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	<title>Sevilla &#8211; Bonjour Séville</title>
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	<description>Un projet sur Séville fait depuis Paris</description>
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	<title>Sevilla &#8211; Bonjour Séville</title>
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		<title>Historia(s) de Itaca (II)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Feb 2021 08:40:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Alameda de Hércules]]></category>
		<category><![CDATA[Centre]]></category>
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<p><em>Cette série de textes est issue de mes conversations avec José Antonio Campillo, fondateur et propriétaire d&rsquo;Itaca, incontournable club, ouvert en 1979, de la rue Amor de Dios, à Séville. Les premières ont eu lieu par téléphone, entre Paris et Séville, en octobre 2020. Ensuite, il y a eu d&rsquo;autres rencontres en tête-à-tête dans divers cafés et bars sévillans, qui m&rsquo;ont permis de peaufiner l&rsquo;histoire du club, indissociable de celle de la vie de José Antonio et de la ville elle-même.&nbsp;Cette&nbsp;deuxième&nbsp;partie&nbsp;comprend&nbsp;aussi&nbsp;le&nbsp;témoignage&nbsp;de&nbsp;Luis&nbsp;Yanguas,&nbsp;DJ chez&nbsp;Itaca&nbsp;entre&nbsp;1988&nbsp;et&nbsp;2000.</em></p>



<p>Dans ce deuxième volet, l&rsquo;arrivée des films pornos de Paris représente un tournant radical dans l&rsquo;histoire d&rsquo;Itaca, qui, avec enthousiasme et une certaine inconscience, rejoint la vague de liberté que les années 70 déversent sur l&rsquo;Espagne.</p>



<p><strong>« Enfant, les seuls hommes à moitié à poil auxquels nous avions accès étaient les gladiateurs des films et Tarzan. Puis, au fil des années, on découvre la culture classique, l&rsquo;art grec et romain. Cette fascination pour l&rsquo;Antiquité, mais aussi pour le baroque, si présent à Séville, se trouve à l&rsquo;origine d&rsquo;Itaca. Pour boucler la boucle, lorsque j&rsquo;ai été renvoyé de l&rsquo;usine et du syndicat, le célèbre poème de Cavafis, Ithaque, si que dans un certain sens et qui rassemble de nombreux éléments du monde classique est tombé entre mes mains. C&rsquo;est ainsi qu’avec Antonio Morillo nous avons choisi le nom du petit bar que nous avons décidé d&rsquo;ouvrir rue Amor de Dios. »</strong></p>



<p>Souvent, les meilleurs moments d’une soirée de fête sont ceux qui la précèdent, quand on n’est pas encore sorti. On choisit ses vêtements, on se douche, on s&rsquo;habille, on boit une première bière et danse sur une première chanson avec le sentiment que tout est possible. Le voyage a déjà commencé. Dans le poème <em>Ithaque</em>, Constantin Cavafis nous exhorte à profiter de chaque étape du voyage, quoi qu’il soit voyage, sans trop penser à la destination finale. L&rsquo;île de la mer Ionienne qui donne son titre au poème n&rsquo;est qu&rsquo;une excuse pour prendre le large direction la vie ou simplement la nuit. « Dans les années 1970, nous avions très faim de liberté, de sexe. Tout était à faire. À cette époque, les homosexuels se cachaient pour draguer derrière les buissons dans les jardins publics ou dans les services de la gare. Il n&rsquo;y avait pas de lieux de sociabilité gay. Itaca est né avec une vocation de service, dans le but d&rsquo;être un lieu sûr de rencontre et d&rsquo;épanouissement. » De sa jeunesse au village à son implication dans la lutte ouvrière, la volonté de rapprocher, de créer une communauté, imprègne toutes les étapes de la vie de José Antonio. Portant stoïquement l’étiquette d&rsquo;homme d&rsquo;affaires LGTB (« une expression qui me pèse »), sa carrière le place bien au-dessus de ce label. Son courage et sa générosité ne comprennent pas le mot bénéfice.</p>



<p><strong>LE PREMIER ITACA</strong></p>



<p>Séville, 1979. Chaque après-midi, les homos de la ville pratiquent la fameuse <em>carrera</em> (promenade), qui s&rsquo;étale de La Campana au bar Coliseo, sur la place de la Puerta de Jerez. Seuls ou en petits groupes, ils descendent la Calle Sierpes et l&rsquo;Avenida de la Constitución à la recherche d&rsquo;un répit face à l&rsquo;oppression quotidienne. Dans la rue, ils se rencontrent, ils s&rsquo;écoutent, ils socialisent, ils s&rsquo;évadent. Depuis des années, la <em>carrera</em> est un véritable rituel, mais c&rsquo;est aussi un piège. La police guette. La <em>Ley de Peligrosidad Social</em> (Loi de la dangerosité sociale) réprime le moindre geste efféminé, tout vêtement équivoque. Il est facile de se retrouver en prison, battu et insulté. « À Séville, il y avait beaucoup de répression, beaucoup de douleur. Quand j&rsquo;ai commencé à fréquenter le milieu homosexuel, tout me semblait très sordide. Le <em>cruising</em> se pratiquait à Chapina, en bordure du Guadalquivir, une partie de la ville dangereuse à l&rsquo;époque plus à cause des voleurs que des fascistes venus <em>casser du pédé </em>; puis dans les Jardines de Murillo, un espace un peu plus sûr car plus proche du centre-ville. Tout était clandestin, comment pourrait-il en être autrement », se souvient José Antonio. Il y avait déjà quelques bars, mais ils fermaient tôt : Chandelier, Prisma, <br>Tibu… « Itaca a été conçu comme quelque chose de différent. Nous voulions offrir un espace d&rsquo;expression et de dialogue. Antonio et moi avons aménagé le bar avec quatre sous dans une ancienne marbrerie où l’on fabriquait des pierres tombales. Nous l&rsquo;avons inauguré lors de la Semana Santa de 1979. Je me souviens qu&rsquo;au fond, il y avait un rideau et derrière, ma sœur et des amis préparaient des sandwichs et des tortillas pour les clients ». Sans être ouvertement gay, le premier Itaca, au 25 de la rue Amor de Dios, s&rsquo;abreuve dans l&rsquo;esprit libertaire de l&rsquo;époque. Il convoque les intellos et les alternatifs du quartier de l&rsquo;Alameda de Hércules, « les romantiques de l’anarchisme » : antiquaires, comédiens, céramistes et peintres qui fréquentent le marché aux puces du dimanche matin et forment une communauté vivante et engagée dans la Séville du moment. On y parle art, sexe, Concha Piquer (1). « La ville avait besoin d’un lieu de ce type, d&rsquo;un espace où l&rsquo;on puisse socialiser, générer des courants d&rsquo;opinion et du débat. J&rsquo;encourageait cette approche culturelle et alternative. Nous avons organisé des expositions d&rsquo;artistes tels que Juan Luis Aguado ou Rafael Abad Mejías et des lectures de poésie, au cours desquelles nous étions tous allongés sur des coussins par terre, fumant ce que l’on fumait à l&rsquo;époque. La Alameda a toujours été le quartier phare de la contestation et je pense que l’importance de l’activité de ses habitants au cours de ces années-là n’a pas été suffisamment soulignée. Par exemple, la première tentative de carnaval, interdit après la Guerre civile, a été organisée par les habitants du quartier. Bien qu&rsquo;avec moins d&rsquo;impact médiatique, cela a plus fait exploser les codes de l&rsquo;époque que la manifestation de 1978, cette première tentative de Gay Pride. »</p>



<figure class="wp-block-image"><img width="789" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/02/FF23BD38-A010-4787-98B2-1EA3CA1AC681_1_201_a-789x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-4947" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/02/FF23BD38-A010-4787-98B2-1EA3CA1AC681_1_201_a-789x1024.jpeg 789w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/02/FF23BD38-A010-4787-98B2-1EA3CA1AC681_1_201_a-231x300.jpeg 231w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/02/FF23BD38-A010-4787-98B2-1EA3CA1AC681_1_201_a-768x996.jpeg 768w" sizes="(max-width: 789px) 100vw, 789px" /><figcaption>Amor de Dios, 25: première adresse d&rsquo;Itaca. </figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="696" height="403" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/02/FEA7D2AE-2786-472B-9C50-999ABB3B25E4.jpeg" alt="" class="wp-image-4926" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/02/FEA7D2AE-2786-472B-9C50-999ABB3B25E4.jpeg 696w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/02/FEA7D2AE-2786-472B-9C50-999ABB3B25E4-300x174.jpeg 300w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption>Constantin Cavafis.</figcaption></figure>



