x1024.jpeg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/79FCEABB-9CDE-4627-834A-AA4775DC11C4-e1587917888140-150x150.jpeg 150w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/79FCEABB-9CDE-4627-834A-AA4775DC11C4-e1587917888140-300x300.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/79FCEABB-9CDE-4627-834A-AA4775DC11C4-e1587917888140-768x768.jpeg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
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		<title>Casa del Pumarejo</title>
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		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Apr 2020 15:32:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Architecture]]></category>
		<category><![CDATA[Barrio de la Macarena]]></category>
		<category><![CDATA[Calle San Luis]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que nous, les Sévillans, nous lamentons aujourd’hui devant la dérive touristique de la ville, il est important de se rappeler que les habitants de la Casa del Pumarejo se battent sur ce front depuis près de 20 ans. Je visite la Casa un après-midi&#8230; <a class="read-more" href="https://bonjourseville.com/fr/casa-del-pumarejo/">Lire la suite</a></p>
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<p>Alors que nous, les Sévillans, nous lamentons aujourd’hui devant la dérive touristique de la ville, il est important de se rappeler que les habitants de la Casa del Pumarejo se battent sur ce front depuis près de 20 ans.</p>



<p>Je visite la Casa un après-midi de septembre. Jusqu&rsquo;à maintenant, chaque fois que je passais devant, j&rsquo;entrais dans le hall pour admirer son patio, l&rsquo;un des plus beaux de Séville, depuis la grille sans pouvoir y entrer. Aujourd’hui, Sergio, membre de l&rsquo;<a href="https://pumarejo.es/es"> Association Casa del Pumarejo </a>, m&rsquo;attend sur la place et m&rsquo;invite à la visiter. Le Pumarejo appartient à la prestigieuse lignée des maisons de Séville avec patio seigneurial et blason sculpté sur la façade. Cependant, il a eu une évolution totalement différente des autres : de la fin du XIXe siècle à nos jours, il a fonctionné comme <em>casa de vecinos</em>, c’est à dire, un immeuble où les voisins partagent des espaces communs, leurs appartements donnant tous sur un patio central. Le patio de la Casa del Pumarejo abrite un magnifique revêtement d’azulejos ; les colonnes, elles, sont en acajou cubain. La galerie du premier étage est peinte en rouge et ocre. Contrairement à d&rsquo;autres maisons au passé illustre, c&rsquo;est un patio animé, habité, avec d&rsquo;innombrables pots de fleurs soigneusement entretenus par les voisins. Actuellement, seulement 30% de la maison est en service. Une dame regarde par l&rsquo;une des fenêtres à l&rsquo;étage. Elle a entendu des voix dans la cour. Sergio la rassure : tout va bien. Il m&rsquo;explique c&rsquo;est l&rsquo;une des rares voisines à vivre toujours ici.</p>



<span id="more-2709"></span>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="683" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/fullsizeoutput_2f8b-683x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-2726" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/fullsizeoutput_2f8b-683x1024.jpeg 683w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/fullsizeoutput_2f8b-200x300.jpeg 200w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/fullsizeoutput_2f8b-768x1152.jpeg 768w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /></figure>



<p>Le Pumarejo est une référence en matière de résistance et de lutte contre la spéculation. On a voulu le transformer en hôtel, expulser ses voisins, construire des appartements… Mais une action organisée et déterminée a fait échouer ces projets un par un. L&rsquo;Association a différentes commissions. La commission RQR est en charge des négociations avec le conseil municipal, propriétaire de la maison depuis 2011 après un processus tortueux. Le service communication établit et réglemente les contacts avec d&rsquo;autres associations, en Espagne et à l&rsquo;étranger. Beaucoup se sont intéressées aux activités de la Casa, par exemple Flamenco en France, à Paris, qui a mené le même combat avec la mairie de la capitale française.</p>