<p><strong>ET LE PORNO</strong> <strong>ARRIVA</strong>  </p>



<p>Mais la vraie bombe arrive depuis Paris. Environ trois ans après l&rsquo;ouverture du bar, un ami commence à envoyer des films porno gay de la capitale française. Chaque soir, ils sont projetés à huis clos à un groupe d&rsquo;intimes. Le système VHS ne s&rsquo;est pas encore répandu : les films arrivent à Séville sous forme de bobines. Le cinéma X de l&rsquo;époque, qui, vu aujourd’hui, a l&rsquo;air quelque peu innocent et naïf, reflète néanmoins l&rsquo;enthousiasme, l&rsquo;audace que les mouvements de libération homosexuelle ont fait fleurir dans le monde depuis la fin des années 1960 et jusqu&rsquo;à l&rsquo;arrivée du sida. Le film <em>Un couteau dans le cœur (</em>2018, Yann Gonzalez) dépeint l&rsquo;industrie française de la production de porno gay au moment où Itaca ouvre ses portes. Le personnage principal, joué par Vanessa Paradis, est inspiré d&rsquo;Anne-Marie Tensi, la mystérieuse réalisatrice et productrice dont les films, tournés sous un pseudonyme et pour la plupart disparus, constituent aujourd&rsquo;hui des œuvres de culte. Qui sait si l&rsquo;un d&rsquo;entre eux n&rsquo;a pas été projeté lors de ces soirées à Itaca ? « Le succès a été immédiat. Nous avons commencé à projeter les films après la fermeture, entre amis, mais la rumeur s&rsquo;est rapidement répandue et très vite les gens demandaient à rester voir par eux-mêmes ce qui s&rsquo;y passait. Ils ont commencé à me demander d&rsquo;avancer l’heure de projection. Cela a fini par être un <em> totum revultum </em> d&rsquo;amis, de couples, de célibataires. Certains se chauffaient en regardant le porno ; d&rsquo;autres prenaient simplement un verre et regardaient. Tout était vécu très naturellement. » Luis Yanguas se souvient comment on a commencé à parler « d&rsquo;un bar<em> </em>rue Amor de Dios où l’on passait des films porno. Il faut savoir que, mis à part les bars pour homos à l&rsquo;ancienne, il y avait peu d&rsquo;offre à Séville. Seuls Trastamara et Metal, rue Jesús del Gran Poder, affichaient certaines velléités de modernité. Itaca a fini par s&rsquo;imposer aux deux ». Cependant la situation se complique : de plus en plus de gens viennent attirés par les films X et José Antonio doit gérer différents types de public. Il décide alors de fermer pour réfléchir. C&rsquo;est pendant cet intérim que s&rsquo;allume la flamme d&rsquo;Itaca, de cet esprit libre et osé qui marquera toute une génération. « On s&rsquo;est rendu compte que le porno, et plus tard le <em>backroom</em>, participaient de cette volonté initiale de rendre service. Nous voulions libérer la répression latente qui existait dans la ville, faire sortir les pédés de l&rsquo;ombre et de la clandestinité. Le succès de ces projections nous a décidés à poursuivre sur cette voie et, en plus, nous a aidés à être plus honnêtes avec nous-mêmes. C&rsquo;est quelque chose qui s’est imposé. Nous voulions aussi nous amuser, nous en avions besoin à l’époque. » Et José Antonio me fait un clin d’œil par dessus sa tasse de café. Itaca, qui n&rsquo;est pas encore une discothèque, rouvre après de petits travaux : portes peintes en rose, rideaux en dentelle, lampes en osier, tapis, coussins et une lune et un soleil en papier mâché. La projection de cinéma X fait officiellement partie de l’offre du bar. « Nous avons osé institutionnaliser cette partie du projet, mais avec beaucoup de soin. A Séville, on baise même dans la sacristie mais la devise est <em> Fais ce que tu veux sans te faire remarquer </em>. Nous avons été très prudents dès le début. La police faisait des descentes constantes dans les bars de Marqués de Paradas. Quoi qu&rsquo;il en soit, il était clair que la ville était prête pour un endroit comme Itaca. » Cependant, une partie de la clientèle potentielle du bar n&rsquo;ose toujours pas franchir ses portes. José Antonio observe certains garçons qui, nuit après nuit, passent sans se décider à entrer. Victimes d&rsquo;une homophobie sauvage, ils rôdent rue l&rsquo;Amour de Dieu à la recherche du courage de franchir le pas. Manolo est l&rsquo;un d&rsquo;entre eux. Son air timide attire l&rsquo;attention de José Antonio, qui le fait délicatement sentir en sécurité et l&rsquo;invite à entrer. Après une série de rendez-vous, de discussions, d&rsquo;évidences, ils finissent par faire l&rsquo;amour une nuit dans le bar, quand tous les clients sont partis. Manolo, « avec son sourire éternel et sa capacité infinie pour l’empathie », sera une partie essentielle du projet, ainsi qu&rsquo;un partenaire de vie jusqu’a aujourd&rsquo;hui.</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="932" height="582" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/02/014526DD-2292-4091-8D44-F102724AE6B4.jpeg" alt="" class="wp-image-4942" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/02/014526DD-2292-4091-8D44-F102724AE6B4.jpeg 932w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/02/014526DD-2292-4091-8D44-F102724AE6B4-300x187.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/02/014526DD-2292-4091-8D44-F102724AE6B4-768x480.jpeg 768w" sizes="(max-width: 932px) 100vw, 932px" /><figcaption>Vanessa Paradis dans <em>Un couteau dans le cœur&nbsp;(</em>2018, Yann Gonzalez).</figcaption></figure>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" width="14176" height="19008" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2021/02/Numériser-10.jpeg" alt="" class="wp-image-4937"/><figcaption><em>Fiesta romana à</em> Itaca, années 1990 (photo José Antonio Campillo). </figcaption></figure></div>



<p>Cette nouvelle étape d&rsquo;Itaca assiste à la naissance d&rsquo;un de ses éléments distinctifs, indissociable de l&rsquo;aura de subversion et de légende que l&rsquo;espace va acquérir au fil des ans. Au fond du bar, à côté des toilettes, se trouve l&rsquo;entrepôt, un petit espace rempli de cartons avec des bouteilles. Un soir, José Antonio décide de le laisser ouvert, la lumière éteinte. « À la sortie des toilettes, certains garçons ont commencé à y entrer spontanément. Ça a été le premier <em>backroom</em> d&rsquo;Itaca. Il est arrivé un moment où certains passaient d’un espace à l&rsquo;autre sans ranger leur bite. Tout cela était très évident mais, comme avec les projections, personne ne semblait choqué ». À cette époque, la ville et l&rsquo;homme s&rsquo;écoutent et se comprennent de mieux en mieux : Séville demande du <em>fun</em> et de la liberté et José Antonio lui offre un espace où les cultiver et, en même temps, où exorciser ses démons à lui. Cependant, l&rsquo;âge d&rsquo;or d&rsquo;Itaca est encore à venir. Celui qui verra Cléopâtre débarquer recouverte de voiles et portée sur son trône ; celui qui fera de la discothèque de la rue Amor de Dios un lieu de pèlerinage pour les homosexuels d&rsquo;Espagne et d&rsquo;Europe, qui viendront à Séville visiter l&rsquo;Alcazar, la cathédrale et sa piste de danse.</p>



<p><em><strong>Alameda ma&nbsp;belle</strong></em></p>



<p>Le documentaire <em>La Alameda</em>, tourné en 1978 par Juan Sebastián Bollaín, parcourt le quartier et le moment où Itaca apparaît sur la scène. Objet de désir maltraité, profané, le quartier apparaît dans les images en noir et blanc dévoré par les voitures et la crasse. L&rsquo;énorme trou des travaux du métro perce son centre comme une plaie ouverte. Les maisons traditionnelles, à moitié en ruines, cohabitent avec les constructions neuves, filles des excès de l&rsquo;immobilier que dénonce le documentaire. Il ne reste guère rien à cette époque du lieu de récréation, avec ses kiosques, ses fontaines, ses théâtres et ses cinémas en plein air qu’a été le quartier jusqu&rsquo;à la Guerre civile. L&rsquo;illustre empreinte du flamenco a également disparu. Le temps a balayé des lieux mythiques tels Los Majarones ou Las Siete Puertas. Le quartier est, dans les années 1970, un corps affligé d&rsquo;innombrables maux : misère, crime, spéculation … Mais c&rsquo;est aussi un organisme très vivant. La protestation et la créativité imprègnent ses rues et le marché aux puces du dimanche est une agora de liberté. Le carnaval renaît de ses cendres à la fin de la décennie grâce à des artistes comme le visionnaire Ocaña et à un voisinage actif et impliqué. Il est logique qu&rsquo;Itaca s&rsquo;installe alors dans ce quartier de la ville où plaisir et revendication, culture et liberté ont toujours été main dans la main. </p>



<p><strong>Livres</strong></p>



<p>Constantino Cavafis, <em>Poesía completa</em>, Visor, 2003. </p>



<p>Miguel A. Domínguez Pérez, José María Marchante, Francisco A. Macera Garfia, <em>Origen del movimiento LGTB en Sevilla</em>, Punto Rojo, 2019. </p>



<p>Jordi Costa, <em>Cómo acabar con la contracultura</em>, Taurus, 2018.</p>



<p>Juan Ramon Barbancho, Pablo Morterero, <em>Lo personal es politico. Historia del activismo homosexual en Andalucia,&nbsp;</em>Diputación de Cadiz, 2019.</p>



<p><strong>Films</strong></p>



<p><em>Un couteau dans le cœur</em>, Yann Gonzalez, 2018.</p>



<p><em>La Alameda</em>, Juan Sebastián Bollaín, 1978. </p>



<p><br></p>
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		<title>Ramitos</title>
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		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Jan 2021 16:31:08 +0000</pubDate>
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<p>Séville est une ville à fleurs bien que les gens n&rsquo;aient pas l&rsquo;habitude d&rsquo;en ramener chez eux. Les fleurs ornent les jardins, les balcons et les autels des églises. On les retrouve également dans les métaphores et dans les chansons dédiées à la ville. Le Sévillan dépense peu d&rsquo;argent en fleurs. Peut-être qu’il ne voit pas l’intérêt de payer pour quelque chose qui est beau mais aussi destiné à disparaître en peu de temps. Peut-être en a-t-il assez avec l&rsquo;explosion fleurie du printemps et de la Semaine Sainte. Cette relation complexe entre la ville et les fleurs se reflète dans l&rsquo;histoire de Ramitos. « Aujourd&rsquo;hui, on vend bien plus qu&rsquo;avant, sans toutefois atteindre le volume facturé dans d&rsquo;autres pays européens. Le sévillan a voyagé et a apporté des habitudes qui existaient déjà ailleurs. Avant, la fleur coupée était un article de luxe, accessible uniquement aux familles riches, aux hôtels et aux confréries. À Séville, les fleurs étaient vendues en pots, achetés dans des pépinières et accrochés dans les patios et les balcons. Cela a toujours existé. » Manuel Ramos (<em>ramo</em>&nbsp;veut&nbsp;dire bouquet de fleurs en espagnol) est l&rsquo;avant-dernier maillon de cette saga de fleuristes qui travaille dans le quartier de La Encarnación depuis les années 1920. Sa fille, María, a déjà accepté&nbsp;de reprendre<strong>&nbsp;</strong>le témoin et travaille dans les petits locaux que la famille gère à l’angle des rues José Gestoso et Misericordia.</p>



<p>Le grand-père Manuel est arrivé à Séville, de la province de Cadix, on ne sait pas quand. Personnage mystérieux, son esprit joyeux et entrepreneur est cependant resté dans les chroniques de l&rsquo;ancien marché de La Encarnación, où il a pris un stand de fleurs en 1920. À 19 ans, son fils prend les rênes du petit négoce et hérite du surnom Ramitos. « Mon grand-père s&rsquo;approvisionnait dans les jardins de la ville<strong>&nbsp;;&nbsp;</strong>les pépiniéristes n&rsquo;existaient pas à cette époque. La Macarena, par exemple, était jusqu&rsquo;à il y a un siècle un quartier de vergers et de jardins. Mon père a déjà connu la production qui venait de l&rsquo;étranger&nbsp;<strong>:&nbsp;</strong>d&rsquo;abord de Barcelone et de Grenade<strong>&nbsp;;&nbsp;</strong>puis d&rsquo;Almería. L&rsquo;offre était assez limitée, selon les saisons<strong>&nbsp;:</strong>&nbsp;œillets, roses, glaïeuls, chrysanthèmes, anémones. Puis Chipiona, ce petit village sur la côte de Cadix, est arrivé et a fini par monopoliser le marché.&nbsp;» Au début des années 70, la famille s&rsquo;installe dans un minuscule kiosque derrière le marché. « Mon père était complètement consacré à son travail. Il s’occupait des arrangements floraux de 25 confréries de la ville. Il passait toute la journée à parcourir les églises de la ville, à faire des livraisons. Nous lui apportions le déjeuner et il mangeait debout sur une planche qu&rsquo;il plaçait au-dessus d’une benne. Le travail avait alors un aspect plus humain, plus proche des gens. J&rsquo;ai passé de nombreuses heures au kiosque et je me souviens, par exemple, des discussions avec les commerçants du marché. Aujourd&rsquo;hui, on n’a pas le temps pour ces moments.&nbsp;»</p>



<p>Dans un rapport publié dans le journal&nbsp;<em>Ahora</em>&nbsp;en 1935, Manuel Cháves Nogales écrit à propos de la Semaine Sainte : « À Séville, il n&rsquo;y a que deux ou trois fleuristes capables d’arranger correctement les fleurs d’un&nbsp;<em>paso&nbsp;</em>(1). L&rsquo;un d&rsquo;eux est le jardinier de l&rsquo;hôpital de la Caridad. Ces artistes de la fleur commencent leur travail la veille de la sortie en procession de la confrérie. (&#8230;) Un bouquet de fleurs à la main, parfois juste un minuscule bouton de fleur d&rsquo;oranger entre le pouce et l&rsquo;index, l&rsquo;artiste de la fleur, face au&nbsp;<em>paso</em>, regarde et regarde à nouveau, s&rsquo;approche, recule, incline la tête, monte sur la structure, descend et se concentre, comme un illuminé, avant d’appliquer la légère touche d&rsquo;une fleur. » Le fleuriste est-il un artiste ? En France, ils sont considérés comme des artisans. « Vendre des fleurs n&rsquo;est pas la même chose que faire des créations florales. Habiller un <em>paso</em> de Semaine Sainte, une église ou simplement une pièce demande sensibilité et créativité. Mon grand-père et mon père étaient autodidactes : ils se sont formés à base d&rsquo;observation et de critère. Ma fille et moi avons étudié aux écoles d&rsquo;art floral de Madrid et de Bollullos. Le métier de fleuriste a évolué, il est devenu plus sophistiqué avec le temps. Avant, c&rsquo;était beaucoup plus dur, plus physique.&nbsp;» Recouvrir<strong>&nbsp;</strong>de fleurs la surface d’un&nbsp;<em>paso</em>&nbsp;était autrefois un travail de&nbsp;titan. Les fleurs étaient plantées une à une dans de l’<em>herbe de cerisier</em>, c&rsquo;est-à-dire les branches, les tiges et les feuilles qui gardaient la fraîcheur de ce fruit pendant son transport en été et qui, au printemps, avaient eu le temps de sécher. Bien compactée, cette matière végétale était moulée et retenue en passant plusieurs rangées de fils de fer dessus. C&rsquo;était le support dans lequel les œillets étaient plantés. Chaque fleur était attachée à un morceau de canne avec un bout de fil de fer, obtenu en brûlant de vieux matelas et en enlevant les ressorts. L&rsquo;extrémité du roseau était aiguisée pour obtenir une sorte de fleur-dague qui, enfoncée une à une, recouvrait la surface. Tout était réutilisé. Un véritable exemple d&rsquo;ingéniosité, de savoir-faire et de recyclage. Un&nbsp;<em>paso&nbsp;de Cristo</em> est recouvert de 250 douzaines d&rsquo;œillets.</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="1024" height="727" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2017/04/fullsizeoutput_caf-1024x727.jpeg" alt="" class="wp-image-743" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2017/04/fullsizeoutput_caf-1024x727.jpeg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2017/04/fullsizeoutput_caf-300x213.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2017/04/fullsizeoutput_caf-768x545.jpeg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption><em>Paso de Cristo</em> recouvert d’œillets lors de la Semana Santa.</figcaption></figure>



<p>Après la construction de Las Setas, les célèbres champignons géants qui, en 2011, ont transformé le centre historique de la ville, Ramitos a quitté la coopérative du marché et s&rsquo;est installé dans les locaux qu&rsquo;il occupe encore aujourd&rsquo;hui. De là sort toute la décoration florale, soigneusement sélectionnée et composée, pour la cathédrale et pour la confrérie de la Macarena. Le gros du négoce vient toujours des confréries : il faut décorer les églises pour les événements signalés. La période la plus chargée de travail reste la Semaine Sainte. « Mon grand-père et mon père ont dû employer du personnel supplémentaire pendant cette semaine. Tout était beaucoup plus laborieux. Dans les années 80, la mousse est apparue, ce qui permet d<strong>&lsquo;</strong>enfoncer directement la fleur, et tout est devenu plus simple. J’ai un peu la nostalgie du passé, c&rsquo;était beau,&nbsp;l&rsquo;ambiance et les liens qui se créaient lors de la décoration d’un&nbsp;<em>paso</em>. Mais c&rsquo;était aussi une vraie corvée.&nbsp;» Et le Sévillan ? Qu&rsquo;est-ce que le client particulier achète ? Beaucoup de tubéreuse en saison et des marguerites toute l&rsquo;année. « Le sévillan continue d&rsquo;acheter plus de plantes que de fleurs&nbsp;coupées&nbsp;car il veut que cela dure éternellement. Cela, évidemment, est assez irréaliste », plaisante Manuel en coupant des œillets blancs.&nbsp;</p>



<p>(1) Large plate-formes de bois brut décorées et fleuries sur lesquelles sont portées en procession les sculptures du Christ et de la Vierge. </p>



<p>Ramitos, calle Misericordia 2. </p>
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		<title>Orfebres Seco</title>
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		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Nov 2020 13:20:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Art de vivre]]></category>
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		<category><![CDATA[Culture andalouse]]></category>
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		<category><![CDATA[Sevilla]]></category>
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<p class="has-drop-cap">L&rsquo;apparition d’une procession de Semaine Sainte dans la nuit est l&rsquo;un des souvenirs les plus vifs que je garde de mon enfance.&nbsp;Avec le temps, on comprend que c’est la lumière qui rend possible cette impression ineffaçable.&nbsp;Les myriades de cierges qui brûlent devant le visage de la Vierge se multiplient dans les paillettes, dans les larmes et dans les diamants qui ornent la sculpture. Mais c’est surtout l’argent recouvrant le char de procession qui enflamme cette vision.&nbsp;Je ne le savais pas alors, mais cette <em>braise en or</em>, comme l’appelait l’écrivain Manuel Cháves Nogales, qui parcourt les rues obscurcies de la ville est ciselée depuis 1860 dans l&rsquo;atelier de Seco.&nbsp;Cette famille d&rsquo;orfèvres façonne, depuis cinq générations, tous les éléments en argent qui enchâssent certaines Vierges andalouses lors de leur sortie processionnelle annuelle.</p>



<span id="more-4198"></span>



<p><strong>La visite</strong><br></p>



<p>Je visite cet atelier légendaire, dans le quartier de l&rsquo;Avenida de Miraflores, un matin d&rsquo;été. Les maisons du Retiro Obrero et le squelette de l’ancienne manufacture de verre La Trinidad témoignent du passé de cette partie de la ville, fer de lance du timide processus d&rsquo;industrialisation de Séville depuis la fin du XIXe siècle. D&rsquo;autres manufactures, transformées en bâtiments résidentiels, n&rsquo;ont conservé que leurs belles façades en briques. Situé sur une petite rue, l&rsquo;atelier de Seco occupe un grand hangar, précédé d&rsquo;un patio verdoyant et couronné d&rsquo;un immense puits de lumière qui éclaire l&rsquo;espace. Ici, travail et volonté pédagogique vont de pair : l&rsquo;atelier invite à un parcours libre mais très instructif à travers l&rsquo;histoire de la maison et les différentes techniques du travail de l&rsquo;argent. Nous avons tous notre place, le visiteur et les travailleurs. Chacun vaque à ses occupations. Seco produit des pièces destinées à la fois à enrichir le patrimoine des confréries de Séville et à décorer l’intérieur de maisons de particuliers. Je commence par le musée. Un long mur expose les innombrables modèles en bronze, laiton et bois, pour l&rsquo;ornement domestique, que l&rsquo;atelier a réalisés tout au long de son histoire : saints, animaux, croix, une Giralda miniature, des fleurs&#8230; voire une série de têtes de femmes égyptisante. L&rsquo;accumulation des formes, accrochées les unes sur les autres, fait penser au mur d&rsquo;un temple que les fidèles auraient recouvert d&rsquo;ex-voto chargés d&rsquo;intentions mystérieuses. L&rsquo;usage et le vieillissement, différents selon la matière, recouvrent les modèles d&rsquo;une patine délicate. On a la sensation d&rsquo;être dans un lieu presque sacré, dépositaire de montagnes d&rsquo;histoire et de vie.</p>