<p>Dans un coin de la cour, les locaux du Centre de Voisins du Pumarejo accueillent les activités des nombreux groupes qui le composent, des groupes de femmes victimes de violences conjugales aux groupes d’accueil aux immigrés. Il existe également une bibliothèque autogérée. Le Centre a également sa propre monnaie : le puma. Aujourd&rsquo;hui, le Centre est l&rsquo;âme de la maison, l&rsquo;organe qui lui insuffle une nouvelle vie. Sergio me parle de la diversité des profils qui participent à ce projet unique à Séville : grands-mères, squatters, enfants… Tous avec des parcours différents. Cette variété contribue à l&rsquo;horizontalité du projet. En fait, la Casa est un véritable laboratoire, un vivier d&rsquo;initiatives sociales. Une source d&rsquo;inspiration contre la marchandisation de la ville. Un miroir dans lequel Séville devrait se regarder en ces temps incertains.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" width="683" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/fullsizeoutput_2f8d-683x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-2728" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/fullsizeoutput_2f8d-683x1024.jpeg 683w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/fullsizeoutput_2f8d-200x300.jpeg 200w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/fullsizeoutput_2f8d-768x1152.jpeg 768w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /></figure></div>
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		<title>Casa Orsáez</title>
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		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Jan 2020 19:07:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cette adresse est avant tout une affaire de famille. C&#8217;est l&#8217;histoire de María Orsáez, partie en Provence apprendre à faire du fromage, et de ses trois enfants. Passionnés de gastronomie, le clan Orsáez décide début 2017 d&#8217;ouvrir un espace où l&#8217;on se sent comme à&#8230; <a class="read-more" href="https://bonjourseville.com/fr/casa-orsaez/">Lire la suite</a></p>
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<p>Cette adresse est avant tout une affaire de famille. C&rsquo;est l&rsquo;histoire de María Orsáez, partie en Provence apprendre à faire du fromage, et de ses trois enfants. Passionnés de gastronomie, le clan Orsáez décide début 2017 d&rsquo;ouvrir un espace où l&rsquo;on se sent comme à la maison : grande table commune, livres de cuisine, comptoir à l&rsquo;ancienne et paniers remplis de fruits et de légumes bio. Le matin, Casa Orsáez propose de délicieux petits-déjeuners, soigneusement servis à l&rsquo;intérieur ou en terrasse. Mais c&rsquo;est surtout pour son vaste choix de fromages, que María élabore et affine dans le village de la <em>sierra</em> où elle réside, que les Sévillans accourent. Chaque pièce, emballée à la main, est produite avec du lait cru des chèvres autochtones de ce coin de la province de Séville. Une chambre d&rsquo;affinage sert de vitrine à ces délices artisanaux, que l&rsquo;on déguste accompagnés d&rsquo;un verre de vin de la région. L&rsquo;esprit slow food et locavore imprègne non seulement le choix des produits sélectionnés, mais aussi l&rsquo;ambiance du lieu, tant le matin que lors des soirées dégustation régulièrement organisées. La musique jazz, la lumière qui inonde l&rsquo;espace à travers les bases vitrées, le sourire des sœurs Orsáez&#8230; tout contribue ici à éveiller cette sensation d&rsquo;être chez soi. <em>Como en casa</em>. &nbsp;</p>