<p><strong>L&rsquo;atelier</strong></p>



<p>Dans l&rsquo;atelier, les portraits des membres de la saga familiale bénissent le travail fait sous leur regard. Tout est exposé : bellement agencés, outils, moules et meubles racontent l&rsquo;histoire de la famille et retracent l&rsquo;évolution des techniques d&rsquo;orfèvrerie au fil du temps. L&rsquo;espace, apparu dans certains magazines de décoration, répond aux besoins d&rsquo;un atelier tout en restant extrêmement beau, évocateur et vivant. On m&rsquo;explique que, contrairement à la forge, l&rsquo;orfèvrerie utilise des techniques plus délicates. Ainsi, du dessin du modèle à sa réalisation, la pièce passe par différents procédés de fabrication, ornés d&rsquo;un vocabulaire spécialisé empreint de poésie : fonte du métal dans le creuset, coulage dans le moule, gaufrage, polissage, assemblage final réalisé par l&rsquo;expert en lampisterie&#8230; Jerónimo, l&rsquo;un des deux héritiers de la saga, cisèle une pièce en argent avec un petit marteau. Les coups sont décidés mais délicats. Au Prado, j&rsquo;ai admiré de nombreuse fois <em>La fragua de Vulcano</em>, le célèbre tableau de Velázquez. Le dieu de la mythologie classique n&rsquo;est pas orfèvre mais forgeron. Pourtant, je ne peux m&#8217;empêcher de penser aux gestes, aux sons de la scène. Quelle différence avec la triste frappe du clavier qui accompagne une grande partie de notre vie devant l&rsquo;écran. À l&rsquo;autre bout de l&rsquo;atelier, on me montre comment le métal fondu pénètre à travers les orifices du moule, remplissant toutes ses concavités. L&rsquo;intérieur du moule est compacté avec du sable. Il est difficile de croire qu&rsquo;un matériau si malléable puisse résister à l&rsquo;avancée brûlante du métal, le forçant à adopter la forme désirée. Il semble que les musulmans andalous utilisaient déjà cette technique. Je me balade dans l&rsquo;atelier, m’imprégnant de l&rsquo;atmosphère détendue et concentrée. Une apprentie observe attentivement chaque geste du maître, comme jadis dans les ateliers des différentes corporations. Et je me trouve alors nostalgique de quelque chose que je n&rsquo;ai jamais connu : le travail manuel, être absorbé dans la création de quelque chose de tangible. Etre dépositaire d&rsquo;un savoir-faire que des générations de dévouement au métier ont poli et qui se manifeste dans les gestes précis des mains.</p>



<p>Avant de partir, je visite le bureau de l&rsquo;atelier, présidé par une immense Immaculée Conception à l’huile de l’école de Murillo.&nbsp;Une couronne de Vierge ciselée en argent scintille dans une urne en verre.&nbsp;Je me souviens alors des Semaines Saintes de mon enfance, magiques et lumineuses.</p>



<p><a href="https://www.orfebreseco.com">www.orfebreseco.com</a></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" width="1024" height="684" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/FC3A5C9F-0FB5-4A83-AB2F-68BD6851C15D_1_201_a-1024x684.jpeg" alt="" class="wp-image-4215" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/FC3A5C9F-0FB5-4A83-AB2F-68BD6851C15D_1_201_a-1024x684.jpeg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/FC3A5C9F-0FB5-4A83-AB2F-68BD6851C15D_1_201_a-300x200.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/FC3A5C9F-0FB5-4A83-AB2F-68BD6851C15D_1_201_a-768x513.jpeg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Semaine Sainte à Séville. </figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/7B782E7F-669F-4038-8B8C-532ED07F8DB9_1_201_a-768x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-4192" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/7B782E7F-669F-4038-8B8C-532ED07F8DB9_1_201_a-768x1024.jpeg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/7B782E7F-669F-4038-8B8C-532ED07F8DB9_1_201_a-225x300.jpeg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/7B782E7F-669F-4038-8B8C-532ED07F8DB9_1_201_a-360x480.jpeg 360w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption>Le musée.</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/9D39F096-D879-411B-B012-A8626526D470_1_201_a-768x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-4194" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/9D39F096-D879-411B-B012-A8626526D470_1_201_a-768x1024.jpeg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/9D39F096-D879-411B-B012-A8626526D470_1_201_a-225x300.jpeg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/9D39F096-D879-411B-B012-A8626526D470_1_201_a-360x480.jpeg 360w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption>L’atelier.</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/13A894BC-584C-4F62-9B3C-6C023D35F0EE_1_201_a-768x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-4196" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/13A894BC-584C-4F62-9B3C-6C023D35F0EE_1_201_a-768x1024.jpeg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/13A894BC-584C-4F62-9B3C-6C023D35F0EE_1_201_a-225x300.jpeg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/13A894BC-584C-4F62-9B3C-6C023D35F0EE_1_201_a-360x480.jpeg 360w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure></div>
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		<title>The Exvotos</title>
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		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jul 2020 20:29:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Art]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>L&rsquo;autre jour, mon copain et moi avons regardé ensemble le film&nbsp;<em>Ocaña, portrait intermittent</em>&nbsp;(Ventura Pons, 1978). Lui, français, n&rsquo;a jamais visité l&rsquo;Andalousie et j&rsquo;ai toujours pensé qu&rsquo;Ocaña, le génial artiste queer décédé en 1983, est l&rsquo;un des meilleurs médiums pour un premier contact avec la culture populaire et l&rsquo;esprit andalous. À un moment du film, le peintre et agitateur de Cantillana, petit village à quelques kilomètres de Séville, affirme que l&rsquo;Andalousie est comme un «un grand tableau surréaliste&nbsp;». L’édition 2020 de la Feria de Séville n’a pas pu avoir lieu à cause de la pandémie du Covid-19. En avril, alors que la célèbre&nbsp;<em>fiesta</em>&nbsp;aurait dû être à son comble, Daniel et Luciano, The Exvotos, ont créé une pièce en céramique qui représentait une clown habillée avec la robe traditionnelle flamenca. Ce couple d&rsquo;artistes fusionnait ainsi, avec brio et spontanéité, deux aspects essentiels de la fête : la revendication du folklore et le goût de la théâtralité. «&nbsp;La vie sans humour ne va nulle part. Nous le cultivons sans le forcer, naturellement. De plus, nous pouvons être très ironiques. Notre humour est surréaliste. » Eux dans leur maison du centre de Séville et moi dans mon appartement à Paris, Daniel, Luciano et moi invoquons l&rsquo;esprit d&rsquo;Ocaña. «&nbsp;Comme la vie elle-même, l&rsquo;Andalousie n’est qu’un grand contraste : le sang et l&rsquo;or, les larmes et la couronne « , explique Luciano.</p>



<span id="more-3764"></span>



<p><strong>L&rsquo;art</strong></p>



<p>Les Exvotos sont les enfants terribles de la création sévillane. Leur travail mêle tradition et modernité et joue avec la religiosité populaire et le paganisme. Le métal, le bois et surtout la céramique se transforment sous leurs mains en pièces habitées d&rsquo;humour et de sophistication. Leurs références couvrent le Baroque et l&rsquo;Antiquité, les avant-gardes, le mysticisme et même le kitsch. Un torrent de génie andalou. «&nbsp;Nous ne recherchons pas la perfection, nous croyons beaucoup à la spontanéité. Le parfait, le symétrique, ça ne nous intéresse pas. Nous sommes attirés par l&rsquo;asymétrie, l&rsquo;impur, l&rsquo;usé. Cette merveilleuse imperfection qui finit par être doublement belle. Ce que j&rsquo;aime le plus peindre, ce sont des gens qui louchent. En fait, ce sont les pièces que nous vendons le mieux », explique Daniel. «&nbsp;Nous ne vendons pas du faux. Nous recherchons la beauté et nous avons une idée concrète de ce que nous aimons, mais nous nous laissons aussi aller à l’inspiration du moment. Il faut que ce soit frais. Nous recherchons l&rsquo;étincelle, l&rsquo;authenticité, la lumière. La lumière naturelle est la base de tout. Cela peut surprendre, mais nous n&rsquo;aimons pas l&rsquo;artifice. Par exemple, la série #lahoradelafruta, que nous publions régulièrement sur notre profil Instagram, est née d&rsquo;une habitude qui fait vraiment partie de notre quotidien. » Les Ex-Votos font de la vie une œuvre d&rsquo;art. Et pas seulement en ce qui concerne leurs pièces : être reçu dans leur atelier constitue une expérience teintée d’art de vivre à l&rsquo;andalouse et, en même temps, d&rsquo;esprit cosmopolite. Chaque visite a quelque chose d&rsquo;un rituel initiatique sous le signe du naturel et, finalement, de l&rsquo;art.</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/D09985F5-913C-4DF2-B4B9-8C0E6163EBEE-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-3776" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/D09985F5-913C-4DF2-B4B9-8C0E6163EBEE-768x1024.jpg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/D09985F5-913C-4DF2-B4B9-8C0E6163EBEE-225x300.jpg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/D09985F5-913C-4DF2-B4B9-8C0E6163EBEE-360x480.jpg 360w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/D09985F5-913C-4DF2-B4B9-8C0E6163EBEE.jpg 1537w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>



<p></p>



<p><strong>L&rsquo;atelier</strong></p>



<p>Situé au nord de la vieille ville, l&rsquo;atelier de Daniel et Luciano est un lieu de pèlerinage pour les connaisseurs. Un authentique cabinet de curiosités où, quand ils ne reçoivent de visites, le couple travaille dans une atmosphère monastique. L&rsquo;exubérance des pièces contraste avec la concentration respirée. #quieroelconvento (#onveutlecouvent) est en fait le hashtag que les Exvotos répètent le plus sur les réseaux sociaux ces derniers temps. «&nbsp;Nous sommes conventuels dans notre routine. C&rsquo;est le style de vie dont notre travail a besoin et auquel nous aspirons également : la vie des moines, axée sur la prière et le travail.&nbsp;La prière entendue comme méditation, comme un être en contact avec soi-même.&nbsp;» Daniel et Luciano mettent toute leur énergie à trouver un endroit pour atteindre cet idéal. «&nbsp;Nous voudrions une maison où le travail se confondrait avec la vie. » Après le confinement, il semble que tout le monde recherche la même chose : la demande de logements avec patio, terrasse ou jardin a explosé. «&nbsp;Pendant des années, j&rsquo;ai voulu acheter un bout d&rsquo;espace en plein air qui ne serait qu’à moi et maintenant il semble que tout le monde veut le couvent !&nbsp;», s&rsquo;exclame Luciano. « Ce que nous aimons le plus au monde est l&rsquo;horizon. Ce qui m&rsquo;émeut le plus, c&rsquo;est la&nbsp;<em>campiña</em>&nbsp;sévillane : un champs d&rsquo;oliviers, un paysage ondulé, les paysages de mon enfance, la Vega de Carmona aux environs de Séville. La nature est l&rsquo;une de nos plus grandes sources d&rsquo;inspiration. »</p>



<p><strong>La ville</strong></p>



<p>Entre le centre-ville, où ils vivent, et le quartier de la Macarena, où ils travaillent, la vie quotidienne des Exvotos se partage entre deux Séville très différents. «Nous vivons dans le Ground Zero sévillan : une ville incroyablement belle mais anonyme. Il n&rsquo;y a pas de vie de quartier, il y a peu de rapports humains. Pendant les applaudissements à 20h, nous étions peu nombreux à sortir à la fenêtre car il n’y a là-bas que des appartements touristiques qui, pendant le confinement, étaient vides. Au contraire, les quartiers de San Luis et de la Macarena, où nous avons notre atelier, conservent toujours leur personnalité », explique Luciano. «&nbsp;Séville a beaucoup changé. Quand nous sommes arrivés, c&rsquo;était une ville rêveuse, repliée sur elle-même. D&rsquo;un coup, tout a commencé à dépendre du tourisme et cela a eu des conséquences sur le prix des logements et des locaux. » Daniel ajoute : «&nbsp;Séville est très décaféinée. Nous avons connu une ville, des ambiances, qui n&rsquo;existent plus. Il reste des poches de résistance, mais il faut savoir les repérer. L&rsquo;authenticité s’est évaporée. Cela devient encore plus évident quand nous revenons dans nos villages d’origine : là-bas, on trouve toujours de la vie. » Luciano abonde : « Une ville n&rsquo;est pas seulement ses bâtiments, mais surtout ses habitants. Les touristes viennent à Séville aujourd&rsquo;hui comme s’ils&nbsp;visitaient Disneyland.&nbsp;Que je sache, personne ne vit à Disneyland, pas vrai ?&nbsp;Eh bien, dans le centre de Séville non plus. »</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="1024" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/51BB699B-0AA2-4F67-A625-8C66F15D5196-1024x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-3778" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/51BB699B-0AA2-4F67-A625-8C66F15D5196-1024x1024.jpeg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/51BB699B-0AA2-4F67-A625-8C66F15D5196-150x150.jpeg 150w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/51BB699B-0AA2-4F67-A625-8C66F15D5196-300x300.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/51BB699B-0AA2-4F67-A625-8C66F15D5196-768x768.jpeg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="1024" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/6E7B3885-5C5B-4DA4-8499-E8B5AA0E9632-1-1024x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-3788" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/6E7B3885-5C5B-4DA4-8499-E8B5AA0E9632-1-1024x1024.jpeg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/6E7B3885-5C5B-4DA4-8499-E8B5AA0E9632-1-150x150.jpeg 150w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/6E7B3885-5C5B-4DA4-8499-E8B5AA0E9632-1-300x300.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/6E7B3885-5C5B-4DA4-8499-E8B5AA0E9632-1-768x768.jpeg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/6E7B3885-5C5B-4DA4-8499-E8B5AA0E9632-1.jpeg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="1024" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/0552A5DE-E0B6-4A07-A033-D54E157D2EAA-2-1024x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-3792" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/0552A5DE-E0B6-4A07-A033-D54E157D2EAA-2-1024x1024.jpeg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/0552A5DE-E0B6-4A07-A033-D54E157D2EAA-2-150x150.jpeg 150w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/0552A5DE-E0B6-4A07-A033-D54E157D2EAA-2-300x300.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/0552A5DE-E0B6-4A07-A033-D54E157D2EAA-2-768x768.jpeg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/0552A5DE-E0B6-4A07-A033-D54E157D2EAA-2.jpeg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="1024" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/0A7F6E4D-B723-4B0E-9CA5-9B5D049957B9-1-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-3796" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/0A7F6E4D-B723-4B0E-9CA5-9B5D049957B9-1-1024x1024.jpg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/0A7F6E4D-B723-4B0E-9CA5-9B5D049957B9-1-150x150.jpg 150w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/0A7F6E4D-B723-4B0E-9CA5-9B5D049957B9-1-300x300.jpg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/0A7F6E4D-B723-4B0E-9CA5-9B5D049957B9-1-768x768.jpg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/0A7F6E4D-B723-4B0E-9CA5-9B5D049957B9-1.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p><strong>Épilogue</strong></p>



<p>«&nbsp;Nous croisons parfois La Esmeralda (célèbre transformiste sévillan des années 1980 et 1990, véritable mythe local) dans la rue (elle nous dit toujours quand elle nous voit ensemble : «&nbsp;vous êtes comme les figurines sur un gâteau de mariage&nbsp;»). Ces moments nous renvoient à ce Séville disparu. Les grandes figures comme elle n&rsquo;obtiennent pas l&rsquo;attention qu&rsquo;elles méritent. Séville peut être très négligent envers le talent local. Ocaña est parti à Barcelone et il y a rayonné. » Une fois terminées, la plupart des pièces de The Exvotos voyagent en dehors de Séville, où elles éveillent la convoitise de collectionneurs et de magazines spécialisés. Le génie que cette ville a toujours allaité continue de trouver son meilleur public ailleurs. «&nbsp;Il est vrai aussi que ces personnages géniaux ont toujours abondé en Andalousie. Ils faisaient partie de la vie de tous les jours et c&rsquo;est peut-être pour cela qu&rsquo;ils n&rsquo;étaient pas, et ne sont pas, mis en valeur comme il faudrait. »</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/25A45AA4-BD4B-48B3-A5D8-32EDB3F3A988-1-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-3794" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/25A45AA4-BD4B-48B3-A5D8-32EDB3F3A988-1-768x1024.jpg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/25A45AA4-BD4B-48B3-A5D8-32EDB3F3A988-1-225x300.jpg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/25A45AA4-BD4B-48B3-A5D8-32EDB3F3A988-1-360x480.jpg 360w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/07/25A45AA4-BD4B-48B3-A5D8-32EDB3F3A988-1.jpg 1537w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>
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		<title>Blanca et la mode</title>
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		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Apr 2020 16:40:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture andalouse]]></category>
		<category><![CDATA[Les gens]]></category>
		<category><![CDATA[Made in Séville]]></category>
		<category><![CDATA[Mode]]></category>
		<category><![CDATA[Sevilla]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>J&rsquo;appelle Blanca Cabrera Benjumea depuis mon appartement à Paris. Elle est chez elle, dans le quartier de San Juan de la Palma, à Séville. Je l’appelle pour parler de mode, de Séville. Pour parler de la Feria de Séville et du costume traditionnel (<em>traje de gitana</em>). Mais aussi pour parler de Valence et de Berlin.</p>



<p>Blanca est l&rsquo;une des rares personnes en Espagne (sûrement dans le monde) qui, après avoir fait des études de mode, ne veut pas s&rsquo;y consacrer. «Je me sens étrangère au côté mercantile de l&rsquo;industrie. Moi, c&rsquo;est plus la recherche et l’enseignement qui m&rsquo;attirent. J&rsquo;ai une vision anthropologique, presque philosophique du vêtement. La mode, quelque chose de propre à l&rsquo;être humain, reflète son histoire. Je pense que c&rsquo;est peut-être une bonne façon de se comprendre. C&rsquo;est cette approche-là qui m&rsquo;intéresse. »</p>



<p>L&rsquo;histoire de Blanca, elle, reflète la dualité de Séville. Sa famille maternelle appartient à la haute bourgeoisie locale ; la paternelle a subi l’exil, lors du Franquisme, dans sa propre chair. Dans les deux, la figure de la grand-mère. «Clotilde, la mère de ma mère, s&rsquo;est toujours intéressée à l&rsquo;art. Pour elle, l&rsquo;harmonie et la beauté sont dans les détails. Aussi en ce qui concerne le vêtement. Encarnacion, ma grand-mère paternelle, m&rsquo;a offert ma première machine à coudre. » La mode s’est imposée logiquement, non seulement comme un métier, mais comme le prisme à travers lequel envisager sa propre histoire. «J&rsquo;ai grandi entourée de femmes avec une sensibilité esthétique et une formation très complète. Des femmes curieuses qui, inconsciemment, m&rsquo;ont transmis un esprit créatif. Il faut éduquer le regard. »</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="935" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/5FD6CCF1-CE77-4ADA-8F67-6E85DEDB9974_1_201_a-935x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-3326" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/5FD6CCF1-CE77-4ADA-8F67-6E85DEDB9974_1_201_a-935x1024.jpeg 935w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/5FD6CCF1-CE77-4ADA-8F67-6E85DEDB9974_1_201_a-274x300.jpeg 274w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/5FD6CCF1-CE77-4ADA-8F67-6E85DEDB9974_1_201_a-768x841.jpeg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/5FD6CCF1-CE77-4ADA-8F67-6E85DEDB9974_1_201_a.jpeg 1078w" sizes="(max-width: 935px) 100vw, 935px" /><figcaption>Clotilde, grand-mère de Blanca.</figcaption></figure>



<p>Blanca a étudié à Valence, «une ville méditerranéenne, baroque, avec des traditions profondément enracinées, mais aussi avec une bourgeoisie industrielle puissante, ouverte et cultivée. Elle a ensuite étudié deux ans à Berlin. «&nbsp;Les jeunes Turques de mon quartier me faisaient penser aux Sévillanes dans leur façon de s’habiller : imprimés, bijoux, or plutôt qu’argent.&nbsp;» Je lui dis que quelque chose de similaire m&rsquo;est arrivé pendant les mois où j&rsquo;ai vécu en Inde. Les femmes vêtues en sari, avec leurs couleurs, leurs plis soigneusement arrangés, leurs fleurs ornant les cheveux, me faisaient souvent penser au filles habillées en <em>gitana</em> lors de la Feria. «En bonne ville baroque, Séville a toujours aimé les architectures éphémères : loges pour assister aux processions de la Semaine Sainte, autels lors de la Fête-Dieu, balcons et patios ornés… La Ferie elle-même n&rsquo;est qu’un mirage architectural, avec cette ville en toile que l’on construit et qui ne dure qu’une semaine. Il en va de même pour la mode. Il existe un vêtement éphémère. Nous nous offrons des costumes, des vestes, des chaussures ou des accessoires pour assister à un mariage, un baptême et, bien sûr, à la Feria, qui constitue une véritable expérience esthétique. Pendant ces jours, la ville se met en scène et recrée des images d’une autre époque. Et je ne parle pas seulement de la femme habillée en <em>gitana</em>, mais aussi des hommes et de la culture du costume. Il y a une sorte de dandysme andalou. Je suppose que le climat et le mode de vie, tourné vers la rue, se reflètent dans notre penchant à nous montrer. Dans le Sud, on aime l’ornement.&nbsp;» </p>