<p><a href="http://www.casaorzaez.com">Casa Orsáez</a> fournit, entre autres, l&rsquo;Alfonso XIII, le célèbre Palace sévillan, ou encore le restaurant étoilé Abantal.</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2017/08/fullsizeoutput_12f1-768x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-895" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2017/08/fullsizeoutput_12f1-768x1024.jpeg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2017/08/fullsizeoutput_12f1-225x300.jpeg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2017/08/fullsizeoutput_12f1-360x480.jpeg 360w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>
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		<title>Ana Salas</title>
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		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jan 2020 12:55:32 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>La maison d&rsquo;Ana Salas en banlieue de Séville est inondée de lumière. Une grande cour intérieure l&rsquo;envoie dans toutes les pièces. La décoration, simple et efficace, la laisse couler partout. Cela suffit. L&rsquo;espace presque vide des meubles semble vibrer. Au dernier étage, l&rsquo;atelier de cette céramiste est également baigné par la lumière. Là-haut, elle moule délicatement la porcelaine avec laquelle elle confectionne ses bijoux et sa vaisselle. À l&rsquo;instar de la maison, les créations d&rsquo;Ana utilisent un minimum de ressources pour réussir une présence subtile mais poétique et évocatrice, aérienne et ouverte à toutes les possibilités. Les formes sont simples, parfois enfantines. Les ornements sont réduits à des lignes dorées et des points presque aléatoires. Libres de tout effectisme, les pièces (broches, pendentifs, soucoupes, bols &#8230;) se laissent appréhender sans s&rsquo;imposer, s&rsquo;imprégnant de la vision de chacun. « Des bijoux pour les gens qui n&rsquo;aiment pas en porter. »&nbsp;Cela semble facile. Et pourtant, derrière cette simplicité, il y a un vrai travail de réflexion.</p>



<p>Après une formation approfondie en céramique, Ana a renforcé son apprentissage en Italie. Avec cette base solide, l’artiste a affiné son style en combinant liberté créative et inspiration dans d’autres traditions, toujours à l’écart des tendances du moment. La délicatesse de ses pièces évoque plutôt l&rsquo;esthétique wabi-sabi, ce courant d&rsquo;origine japonaise qui cherche la beauté dans le simple et l&rsquo;imparfait. Ainsi, ses créations portent parfois l&#8217;empreinte de ses mains ou les coups de pinceau du vernis comme témoignage du processus de fabrication. C&rsquo;est une porcelaine organique, à l&rsquo;extrémité opposée des pièces produites en série et aux finitions parfaites. Ici, chaque bague, boucle d&rsquo;oreille ou bol semble tout droit sorti de l&rsquo;atelier, à la fois fini et inachevé, simple mais aussi sophistiqué. Avec cet esprit japonais, l&rsquo;influence de l&rsquo;esthétique scandinave se retrouve également dans certaines de ces pièces. De plus, chaque collection d&rsquo;Ana Salas porte son propre nom, faisant référence aux expériences et à la personnalité de cette artiste libre, unique à Séville.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" width="1024" height="683" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG_9954-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-2573" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG_9954-1024x683.jpg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG_9954-300x200.jpg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG_9954-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" width="683" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG_9950-e1577892893200-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-2575" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG_9950-e1577892893200-683x1024.jpg 683w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG_9950-e1577892893200-200x300.jpg 200w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG_9950-e1577892893200-768x1152.jpg 768w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /></figure></div>



<p>Quand on visite la boutique de la rue de Zaragoza, on perçoit immédiatement la cohérence entre la vie et le travail d&rsquo;Ana. Comme chez elle, les ressources, savamment sélectionnées, se réduisent au minimum. Le mobilier, entre simplicité et esprit rétro, servent de cadre aux pièces, sans jamais les éclipser. Tout est arrangé avec soin. On ne peut pas entrer dans cet endroit si on est pressé: on découvre progressivement chaque bague, chaque fermoir. Dispersée dans tout l&rsquo;espace, chaque création se dévoile lentement, quand on prend le temps de s’en approcher et de regarder. « Des bijoux silencieux. » Ana Salas sait bien que discrétion et élégance vont de pair. Son dialogue avec la porcelaine (elle travaille parfois dans le petit atelier installé dans un coin de la boutique) produit un monde vulnérable, léger et en même temps très présent. Comme la lumière.</p>



<p>Ana Salas vend ses créations dans son magasin de la rue Zaragoza et, en décembre, au marché de Noël de la Plaza Nueva.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG_1159-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-2577" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG_1159-768x1024.jpg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG_1159-225x300.jpg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG_1159-360x480.jpg 360w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure></div>