<p style="text-align:right">L&rsquo;élégance est dans l&rsquo;élimination (Cristóbal Balenciaga).</p>



<p>Blanca est un oiseau rare dans la ville. Austérité et pureté colorent sa vision de la mode, plus proche de la Scandinavie que de l&rsquo;Andalousie. <em>Less is more</em>. Et pourtant&#8230; et si cette exubérance andalouse que l’on vient d&rsquo;évoquer n&rsquo;était rien d&rsquo;autre qu&rsquo;un déguisement ? «&nbsp;Peut-être que l&rsquo;ornement n&rsquo;est que quelque chose d&rsquo;imposé. Quand je regarde de vieilles photos, de mes grands-mères par exemple, je retrouve un habillement plus simple, presque humble, mais aussi plus élégant. Harmonie et discrétion. Les villageois avaient également un sens de l&rsquo;élégance qui a disparu de nos jours, bien que ce soit peut-être une vision quelque peu idéalisée de ma part. Je suppose que cette évolution vers l&rsquo;excès, couplée à la société de consommation et au prêt-à-porter, est arrivée partout, pas seulement ici. De toutes façons, Séville a beaucoup changé : les gens sont partis vivre ailleurs et ont apporté de la variété et une certaine modernité dans l’habillement.&nbsp;» </p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="682" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/170060A6-4868-4712-8FA2-A86BFF69F384-682x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-3318" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/170060A6-4868-4712-8FA2-A86BFF69F384-682x1024.jpeg 682w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/170060A6-4868-4712-8FA2-A86BFF69F384-200x300.jpeg 200w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/170060A6-4868-4712-8FA2-A86BFF69F384-768x1152.jpeg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/170060A6-4868-4712-8FA2-A86BFF69F384.jpeg 1167w" sizes="(max-width: 682px) 100vw, 682px" /></figure>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="655" height="491" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/1B8DEC6D-2E83-49B4-A19D-3BF3EB719C2D-1.jpeg" alt="" class="wp-image-3322" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/1B8DEC6D-2E83-49B4-A19D-3BF3EB719C2D-1.jpeg 655w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/1B8DEC6D-2E83-49B4-A19D-3BF3EB719C2D-1-300x225.jpeg 300w" sizes="(max-width: 655px) 100vw, 655px" /></figure>



<p>Même si elle n’a jamais travaillé dans la mode flamenca, Blanca s&rsquo;est tout de même habillée en <em>gitana</em> depuis qu&rsquo;elle est petite, comme beaucoup de Sévillanes. «J&rsquo;observe quelque chose de similaire dans l&rsquo;évolution du costume traditionnel. Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;exagération prévaut, alors qu’avant c&rsquo;était la grâce. Si je devais créer un <em>traje</em>, je ferais quelque chose de plus pur et de plus classique. Le volant comme seule ressource et un tissu lisse. Je jouerais avec la silhouette. » Quelques jours après notre conversation, Blanca m&rsquo;envoie de merveilleux croquis reprenant ces idées-là (photos dans l&rsquo;en-tête et à la fin de ce texte). «J&rsquo;aime les costumes une pièce, sans décolleté dans le dos et en col V sur le devant. De petits <em>lunares</em>, bien sûr. Un <em>mantoncillo</em> (châle à franges brodé) sur les épaules ; une fleur, de taille prudente, sur le dessus ; un peigne et des boucles d’oreille en corail. Rien d&rsquo;autre. Mes grands-mères donneraient le feu vert. »</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="1024" height="726" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/88989368-5A8F-4771-9B0C-9F5E8361CA16-1024x726.jpeg" alt="" class="wp-image-3324" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/88989368-5A8F-4771-9B0C-9F5E8361CA16-1024x726.jpeg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/88989368-5A8F-4771-9B0C-9F5E8361CA16-300x213.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/88989368-5A8F-4771-9B0C-9F5E8361CA16-768x545.jpeg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/88989368-5A8F-4771-9B0C-9F5E8361CA16.jpeg 1115w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Blanca et sa sœur jumelle à la Feria de Sevilla. </figcaption></figure>



<p>Après avoir travaillé en tant que créatrice pour plusieurs marques, Blanca se consacre actuellement à l&rsquo;enseignement. «Je me découvre petit à petit. Je crois au ralentissement et à l&rsquo;essentiel. Je n’aime  pas les vitrines ni les passerelles. La mode est un langage qui a besoin de temps pour raconter son histoire. Je souhaite démêler cette histoire qui, après tout, est la nôtre. L&rsquo;enseignement m&rsquo;amène sur cette voie.&nbsp;» Cette alchimiste du vêtement me laisse avec cette idée planant dans ma tête. Le nouveau monde à venir devrait appartenir à des créateurs de sa lignée. « Qui visite aujourd’hui le Museo del Traje (Musée de la Mode) à Madrid ou le Musée des arts et coutumes populaires ici à Séville ? Et pourtant, ses collections reflètent l&rsquo;évolution de l&rsquo;histoire aussi bien que n&rsquo;importe quel musée d&rsquo;histoire ou des Beaux-arts. »</p>



<ul class="wp-block-gallery columns-2 is-cropped"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img loading="lazy" width="745" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/E277E457-BDAF-4B78-A067-815CD79B8CC5-1-745x1024.jpeg" alt="" data-id="3336" data-link="https://bonjourseville.com/es/?attachment_id=3336" class="wp-image-3336" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/E277E457-BDAF-4B78-A067-815CD79B8CC5-1-745x1024.jpeg 745w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/E277E457-BDAF-4B78-A067-815CD79B8CC5-1-218x300.jpeg 218w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/E277E457-BDAF-4B78-A067-815CD79B8CC5-1-768x1055.jpeg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/E277E457-BDAF-4B78-A067-815CD79B8CC5-1.jpeg 1537w" sizes="(max-width: 745px) 100vw, 745px" /></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img loading="lazy" width="745" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/AE16583E-4207-46C2-9EFE-D12E3BB269D7-1-745x1024.jpeg" alt="" data-id="3334" data-link="https://bonjourseville.com/es/?attachment_id=3334" class="wp-image-3334" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/AE16583E-4207-46C2-9EFE-D12E3BB269D7-1-745x1024.jpeg 745w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/AE16583E-4207-46C2-9EFE-D12E3BB269D7-1-218x300.jpeg 218w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/AE16583E-4207-46C2-9EFE-D12E3BB269D7-1-768x1055.jpeg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/AE16583E-4207-46C2-9EFE-D12E3BB269D7-1.jpeg 1537w" sizes="(max-width: 745px) 100vw, 745px" /></figure></li></ul>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="676" height="676" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/80A38D76-FF17-4F25-9280-3A539842D25C.jpeg" alt="" class="wp-image-4228" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/80A38D76-FF17-4F25-9280-3A539842D25C.jpeg 676w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/80A38D76-FF17-4F25-9280-3A539842D25C-150x150.jpeg 150w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/11/80A38D76-FF17-4F25-9280-3A539842D25C-300x300.jpeg 300w" sizes="(max-width: 676px) 100vw, 676px" /><figcaption>Blanca dessinée par @neusilustracion </figcaption></figure>



<figure class="wp-block-audio"><audio controls src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/200419_0152-online-audio-converter.com_.mp3"></audio><figcaption>La conversation complète (en espagnol). </figcaption></figure>
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		<title>La Feria de Séville</title>
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		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Apr 2020 16:25:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Art de vivre]]></category>
		<category><![CDATA[Culture andalouse]]></category>
		<category><![CDATA[Dancer]]></category>
		<category><![CDATA[Faire la fête]]></category>
		<category><![CDATA[Sevilla]]></category>
		<category><![CDATA[Seville]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Manger et boire. Rire, chanter et danser. Regarder et se faire regarder. Au printemps, Séville se met en scène et se fête elle-même. La Feria éclate de ses mille couleurs le temps d’une semaine, au mois d’avril. Les femmes enfilent leurs robes à volants et&#8230; <a class="read-more" href="https://bonjourseville.com/fr/la-feria-de-seville/">Lire la suite</a></p>
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<p>Manger et boire. Rire, chanter et danser. Regarder et se faire regarder. Au printemps, Séville se met en scène et se fête elle-même. La Feria éclate de ses mille couleurs le temps d’une semaine, au mois d’avril. Les femmes enfilent leurs robes à volants et se parent de fleurs, de châles en soie et de peignes en écaille. Les cavaliers portent le chapeau cordouan et mettent le gilet court. Une immense ville éphémère est construite en bordure du centre-ville, avec son portail d’entrée que des milliers d’ampoules éclairent le soir. Plus de 1000 casetas s’alignent le long des rues: ces loges-tentes, chacune gérée par plusieurs familles ou groupes d’amis, font office de maison pendant les sept jours de fête. On y reçoit famille, amis ou collègues de travail, avec qui on trinque à la <em>manzanilla</em> et on danse des sévillanes. De l’heure du déjeuner jusqu’à l’aube c’est toute une ville qui fête la joie de vivre un nouveau printemps.</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="1024" height="765" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/6B45EAC3-2264-4616-9348-D8DC59C5F5FB-1024x765.jpeg" alt="" class="wp-image-3306" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/6B45EAC3-2264-4616-9348-D8DC59C5F5FB-1024x765.jpeg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/6B45EAC3-2264-4616-9348-D8DC59C5F5FB-300x224.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/6B45EAC3-2264-4616-9348-D8DC59C5F5FB-768x574.jpeg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>La journée, la Feria accueille le <em>paseo de caballos</em>: des cavaliers et des calèches richement parés défilent dans les rues, s’arrêtant devant les casetas pour saluer ou pour commander un verre de vin. Un spectacle, riche, bigarré, digne d’une autre époque. L’intérieur des casetas est décoré par ses membres comme s’il s&rsquo;agissait d’une maison de la bourgeoisie rurale. Aux éléments folkloriques (éventails, fleurs, chaises et tables colorées) répond un certain esprit baroque, incarné en des miroirs dorés, rideaux en dentelle et même lustres au plafond. Le déjeuner, à base de plats typiques de la région (jambon, fromage, <em>flamenquín</em>, calamars, etc.), est le moment de discuter de tout et de rien, de commenter l’actualité de la ville, de célébrer le printemps qui est revenu. Il faut aussi prendre des forces pour l’après-midi et la soirée, car les journées sont longues à la Feria. Ensuite, pas de règles: balade pour assister au défilé équestre, danse au rythme des sevillanas omniprésentes, ou tout simplement dolce farniente autour d’un café.</p>



<p>Le soir scintille grâce aux milliers de lampions qui ornent les rues. Des groupes de musiciens, ou de spontanés, jouent dans les casetas ou à l’extérieur. Le temps semble s’arrêter quand, tard dans la soirée, la vie quotidienne paraît très loin, avec ses problèmes et petites angoisses. Il n’y a que la danse, le chant et le vin qui comptent ; le partage et la légèreté ; la joie. Jusqu’au moment où l’on décide qu’il est temps d’aller prendre son petit-déjeuner chez le gitanes, qui, comme tout le monde le sait, préparent les meilleurs churros de la Feria.<br> Un seul bémol à tout cela: la grande majorité des casetas sont uniquement accessibles sur invitation. Il en existe toutefois quelques unes qui, appartenant à la mairie ou à des partis politiques, sont ouvertes à tous. Et bien sûr, la fête se vit aussi dans la rue.</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="1024" height="833" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/4E2486DC-6A9C-4282-89C1-CF4368FC11E7_1_201_a-1024x833.jpeg" alt="" class="wp-image-3298" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/4E2486DC-6A9C-4282-89C1-CF4368FC11E7_1_201_a-1024x833.jpeg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/4E2486DC-6A9C-4282-89C1-CF4368FC11E7_1_201_a-300x244.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/4E2486DC-6A9C-4282-89C1-CF4368FC11E7_1_201_a-768x625.jpeg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="1024" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/79FCEABB-9CDE-4627-834A-AA4775DC11C4-e1587917888140-1024x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-3304" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/79FCEABB-9CDE-4627-834A-AA4775DC11C4-e1587917888140-1024x1024.jpeg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/79FCEABB-9CDE-4627-834A-AA4775DC11C4-e1587917888140-150x150.jpeg 150w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/79FCEABB-9CDE-4627-834A-AA4775DC11C4-e1587917888140-300x300.jpeg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/79FCEABB-9CDE-4627-834A-AA4775DC11C4-e1587917888140-768x768.jpeg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
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		<title>Casa del Pumarejo</title>
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		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Apr 2020 15:32:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Architecture]]></category>
		<category><![CDATA[Barrio de la Macarena]]></category>
		<category><![CDATA[Calle San Luis]]></category>
		<category><![CDATA[Culture andalouse]]></category>
		<category><![CDATA[La ville]]></category>
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		<category><![CDATA[Patio]]></category>
		<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que nous, les Sévillans, nous lamentons aujourd’hui devant la dérive touristique de la ville, il est important de se rappeler que les habitants de la Casa del Pumarejo se battent sur ce front depuis près de 20 ans. Je visite la Casa un après-midi&#8230; <a class="read-more" href="https://bonjourseville.com/fr/casa-del-pumarejo/">Lire la suite</a></p>
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<p>Alors que nous, les Sévillans, nous lamentons aujourd’hui devant la dérive touristique de la ville, il est important de se rappeler que les habitants de la Casa del Pumarejo se battent sur ce front depuis près de 20 ans.</p>



<p>Je visite la Casa un après-midi de septembre. Jusqu&rsquo;à maintenant, chaque fois que je passais devant, j&rsquo;entrais dans le hall pour admirer son patio, l&rsquo;un des plus beaux de Séville, depuis la grille sans pouvoir y entrer. Aujourd’hui, Sergio, membre de l&rsquo;<a href="https://pumarejo.es/es"> Association Casa del Pumarejo </a>, m&rsquo;attend sur la place et m&rsquo;invite à la visiter. Le Pumarejo appartient à la prestigieuse lignée des maisons de Séville avec patio seigneurial et blason sculpté sur la façade. Cependant, il a eu une évolution totalement différente des autres : de la fin du XIXe siècle à nos jours, il a fonctionné comme <em>casa de vecinos</em>, c’est à dire, un immeuble où les voisins partagent des espaces communs, leurs appartements donnant tous sur un patio central. Le patio de la Casa del Pumarejo abrite un magnifique revêtement d’azulejos ; les colonnes, elles, sont en acajou cubain. La galerie du premier étage est peinte en rouge et ocre. Contrairement à d&rsquo;autres maisons au passé illustre, c&rsquo;est un patio animé, habité, avec d&rsquo;innombrables pots de fleurs soigneusement entretenus par les voisins. Actuellement, seulement 30% de la maison est en service. Une dame regarde par l&rsquo;une des fenêtres à l&rsquo;étage. Elle a entendu des voix dans la cour. Sergio la rassure : tout va bien. Il m&rsquo;explique c&rsquo;est l&rsquo;une des rares voisines à vivre toujours ici.</p>



<span id="more-2709"></span>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="683" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/fullsizeoutput_2f8b-683x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-2726" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/fullsizeoutput_2f8b-683x1024.jpeg 683w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/fullsizeoutput_2f8b-200x300.jpeg 200w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/fullsizeoutput_2f8b-768x1152.jpeg 768w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /></figure>



<p>Le Pumarejo est une référence en matière de résistance et de lutte contre la spéculation. On a voulu le transformer en hôtel, expulser ses voisins, construire des appartements… Mais une action organisée et déterminée a fait échouer ces projets un par un. L&rsquo;Association a différentes commissions. La commission RQR est en charge des négociations avec le conseil municipal, propriétaire de la maison depuis 2011 après un processus tortueux. Le service communication établit et réglemente les contacts avec d&rsquo;autres associations, en Espagne et à l&rsquo;étranger. Beaucoup se sont intéressées aux activités de la Casa, par exemple Flamenco en France, à Paris, qui a mené le même combat avec la mairie de la capitale française.</p>



<p>Dans un coin de la cour, les locaux du Centre de Voisins du Pumarejo accueillent les activités des nombreux groupes qui le composent, des groupes de femmes victimes de violences conjugales aux groupes d’accueil aux immigrés. Il existe également une bibliothèque autogérée. Le Centre a également sa propre monnaie : le puma. Aujourd&rsquo;hui, le Centre est l&rsquo;âme de la maison, l&rsquo;organe qui lui insuffle une nouvelle vie. Sergio me parle de la diversité des profils qui participent à ce projet unique à Séville : grands-mères, squatters, enfants… Tous avec des parcours différents. Cette variété contribue à l&rsquo;horizontalité du projet. En fait, la Casa est un véritable laboratoire, un vivier d&rsquo;initiatives sociales. Une source d&rsquo;inspiration contre la marchandisation de la ville. Un miroir dans lequel Séville devrait se regarder en ces temps incertains.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" width="683" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/fullsizeoutput_2f8d-683x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-2728" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/fullsizeoutput_2f8d-683x1024.jpeg 683w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/fullsizeoutput_2f8d-200x300.jpeg 200w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/04/fullsizeoutput_2f8d-768x1152.jpeg 768w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /></figure></div>
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		<title>Casa Orsáez</title>
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		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Jan 2020 19:07:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Calme]]></category>
		<category><![CDATA[Epicerie]]></category>
		<category><![CDATA[Gastronomie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cette adresse est avant tout une affaire de famille. C&#8217;est l&#8217;histoire de María Orsáez, partie en Provence apprendre à faire du fromage, et de ses trois enfants. Passionnés de gastronomie, le clan Orsáez décide début 2017 d&#8217;ouvrir un espace où l&#8217;on se sent comme à&#8230; <a class="read-more" href="https://bonjourseville.com/fr/casa-orsaez/">Lire la suite</a></p>
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<p>Cette adresse est avant tout une affaire de famille. C&rsquo;est l&rsquo;histoire de María Orsáez, partie en Provence apprendre à faire du fromage, et de ses trois enfants. Passionnés de gastronomie, le clan Orsáez décide début 2017 d&rsquo;ouvrir un espace où l&rsquo;on se sent comme à la maison : grande table commune, livres de cuisine, comptoir à l&rsquo;ancienne et paniers remplis de fruits et de légumes bio. Le matin, Casa Orsáez propose de délicieux petits-déjeuners, soigneusement servis à l&rsquo;intérieur ou en terrasse. Mais c&rsquo;est surtout pour son vaste choix de fromages, que María élabore et affine dans le village de la <em>sierra</em> où elle réside, que les Sévillans accourent. Chaque pièce, emballée à la main, est produite avec du lait cru des chèvres autochtones de ce coin de la province de Séville. Une chambre d&rsquo;affinage sert de vitrine à ces délices artisanaux, que l&rsquo;on déguste accompagnés d&rsquo;un verre de vin de la région. L&rsquo;esprit slow food et locavore imprègne non seulement le choix des produits sélectionnés, mais aussi l&rsquo;ambiance du lieu, tant le matin que lors des soirées dégustation régulièrement organisées. La musique jazz, la lumière qui inonde l&rsquo;espace à travers les bases vitrées, le sourire des sœurs Orsáez&#8230; tout contribue ici à éveiller cette sensation d&rsquo;être chez soi. <em>Como en casa</em>. &nbsp;</p>