<p></p>
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		<title>Ángeles Espinar</title>
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		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 Nov 2019 22:57:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Elle a un beau point ». C’est ainsi qu&#8217;était défini dans le passé le talent de certaines brodeuses de mantones spécialement douées pour le métier. Parce qu’une chose est de bien broder et une autre est d’avoir cette chose indéfinissable qui donne de la vie à&#8230; <a class="read-more" href="https://bonjourseville.com/fr/angeles-espinar/">Lire la suite</a></p>
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<p>« Elle a un beau point ». C’est ainsi qu&rsquo;était défini dans le passé le talent de certaines brodeuses de <em>mantones</em> spécialement douées pour le métier. Parce qu’une chose est de bien broder et une autre est d’avoir cette chose indéfinissable qui donne de la vie à la broderie. Quelque chose qui n&rsquo;est pas apprise, que l&rsquo;on a ou que l&rsquo;on n&rsquo;a pas. C&rsquo;est Ángeles Espinar qui m&rsquo;explique tout cela dans le salon de sa maison, dans le village de Villamanrique de la Condesa, à 30 kilomètres de Séville. La porte ouverte du jardin laisse pénétrer la lumière de l&rsquo;automne. Dehors, je peux voir un bouquet de roses fraîchement coupées sur une table. Ángeles, 80 ans, me raconte avec passion l&rsquo;histoire de son atelier. « Ma mère a commencé dans les années 30. Villamanrique fabriquait à cette époque presque toute la broderie pour les usines de Séville. Auparavant, les châles venaient tous de Canton, dans le galion de Manille, mais ils ont finalement commencé à être produits localement. » </p>



<p>Pour illustrer les explications de sa mère, María José, la fille qui a repris le  savoir-faire familial, sort quelques uns des <em>mantones</em> anciens de la collection que mère et fille ont rassemblée au fil des ans: des modèles <em>isabelinos</em>, chinois, de <em>cigarrera</em>, Art déco, mexicains … « Le métier de brodeuse était transmis de mère en fille. Dès leur plus jeune âge, les filles recevaient un petit châssis pour broder. Elles suivaient ensuite leur apprentissage dans un atelier. Le salaire qu’une brodeuse rapportait à la maison était vital pour l’économie familiale.  » On se demande combien d&rsquo;heures de travail prend chaque pétale, chaque feuille, chaque motif brodé dans la soie. À quoi penserait la brodeuse en dessinant au fil et à l&rsquo;aiguille les ailes de cet oiseau-là ? Angeles poursuit: « A partir des années 60, le mantón est entré en crise: le savoir-faire de la broderie s&rsquo;est perdu. Ils ont commencé à être produits presque de manière industrielle pour les touristes. De mon côté, je me suis appliquée à protéger, à récupérer l&rsquo;essence du <em>mantón</em> à l&rsquo;ancienne. « </p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="753" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/fullsizeoutput_2c55-753x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-2487" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/fullsizeoutput_2c55-753x1024.jpeg 753w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/fullsizeoutput_2c55-221x300.jpeg 221w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/fullsizeoutput_2c55-768x1045.jpeg 768w" sizes="(max-width: 753px) 100vw, 753px" /></figure>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/fullsizeoutput_2c86-768x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-2497" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/fullsizeoutput_2c86-768x1024.jpeg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/fullsizeoutput_2c86-225x300.jpeg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/fullsizeoutput_2c86-360x480.jpeg 360w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>



<p>En 1979, Ángeles Espinar expose pour la première fois lors d&rsquo;une exposition d&rsquo;artisanat à Séville « J&rsquo;ai tout vendu et ça a été pareil dans toutes les expositions suivantes. » L&rsquo;atelier se trouve juste en face de sa maison à Villamanrique, de l&rsquo;autre côté de la rue. « À la meilleure époque, j&#8217;employais environ 100 brodeuses. Aujourd&rsquo;hui, j&rsquo;en ai 5 ou 6. L&rsquo;image traditionnelle des brodeuses travaillant ensemble dans un atelier n&rsquo;existe plus depuis les années 50: maintenant, elles ramènent le travail à la maison et le livrent une fois terminé » . María José me montre comment les modèles utilisés pour différents motifs de broderie sont dessinés. Elle me montre aussi une petite collection de vieux modèles, sur du papier de riz, certains avec le sceau de Canton estampé à l&rsquo;encre. Elle fait également quelques points dans la soie pour me montrer comment on brode un <em>mantón</em>. Avec précision et délicatesse, elle manie l&rsquo;aiguille et le fil pour donner, un à un, les points qui vont dessiner le pétale d&rsquo;une fleur. Je me sens un peu ridicule d&rsquo;enregistrer avec mon iPhone les mains de María José, dont le savoir-faire renferme plus de beauté et de vérité que n&rsquo;importe quel <em>gadget</em> technologique. C&rsquo;est qu&rsquo;une visite de l&rsquo;atelier de Ángeles Espinar est comme un voyage dans le temps, ou plutôt une pause dans le temps. Comme si les minutes restaient accrochées à ces mains expertes, ou à ces jardins brodés en soie et toujours en fleur.</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/fullsizeoutput_2c84-768x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-2489" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/fullsizeoutput_2c84-768x1024.jpeg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/fullsizeoutput_2c84-225x300.jpeg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/fullsizeoutput_2c84-360x480.jpeg 360w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/fullsizeoutput_2c87-768x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-2501" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/fullsizeoutput_2c87-768x1024.jpeg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/fullsizeoutput_2c87-225x300.jpeg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/fullsizeoutput_2c87-360x480.jpeg 360w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>



<figure class="wp-block-image"><img alt=""/></figure>
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		<title>Le voilà</title>
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		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Nov 2019 15:07:30 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Made in Séville]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un jour, je suis passé devant et j&#8217;ai décidé d&#8217;entrer : Le voilà, un nom très français, clair et direct. L&#8217;espace a conservé le revêtement originel en azulejos (un trésor à Séville par les temps qui courent), ainsi que la fresque du plafond. Penélope, la&#8230; <a class="read-more" href="https://bonjourseville.com/fr/le-voila-2/">Lire la suite</a></p>
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<p>Un jour, je suis passé devant et j&rsquo;ai décidé d&rsquo;entrer : <a href="https://levoila.es">Le voilà</a>, un nom très français, clair et direct. L&rsquo;espace a conservé le revêtement originel en <em>azulejos</em> (un trésor à Séville par les temps qui courent), ainsi que la fresque du plafond. Penélope, la créatrice de la marque, m&rsquo;a expliqué qu&rsquo;il s&rsquo;agissait de la salle de lecture d&rsquo;une ancienne maison seigneuriale et qu&rsquo;elle l&rsquo;avait d&rsquo;abord louée pour y installer son atelier. Comment présenter Penélope ? Peut-être comme un mélange de proximité et de sophistication, de désinvolture et d&rsquo;intellectualité ? Pénélope habite à l&rsquo;endroit où la calle Feria rejoint le boulevard Saint-Germain. Cette créatrice sévillane est une véritable femme de la Renaissance qui, depuis son enfance, n’a cessé d’explorer différentes techniques de fabrication d’objets avec ses mains. Après avoir obtenu son diplôme en philosophie et travaillé pendant plusieurs années dans une maison d&rsquo;édition, elle a commencé à fabriquer des bijoux, des sacs et d&rsquo;autres accessoires pour des commandes ponctuelles ou des cadeaux. Penélope note sur son portable les idées qui lui surgissent tout au long de la journée (et de la nuit). Ignorant toujours les tendances, sa créativité semble sans répit.</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/IMG_0483-2-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-2448" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/IMG_0483-2-768x1024.jpg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/IMG_0483-2-225x300.jpg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/IMG_0483-2-360x480.jpg 360w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>