<p><a href="http://www.casaorzaez.com">Casa Orsáez</a> fournit, entre autres, l&rsquo;Alfonso XIII, le célèbre Palace sévillan, ou encore le restaurant étoilé Abantal.</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2017/08/fullsizeoutput_12f1-768x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-895" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2017/08/fullsizeoutput_12f1-768x1024.jpeg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2017/08/fullsizeoutput_12f1-225x300.jpeg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2017/08/fullsizeoutput_12f1-360x480.jpeg 360w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>
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		<title>Ana Salas</title>
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		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jan 2020 12:55:32 +0000</pubDate>
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<p>La maison d&rsquo;Ana Salas en banlieue de Séville est inondée de lumière. Une grande cour intérieure l&rsquo;envoie dans toutes les pièces. La décoration, simple et efficace, la laisse couler partout. Cela suffit. L&rsquo;espace presque vide des meubles semble vibrer. Au dernier étage, l&rsquo;atelier de cette céramiste est également baigné par la lumière. Là-haut, elle moule délicatement la porcelaine avec laquelle elle confectionne ses bijoux et sa vaisselle. À l&rsquo;instar de la maison, les créations d&rsquo;Ana utilisent un minimum de ressources pour réussir une présence subtile mais poétique et évocatrice, aérienne et ouverte à toutes les possibilités. Les formes sont simples, parfois enfantines. Les ornements sont réduits à des lignes dorées et des points presque aléatoires. Libres de tout effectisme, les pièces (broches, pendentifs, soucoupes, bols &#8230;) se laissent appréhender sans s&rsquo;imposer, s&rsquo;imprégnant de la vision de chacun. « Des bijoux pour les gens qui n&rsquo;aiment pas en porter. »&nbsp;Cela semble facile. Et pourtant, derrière cette simplicité, il y a un vrai travail de réflexion.</p>



<p>Après une formation approfondie en céramique, Ana a renforcé son apprentissage en Italie. Avec cette base solide, l’artiste a affiné son style en combinant liberté créative et inspiration dans d’autres traditions, toujours à l’écart des tendances du moment. La délicatesse de ses pièces évoque plutôt l&rsquo;esthétique wabi-sabi, ce courant d&rsquo;origine japonaise qui cherche la beauté dans le simple et l&rsquo;imparfait. Ainsi, ses créations portent parfois l&#8217;empreinte de ses mains ou les coups de pinceau du vernis comme témoignage du processus de fabrication. C&rsquo;est une porcelaine organique, à l&rsquo;extrémité opposée des pièces produites en série et aux finitions parfaites. Ici, chaque bague, boucle d&rsquo;oreille ou bol semble tout droit sorti de l&rsquo;atelier, à la fois fini et inachevé, simple mais aussi sophistiqué. Avec cet esprit japonais, l&rsquo;influence de l&rsquo;esthétique scandinave se retrouve également dans certaines de ces pièces. De plus, chaque collection d&rsquo;Ana Salas porte son propre nom, faisant référence aux expériences et à la personnalité de cette artiste libre, unique à Séville.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" width="1024" height="683" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG_9954-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-2573" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG_9954-1024x683.jpg 1024w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG_9954-300x200.jpg 300w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG_9954-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" width="683" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG_9950-e1577892893200-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-2575" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG_9950-e1577892893200-683x1024.jpg 683w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG_9950-e1577892893200-200x300.jpg 200w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG_9950-e1577892893200-768x1152.jpg 768w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /></figure></div>



<p>Quand on visite la boutique de la rue de Zaragoza, on perçoit immédiatement la cohérence entre la vie et le travail d&rsquo;Ana. Comme chez elle, les ressources, savamment sélectionnées, se réduisent au minimum. Le mobilier, entre simplicité et esprit rétro, servent de cadre aux pièces, sans jamais les éclipser. Tout est arrangé avec soin. On ne peut pas entrer dans cet endroit si on est pressé: on découvre progressivement chaque bague, chaque fermoir. Dispersée dans tout l&rsquo;espace, chaque création se dévoile lentement, quand on prend le temps de s’en approcher et de regarder. « Des bijoux silencieux. » Ana Salas sait bien que discrétion et élégance vont de pair. Son dialogue avec la porcelaine (elle travaille parfois dans le petit atelier installé dans un coin de la boutique) produit un monde vulnérable, léger et en même temps très présent. Comme la lumière.</p>



<p>Ana Salas vend ses créations dans son magasin de la rue Zaragoza et, en décembre, au marché de Noël de la Plaza Nueva.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG_1159-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-2577" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG_1159-768x1024.jpg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG_1159-225x300.jpg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG_1159-360x480.jpg 360w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure></div>



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		<title>Ángeles Espinar</title>
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		<dc:creator><![CDATA[alex]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 Nov 2019 22:57:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Artisanat]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[Culture andalouse]]></category>
		<category><![CDATA[Les gens]]></category>
		<category><![CDATA[Made in Séville]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Elle a un beau point ». C’est ainsi qu&#8217;était défini dans le passé le talent de certaines brodeuses de mantones spécialement douées pour le métier. Parce qu’une chose est de bien broder et une autre est d’avoir cette chose indéfinissable qui donne de la vie à&#8230; <a class="read-more" href="https://bonjourseville.com/fr/angeles-espinar/">Lire la suite</a></p>
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<p>« Elle a un beau point ». C’est ainsi qu&rsquo;était défini dans le passé le talent de certaines brodeuses de <em>mantones</em> spécialement douées pour le métier. Parce qu’une chose est de bien broder et une autre est d’avoir cette chose indéfinissable qui donne de la vie à la broderie. Quelque chose qui n&rsquo;est pas apprise, que l&rsquo;on a ou que l&rsquo;on n&rsquo;a pas. C&rsquo;est Ángeles Espinar qui m&rsquo;explique tout cela dans le salon de sa maison, dans le village de Villamanrique de la Condesa, à 30 kilomètres de Séville. La porte ouverte du jardin laisse pénétrer la lumière de l&rsquo;automne. Dehors, je peux voir un bouquet de roses fraîchement coupées sur une table. Ángeles, 80 ans, me raconte avec passion l&rsquo;histoire de son atelier. « Ma mère a commencé dans les années 30. Villamanrique fabriquait à cette époque presque toute la broderie pour les usines de Séville. Auparavant, les châles venaient tous de Canton, dans le galion de Manille, mais ils ont finalement commencé à être produits localement. » </p>



<p>Pour illustrer les explications de sa mère, María José, la fille qui a repris le  savoir-faire familial, sort quelques uns des <em>mantones</em> anciens de la collection que mère et fille ont rassemblée au fil des ans: des modèles <em>isabelinos</em>, chinois, de <em>cigarrera</em>, Art déco, mexicains … « Le métier de brodeuse était transmis de mère en fille. Dès leur plus jeune âge, les filles recevaient un petit châssis pour broder. Elles suivaient ensuite leur apprentissage dans un atelier. Le salaire qu’une brodeuse rapportait à la maison était vital pour l’économie familiale.  » On se demande combien d&rsquo;heures de travail prend chaque pétale, chaque feuille, chaque motif brodé dans la soie. À quoi penserait la brodeuse en dessinant au fil et à l&rsquo;aiguille les ailes de cet oiseau-là ? Angeles poursuit: « A partir des années 60, le mantón est entré en crise: le savoir-faire de la broderie s&rsquo;est perdu. Ils ont commencé à être produits presque de manière industrielle pour les touristes. De mon côté, je me suis appliquée à protéger, à récupérer l&rsquo;essence du <em>mantón</em> à l&rsquo;ancienne. « </p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="753" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/fullsizeoutput_2c55-753x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-2487" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/fullsizeoutput_2c55-753x1024.jpeg 753w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/fullsizeoutput_2c55-221x300.jpeg 221w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/fullsizeoutput_2c55-768x1045.jpeg 768w" sizes="(max-width: 753px) 100vw, 753px" /></figure>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/fullsizeoutput_2c86-768x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-2497" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/fullsizeoutput_2c86-768x1024.jpeg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/fullsizeoutput_2c86-225x300.jpeg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/fullsizeoutput_2c86-360x480.jpeg 360w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>



<p>En 1979, Ángeles Espinar expose pour la première fois lors d&rsquo;une exposition d&rsquo;artisanat à Séville « J&rsquo;ai tout vendu et ça a été pareil dans toutes les expositions suivantes. » L&rsquo;atelier se trouve juste en face de sa maison à Villamanrique, de l&rsquo;autre côté de la rue. « À la meilleure époque, j&#8217;employais environ 100 brodeuses. Aujourd&rsquo;hui, j&rsquo;en ai 5 ou 6. L&rsquo;image traditionnelle des brodeuses travaillant ensemble dans un atelier n&rsquo;existe plus depuis les années 50: maintenant, elles ramènent le travail à la maison et le livrent une fois terminé » . María José me montre comment les modèles utilisés pour différents motifs de broderie sont dessinés. Elle me montre aussi une petite collection de vieux modèles, sur du papier de riz, certains avec le sceau de Canton estampé à l&rsquo;encre. Elle fait également quelques points dans la soie pour me montrer comment on brode un <em>mantón</em>. Avec précision et délicatesse, elle manie l&rsquo;aiguille et le fil pour donner, un à un, les points qui vont dessiner le pétale d&rsquo;une fleur. Je me sens un peu ridicule d&rsquo;enregistrer avec mon iPhone les mains de María José, dont le savoir-faire renferme plus de beauté et de vérité que n&rsquo;importe quel <em>gadget</em> technologique. C&rsquo;est qu&rsquo;une visite de l&rsquo;atelier de Ángeles Espinar est comme un voyage dans le temps, ou plutôt une pause dans le temps. Comme si les minutes restaient accrochées à ces mains expertes, ou à ces jardins brodés en soie et toujours en fleur.</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/fullsizeoutput_2c84-768x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-2489" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/fullsizeoutput_2c84-768x1024.jpeg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/fullsizeoutput_2c84-225x300.jpeg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/fullsizeoutput_2c84-360x480.jpeg 360w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/fullsizeoutput_2c87-768x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-2501" srcset="https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/fullsizeoutput_2c87-768x1024.jpeg 768w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/fullsizeoutput_2c87-225x300.jpeg 225w, https://bonjourseville.com/wp-content/uploads/2019/11/fullsizeoutput_2c87-360x480.jpeg 360w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>



<figure class="wp-block-image"><img alt=""/></figure>
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