<p>Très vite, ses œuvres ont attiré l&rsquo;attention de certaines boutiques et de la presse spécialisée. C&rsquo;est pourquoi, encouragée par son cercle d&rsquo;amis, elle a décidé d&rsquo;ouvrir son atelier au public, le transformant en une boutique où exposer ses créations: pendentifs, bagues, bracelets, coiffures… Fabriqués à la main, ses pièces parlent du passé et du futur, d&rsquo;ici et de là-bas, de la nature et du cosmos, de la tradition et de la modernité. L&rsquo;Art-déco, le Hollywood classique, le spiritisme, l&rsquo;Antiquité, l&rsquo;Art nouveau … toutes les inspirations trouvent leur place dans le style de Le Voilà. L&rsquo;esprit surréaliste de Francis Picabia (le nom de la marque provient d&rsquo;une de ses photographies) imprègne ces créations, qui papillonnent sur les mains, la tête et le cou des clients, échappant à toute définition. Aujourd&rsquo;hui, Le voilà est un espace rempli de savoir-faire, né du talent et des forces du destin.</p>



<p>Calle Pérez Galdós, 4 </p>



<p><a href="https://levoila.es">https://levoila.es </a></p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/IMG_0478-2-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-2445" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/IMG_0478-2-768x1024.jpg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/IMG_0478-2-225x300.jpg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/IMG_0478-2-360x480.jpg 360w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/IMG_0487-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-2450" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/IMG_0487-768x1024.jpg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/IMG_0487-225x300.jpg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/IMG_0487-360x480.jpg 360w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>
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		<title>La Macarena</title>
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		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Nov 2019 18:50:29 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Art de vivre]]></category>
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<p>Que vous soyez croyant ou pas, que vous soyez jeune ou vieux, de gauche ou de droite, parisien ou marseillais &#8230; Vous ne resterez pas impassible devant cette  vierge célébrissime qui, qu&rsquo;on le veuille ou non, fait partie qu&rsquo;on le veuille ou non, de la culture populaire et de l&rsquo;âme de Séville. Depuis sa basilique à l&rsquo;extrémité nord de la vieille ville, collée aux remparts et à l&rsquo;arc qui lui ont donnée ce nom aux résonances arabes, cette sculpture à l&rsquo;auteur anonyme, vénérée depuis quatre siècles, irradie la ville de son magnétisme. Notre Dame de l&rsquo;Espérance, la Macarena, est adorée, chantée, mais aussi moquée par les sévillans depuis des générations dans nombre de poèmes, quolibets ou simplement expressions de la vie quotidienne. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un véritable phénomène, qui va au-delà de la religion et mélange mémoire collective, sentiment d&rsquo;appartenance et sensibilité artistique. Du haut de son autel, la Macarena verse à jamais ses larmes en cristal, parée de somptueux tissus et de sa couronne en or. Sur sa poitrine, les mariquillas, ces cinq émeraudes en forme de fleur achetées place Vendôme et offertes par le célèbre toréro Joselito el Gallo. Mais la Macarena est aussi un quartier, peut-être le plus sévillan de tous, le plus populaire. Le vendredi de la Semaine Sainte, vers deux heures du matin, la vierge sort en procession sur un char en argent, entourée de fleurs et du parfum de l&rsquo;encens. Un moment d&rsquo;une intensité particulière, à ne pas manquer si vous avez l&rsquo;occasion.  Le reste de l&rsquo;année, on passe la voir le weekend, seul moment de la semaine où il est possible d&rsquo;accéder à sa niche et l&rsquo;approcher&#8230; avant de prendre un verre dans un des bars de ce quartier unique.  </p>



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		<title>La Colorería</title>
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		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Oct 2019 19:33:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[Artisanat]]></category>
		<category><![CDATA[Centre]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[Les gens]]></category>
		<category><![CDATA[Made in Séville]]></category>
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		<category><![CDATA[Seville]]></category>
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<p>Pepe et Paco, Paco et Pepe. Ce couple d’artistes fait de la magie avec la couleur depuis 1993. «&nbsp;Que pourrait-on faire pour passer nos journées les mains dans la peinture et qui nous permettrait d’en vivre ?&nbsp;», s’étaient-ils alors demandés. Amateurs de dessin depuis petits, ils avaient auparavant travaillé à la restauration du Monastère de la Cartuja. Ils décidèrent donc de mettre leur talent et leur passion commune au service d’un art utile et quotidien. Tout d’abord avec des meubles, qu’ils transformaient grâce à l’alchimie de la couleur. Puis le toit de l’église des Negritos à Séville qui fut leur première commande d’envergure. Depuis, des restaurants, des boutiques et des appartements à Séville, Madrid ou encore Paris ont changé de peau sous les pinceaux de La Colorería, dont la peinture décorative fait revivre des espaces jusqu’alors éteints. Tels des artistes de la Renaissance, Pepe et Paco déploient sur les murs des paysages exotiques ou des éléments en trompe-l’œil d’une exubérance mesurée. Oiseaux, fleurs, animaux sauvages cachés derrière la verdure, architectures indéfinies… Le sophistiqué et le naturel cohabitent en équilibre dans leurs créations : «&nbsp;nous commençons par la simplicité mais ça finit toujours par quelque chose de très riche.&nbsp;»</p>



<p>Ils vous accueillent, drôles et accueillants, dans leur atelier-boutique situé dans une ruelle du centre-ville. Derrière une des plus belles vitrines de Séville, aménagée comme un appartement Art-déco, le minimalisme baroque, marque de la maison, imprègne l’espace. Les surfaces en bois ou en métal se parent de motifs géométriques illuminés à la feuillé d’or. Les couleurs, bien sûr, vibrent dans des tons et des combinaisons inattendus. Nec plus ultra de la sophistication, la Colorería est spécialiste dans l’imitation du marbre et autres pierres nobles sur chaises, buffets ou lampes. Quel que soit le moment, on les découvre concentrés à reproduire les écailles d’une peau de poisson pour une tête de lit ou encore à tracer une à une les lignes sinueuses de la malachite bleue. Pour autant l’atmosphère reste détendue. «&nbsp;C’est un travail de bonnes sœurs. On y passe beaucoup d’heures, c’est un métier qui doit découler d’une vraie vocation.&nbsp;» Quand ils me montrent leurs travaux d’il y a quelques années, je perçois l’évolution de leur style, aujourd’hui plus épuré, plus sûr. Plus artistique aussi ? «&nbsp;L’art c’est tout ce qui te touche. Ou comme quelqu’un a dit : l’art c’est tout ce que l’homme appelle art&nbsp;» dit Paco. Tous les deux savent que ces métiers sont en train de disparaître, puisque de moins en moins de gens veulent s’y consacrer. Décision risquée, ils ont eu le courage de ne pas trop travailler pour le monde des confréries. En effet, Séville est une ville où les métiers d’art subsistent en partie grâce aux commandes de restauration, d’enrichissement et d’embellissement du patrimoine artistique des <em>cofradías</em>. Ils ajoutent par ailleurs que&nbsp;les métiers en rapport avec les arts décoratifs devraient être mieux réglementés. Mieux reconnues aussi. Pour que la magie d’un lieu transformé par l’alchimie de la couleur perdure.<br></p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/10/fullsizeoutput_2acd-768x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-2370" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/10/fullsizeoutput_2acd-768x1024.jpeg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/10/fullsizeoutput_2acd-225x300.jpeg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/10/fullsizeoutput_2acd-360x480.jpeg 360w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/10/fullsizeoutput_2acc-768x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-2372" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/10/fullsizeoutput_2acc-768x1024.jpeg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/10/fullsizeoutput_2acc-225x300.jpeg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/10/fullsizeoutput_2acc-360x480.jpeg 360w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>
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